La capacité de prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) s’élèvera à 30 milliards d’euros et les fonds utilisés d’ici 2011 serviront spécifiquement à soutenir les petites et moyennes entreprises (PME). C’est la décision qu’ont pris les ministres des Finances lors d’une réunion informelle, samedi 13 septembre à Nice. L’engagement de 30 milliards d’euros double quasiment les contributions financières habituelles de la banque envers les PME.

L’objectif est entre autres de démontrer que l’Europe n’adopte pas simplement une politique attentiste face à la crise financière internationale, a déclaré la ministre française des Finances, Christine Lagarde, lors de la conférence de presse finale. 

Ecoutant la proposition du grand argentier italien, Giulio Tremonti, le Conseil a demandé à la BEI de mettre en place un groupe de travail afin de définir une méthode pour mieux coordonner l’investissement européen dans les infrastructures, notamment dans le secteur de l’énergie. Selon le président de la BEI, Philippe Maystadt, le travail sur les questions énergétiques pourrait très rapidement aller de l’avant. 

Le groupe de travail comprendrait des investisseurs des institutions nationales telles que la Caisse des dépôts française, la Cassa Depositi e Prestiti italienne ou la Banque de développement hongroise. La participation de ces institutions pourrait laisser penser que l’UE cherche à créer une sorte de fonds souverain européen semblable à ceux de la Russie ou de la Chine. Ce type de fonds est de plus en plus utilisé pour acquérir des biens économiques stratégiques à l’étranger. 

Mais le président de la BEI, Philippe Maystadt, a écarté cette possibilité : « En l’état actuel des statuts, nous ne pouvons pas prendre de participations, nous ne pouvons que faire des prêts », a-t-il indiqué. C’est à son avis aussi une question d’argent puisque les fonds souverains nécessitent des ressources propres considérables que la BEI n’a pas en sa possession. A noter que Nicolas Sarkozy a évoqué au mois de juillet la possibilité de transformer la Caisse des dépôts et consignation en fonds souverains. (EurActiv.fr 25/07/08)

S’il entre en vigueur, le traité de Lisbonne permettrait certes à la BEI d’investir dans des entreprises afin de couvrir son encours de prêts. Toutefois, d’autres changements seraient nécessaires pour transformer la banque en fonds souverain.  

Le groupe de travail a néanmoins été présenté comme un pas dans cette direction. Il a en outre récolté le soutien unanime des Etats membres, en particulier de l’Espagne et de l’Italie, à l’origine de la proposition. Autant Christine Lagarde que Joaquin Almunia, commissaire européen chargé des Affaires économiques et monétaires, ont salué la mise en place du groupe. 

Les ministres sont parvenus à dégager une approche commune sur la question de la supervision des groupes financiers. La présidence française a diffusé un document appelant à renforcer la coordination entre les autorités nationales de supervision à propos des opérations bancaires et des assurances transnationales. Pourtant, de nombreux Etats membres, notamment ceux d’Europe centrale et de l’Est, restent sceptiques. Ces derniers craignent en effet que leurs autorités respectives ne perdent leur pouvoir. Le débat se serait néanmoins déroulé dans une ambiance plutôt conciliante.