"On va aller ensemble rassurer la City, mais je préfère que l'inquiétude soit de ce côté de la Manche que chez nous", a déclaré le chef de l'Etat français le 28 novembre. Avant d'ajouter: "Franchement, après tout ce qui s'est passé avec la crise financière, c'est quand même très rassurant que ce soient les idées françaises de régulation qui triomphent en Europe".

Des propos qui inquiètent l'association des banquiers britanniques. "Les commentaires hostiles du président français Sarkozy ébranlent la confiance du public dans les nouvelles institutions de l'UE et soulèvent de nombreuses questions sur l'impartialité du nominé français à la Commission européenne", explique la BBA dans son communiqué

"Ses propos selon lesquels la nomination de Michel Barnier au portefeuille du Marché intérieur restreindrait un modèle financier anglo-saxon débridé sape le principe selon lequel les Commissaires sont au service de tous les pays membres et pas simplement de leur propre pays, et jette un doute sur les raisons pour lesquelles les Français ont soutenu leur candidat pour ce poste", ajoute le texte.

Interrogé à ce sujet par EurActiv.fr, Jean-Paul Gauzès a botté en touche: "Je pensais que les banquiers britanniques avaient plus d'humour", a-t-il déclaré.  

Dans une tribune publiée le 2 décembre par le quotidien Le Monde, Jean-Michel Naulot, membre du collège de l'Autorité française des marchés financiers (AMF) s'est indigné des réactions britanniques à la nomination de Michel Barnier

"A la City, le déchaînement de passions provoqué par la nomination d'un Européen de longue date, mais français, a quelque chose de stupéfiant. Comme si, avec la nomination d'un Français - en l'occurence Michel Barnier - aux services financiers, la finance londonienne se disait tout d'un coup : "Et si l'on réformait pour de bon la finance internationale ?"", a-t-il indiqué.

Avant d'ajouter: "Certains n'ont décidément rien compris, rien appris. Le monde vient de vivre la plus grave crise financière depuis les années 1930, cette crise n'est pas terminée et l'on voudrait que l'on fasse semblant d'appliquer les résolutions du G20 !".