« L’Europe veut la refondation du système » financier mondial. Selon le président français, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse à l’issue de la réunion des grandes économies européennes, dimanche 22 février, tout le monde serait d’accord sur le principe. Une idée proposée par la France dès le mois d’octobre 2008, lors des réunions d’urgence organisées à l’initiative de la Présidence française de l’UE pour sauver les banques et les marchés financiers.

Le renforcement de la régulation et de la supervision des marchés devrait constituer l’un des piliers de la future déclaration du G20. «  Aucun marché financier, aucun produit financier et aucun acteur des marchés financiers ne devrait à l’avenir rester sans régulation ou sans supervision », a indiqué la chancelière allemande, Angela Merkel, lors de la conférence de presse. Les « hedge funds », pour lesquels l’Allemagne et la France demandent un code de conduite depuis le début de la crise financière en août 2007, sont particulièrement visés. (Lire le dossier d’EurActiv.fr)

Principale source de satisfaction  pour le président français, les grandes économies européennes seraient d’accord pour sanctionner ceux qui n’appliqueraient pas les nouvelles dispositions. "Une nouvelle régulation sans sanction, ça n’existerait pas", a-t-il martelé. En ligne de mire, les paradis fiscaux et les juridictions non coopératives. « Nous voulons en finir avec les paradis fiscaux », a indiqué le président français.

Le système de rémunération des traders et des banquiers, critiqué pour être trop orienté vers la performance et donc susceptible d’entraîner des dérives, fera également l’objet de mesures spécifiques.

Les Etats membres n’ont pas pris position sur les problèmes des pays d’Europe centrale frappés durement par la crise (EurActiv.fr 23/02/2009) mais Angela Merkel a plaidé pour un renforcement du rôle du FMI. "Un doublement des ressources du FMI serait nécessaire pour pouvoir aider les pays qui en ont besoin", a-t-elle précisé. Il faudrait "500 milliards de dollars" pour les institutions financières internationales, a quant à lui indiqué le premier ministre britannique, Gordon Brown.

Sans entrer dans le détail, les conclusions de la réunion s’engagent à mettre en œuvre des mesures de soutien au secteur financier ou de relance économique en limitant "à un minimum absolu les distorsions de concurrence". Une manière de critiquer le plan français de relance du secteur de l’automobile, qualifié par la Présidence tchèque de l’UE de « protectionniste »,  et les projets espagnols et italiens en la matière.  

Le Sommet du G20 fait suite à la réunion organisée à Washington au mois de novembre 2008. (EurActiv.fr 17/11/2009). Il doit déboucher sur des mesures concrètes afin d’appliquer la feuille de route adoptée le 15 novembre.

Les Etats membres de l’UE se réunissent dimanche 1er mars pour un sommet informel, avant le Conseil européen de printemps des 19 et 20 mars.