En plus de plaider pour la fin des bonus, les deux chefs d’Etats réclament aussi une limitation des rémunérations variables. Une proposition irréaliste pour l'économiste Jacques Le Cacheux.
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Le tandem Sarkozy-Merkel poursuit sa communication épistolaire. Après la lettre conjointement écrite sous la présidence tchèque, les deux chefs d’Etat ont renouvelé leur geste mercredi 2 septembre. Adressé au premier ministre suédois Fredrick Reinfeldt, le document propose une série de mesures visant à réformer l’architecture financière internationale.
Redoutant que les établissements financiers renouent « avec les mêmes principes d’actions qui prévalaient avant la crise », Nicolas Sarkozy et Angela Merkel aspirent à ce que le G20 prévu à Pittsburgh les 24 et 25 septembre pose les jalons de règles contraignantes assorties d’un système de sanctions applicables aux banques.
Thème de prédilection des auteurs : l’encadrement des bonus. Leur montant « doit être fixé à un niveau approprié », écrivent-ils, ajoutant que les « bonus garantis doivent être évités ». L’idée d’en différer le versement reprend les consignes adressées par Nicolas Sarkozy lors de la réunion à l’Elysée avec les dirigeants des banques françaises.
La mise à l’index des bonus n’étonne pas Jacques Le Cacheux, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii). « Pour l’opinion publique, ils représentent des sommes particulièrement élevées et facilement gagnées, un peu comme des paris sans risques puisque soit vous gagnez soit vous ne perdez pas, ce qui incite à prendre des risques excessifs », explique-t-il.
La lettre franco-allemande va plus loin en incitant les Etats à « examiner de limiter le montant des rémunérations variables ». Mais selon l’économiste, cette proposition n’est pas réaliste car « ni les Américains, ni les Anglais n’en veulent ».
Réformer les normes comptables
L’évolution du système financier international dépend également de la capacité à créer les garde-fous chargés de contrôler le respect des nouvelles règles d’encadrement des bonus. A ce titre, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel souhaitent que cette tâche incombe à des comités impliquant le conseil d’administration, le personnel des banques et les contrôleurs de risques. Pour Jacques Le Cacheux, « cela permettrait d’éviter que les rémunérations ne fassent l’objet de négociations secrètes entre le trader et son supérieur hiérarchique direct ».
La spéculation n’est pas en reste. Largement décriée lors de la crise des subprimes, elle doit être contenue en augmentant le ratio de fonds propres exigé pour tout investissement risqué. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel réitèrent également leur volonté de ne pas voir rester lettre morte les règles définies lors du G20 de Londres, notamment en matière de normes comptables. Celles-ci sont accusées d’avoir « contribué à la volatilité des marchés ».
Faisant écho à la volonté de la France et de l’Allemagne d’augmenter la contribution de l’UE au budget du FMI, les chefs d’Etats plaident également pour la modification de la « gouvernance et de la représentation » en vigueur pour cette institution.





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