Concentrant leurs critiques sur le yuan chinois, les ministres des finances de la zone euro réunis à l’Eurogroupe se sont montrés très conciliants au sujet du dollar, mais ont eu du mal à cacher leurs divergences sur la politique de change. Les prévisions de budget français ont également suscité des objections.

Documents officiels
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Conclusions Eurogroupe 9 octobre 2007Conseil de l'Union européenne
conclusions de l'ECOFIN 9 octobre 2007
Revue de presse
Le Monde
l'Eurogroupe se pose des questions sur le budget de la FranceLes Echos
Euro fort
Contexte :
Le maintien d’un euro très fort par rapport au dollar, mais également au yen japonais et au yuan chinois, nourrit la controverse en Europe depuis plusieurs mois. Si la Réserve fédérale américaine a baissé ses taux directeurs d’un demi point, par deux fois, depuis août 2007, la Banque centrale européenne (BCE) a certes cessé de les augmenter mais maintient le statut quo, privilégiant toujours la vigilance vis-à-vis des risques inflationnistes.
Certains acteurs, Nicolas Sarkozy en tête, estiment que cet euro fort a des conséquences négatives sur les exportations et est donc très préjudiciable aux entreprises européennes. (Lire EurActiv 15/09/07)
Le président français, le président du Conseil italien, Romano Prodi, l’organisation patronale européenne, Business Europe, ainsi que la Confédération européenne des syndicats, ont tous exprimé des critiques plus ou moins directes et virulentes contre la politique de la BCE.
Cette dernière reste cependant sourde à ces remontrances. Elle est soutenue par des pays comme l’Allemagne, les Pays-Bas ou l’Autriche. (Lire EurActiv 5/10/07)
Enjeux :
Des conclusions limitées sur le taux de change
L’Eurogroupe s’est déroulée, lundi 8 octobre, alors que l’euro se négociait ce jour là à près de 1,41 dollars, après avoir franchi le seuil record de 1,42 dollars le 1er octobre.
Les acteurs économiques espéraient que cette réunion des ministres des finances permettrait à la zone euro de présenter un front uni lors de la réunion des ministres des finances et des banquiers centraux du G7, qui se tient à Washington du 19 au 21 octobre.
Les conclusions communes sur la politique de change ont été extrêmement rapides. Celles-ci soulignent seulement, une nouvelle fois, le risque d’une volatilité excessive des taux de change et la nécessité que ces derniers reflètent la réalité des fondamentaux économiques.
Les critiques se sont concentrées sur la Chine, dont il serait « souhaitable que le taux de change évolue afin que des ajustements interviennent ». Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le gouverneur de la BCE, Jean-Claude Trichet, et le Commissaire chargé des affaires économiques et monétaires, Joaquin Almunia, prévoient ainsi une visite en Chine avant la fin de l’année 2007 en vue de « dialoguer avec les autorités chinoises pour discuter des politiques macroéconomiques ».
La Chine est accusée de maintenir sa monnaie à un niveau artificiellement bas pour soutenir ses exportations et sa croissance économique.
L’Eurogroupe s’est montré beaucoup plus conciliant avec le Japon et les Etats-Unis. Les ministres se sont bornés à spécifier avoir noté, « avec une grande attention, que les autorités américaines ont réaffirmé qu’un dollar fort [était] dans l’intérêt de l’économie américaine ».
Les prévisions de croissance et de budget de la France critiquées
Cette réunion de l’Eurogroupe a enfin été difficile pour le gouvernement français. En plus de ces conclusions très limitées sur la politique de change, les ministres des finances de la zone euro ont en effet critiqué à la fois les prévisions de croissance françaises (Lire EurActiv 12/09/07) et le projet de loi de finances pour le budget 2008. “Il ne correspond pas tout à fait à nos attentes” en termes de réduction des déficits, a estimé le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
Pour autant, le gouvernement français ne changera pas de cap. La ministre de l’économie, Christine Lagarde, a notamment estimé que les études de la Commission étaient « purement estimatives » et « souvent conservatrices ».
Positions :
Si la ministre française Christine Lagarde a indiqué être satisfaite de « la préoccupation collective » sur le taux de change, exprimée à la suite de « longues discussions », la vaste offensive européenne contre le dollar voulue par la France ne semble pas d’actualité.
Le matin même de la réunion, le ministre allemand des finances, Peer Steinbrück, a en effet déclaré préférer un euro fort à un euro faible, tandis que son homologue néerlandais, Wouter Bos, voit dans l’euro fort un signe de confiance dans l’économie européenne.
Jean-Claude Trichet, a précisé de son côté, le même jour, qu’il n’avait rien “ni à ajouter, ni à retrancher” à ses précédentes déclarations.





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