En réitérant ses critiques envers la politique monétaire menée par la Banque centrale européenne, Nicolas Sarkozy a suscité la colère des ministres des Finances européens et des gouverneurs de la banque centrale. Ces derniers ont dans le même temps mis en place des principes en vue de gérer les crises financières au niveau européen.
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L'euro établit un nouveau record face au dollarL'Express
"La BCE est indépendante, mais pas autiste"Le Monde
Les ministres des finances de la zone euro défendent l'action de la BCELe Figaro
Les Vingt-Six font bloc face aux critiques du président françaisLibération
Sarkozy déclenche une polémique européenne
En Bref :
S’adressant à la presse le 15 septembre, Nicolas Sarkozy a dit trouver « curieux » que la BCE injecte massivement de l’argent sur le marché mais refuse de baisser ses taux directeurs. Selon le président français, la politique monétaire de la BCE « facilite » la vie des spéculateurs mais « complique » celle des entrepreneurs.
Ces propos ont attiré les foudres des ministres des Finances européens et des gouverneurs de la BCE, réunis à Porto les 14 et 15 septembre derniers.
Ces derniers avaient félicité, la veille, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, pour sa gestion de la crise financière de cet été. Les partenaires européens de la France ont apporté leur soutien à la politique monétaire de Francfort, insistant sur l’importance de l’indépendance de la banque centrale.
Des réactions cinglantes
Très attachée aux statuts actuels de la BCE, hérités de la très conservatrice Bundesbank, l’Allemagne, a notamment réfuté les déclarations du président français. « La politique suivie par la Banque centrale est appropriée », a affirmé le ministre des Finances allemand, Peer Steinbrück.
Mais la réponse la plus cinglante fut celle du président de la Bundesbank, Axel Weber. « La valeur informative des propos du président est nulle, et leur impact sur les décisions monétaires l’est aussi », a-t-il lancé.
Dans un entretien accordé au quotidien français Le Monde, Nicolas Sarkozy a par ailleurs critiqué l’inertie du président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, dans le débat sur le capitalisme financier. « Quelle initiative a-t-il prise ? », s’est demandé le président français, estimant que le gros du travail avait était effectué conjointement par lui-même et son homologue allemand, Angela Merkel.
Le président de l’Eurogroupe n’a pas voulu réagir aux déclarations du président français. « Je ne commente pas des propos tenus en l’air », s’est-il contenté de dire.
Christine Lagarde isolée à Porto
Les déclarations du président français n’ont pas simplifié la tâche de la ministre des Finances française à Porto. Celle-ci a estimé que Nicolas Sarkozy avait raison de provoquer « des échanges et des débats ». C’est ainsi « que naissent les propositions », a-t-elle ajouté pour justifier la position du chef d’Etat français.
La France s’est retrouvée en ligne de mire, d’autant que les ministres européens ont insisté sur les problèmes que présente le déficit budgétaire français.
“La France doit amplifier ses efforts de réduction de la dépense publique”, a déclaré Jean-Claude Juncker au cours de la réunion du 14 septembre, alors que Christine Lagarde venait de présenter le projet français. Un avis partagé par le commissaire aux Affaires économiques, Joaquin Almunia, qui a ajouté que “davantage d’efforts étaient nécessaires”.
Christine Lagarde s’est retrouvée isolée à Porto par les critiques du président français, alors qu’elle s’était montrée conciliante la veille en félicitant, elle aussi, Jean-Claude Trichet. Elle a préféré, par la suite, recentrer le débat sur la question de la transparence des marchés financiers, se félicitant de la coopération établie avec son homologue allemand, Peer Steinbrück.
Mise en place de principes de gestion de crise
Par ailleurs, les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales de l’UE sont parvenus à un accord sur neuf principes communs de gestion de crise financière.
« Nous sommes tombés d’accord sur une panoplie des mesures soumises par le Comité économique et financier » afin de renforcer la stabilité financière, a affirmé à l’issue de la réunion le président en exercice du Conseil Ecofin, le Portugais Fernando Teixeira dos Santos.
Les principes suivants ont notamment été définis:
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« protéger la stabilité du système financier dans l’UE "
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accorder « la primauté à des solutions émanant du secteur privé »
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ne recourir à l’argent public que lorsque « les avantages sociaux » d’une intervention publique dépassent « le coût d’une recapitalisation publique »
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Conformément au droit communautaire de concurrence et d’aides d’Etat, « les coûts budgétaires nets et directs sont partagées entre les Etats membres affectés et sur la base de critères équitables et équilibrés »
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Renforcer le contrôle du « partage des responsabilités entre autorités » et le « rôle de coordination des autorités de surveillance du pays d’accueil » de l’établissement bancaire en crise.




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