Développements récents et prochaines étapes:

  • Septembre 2007: Les plans budgétaires de N. Sarkozy pour les cinq prochaines années seront examinés par les membres de la zone euro.

Contexte:

Le 10 juillet 2007, les ministres européens des finances ont tenu leur première réunion sous la présidence portugaise afin de discuter des priorités pour les six mois à venir.

Comme à l’accoutumée, la réunion a été précédée, le 9 juillet 2007, par une réunion des 13 ministres des finances des pays de la zone euro. 

Cette réunion a cependant été marquée par un évènement inhabituel : la présence de Nicolas Sarkozy. Le chef de l’Etat s’est en effet  invité à la réunion afin de défendre ses projets de réforme et demander ainsi de reporter la réduction du déficit budgétaire de la France à 2012, en dépit des critiques des autres Etats membres européens et au mépris des règles relatives au pacte de stabilité et de croissance.

Enjeux:

Pacte de stabilité et de croissance

Le 9 juillet 2007, Nicolas Sarkozy, a déclaré à ses partenaires européens qu’il tenterait de respecter l’engagement de son prédécesseur, Jacques Chirac, à savoir éliminer le déficit budgétaire de la France d’ici 2010. Il a cependant ajouté que la faible croissance de l’économie française pourrait l’empêcher de tenir cette promesse, auquel cas la stabilité des comptes de la France serait reportée à 2012. 

Les ministres des finances des 27 Etats membres de l’UE s’étaient engagés lors d’une réunion à Berlin en avril 2007 à profiter de la relance économique pour équilibrer leurs finances publiques à l’horizon 2010. Nicolas Sarkozy souhaite cependant revenir sur cet accord, arguant qu’un “choc fiscal” est nécessaire afin de relancer l’économie française et de résoudre le problème du chômage. 

Les importantes réductions fiscales prévues par le gouvernement français empêcheront le pays de réduire son déficit de 0,5% en 2007, comme le prévoit l’accord de Berlin. Nicolas Sarkozy a en revanche indiqué qu’il ramènerait le déficit de 2,5% en 2006 à 2,4% en 2007.

Les pays de la zone euro n’ont pas leur mot à dire sur les dépenses publiques de la France tant que le déficit ne dépasse pas la barre des 3% du PIB. L’attitude de la France est cependant perçue par certains pays, notamment l’Allemagne, comme une injustice. Cet Etat a en effet déjà supporté le poids de réformes structurelles douloureuses dans le but de se conformer aux règles budgétaires européennes.

Certains pays s’inquiètent également des répercussions du comportement de la France. Celle-ci pourrait inspirer d’autres Etats membres et porter ainsi atteinte au pacte de stabilité. A noter que la France et l’Allemagne ont été à l’origine de sa réforme, intervenue il y a à peine deux ans. Ces deux pays souhaitaient en effet que le pacte soit plus flexible.

Sur les conseils du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, le président français a par ailleurs renoncé à son projet de Sommet européen sur l’économie, en présence des chefs d’Etat et de gouvernement, dont il souhaitait la tenue au mois de septembre. Nicolas Sarkozy a en effet plaidé depuis le début de sa campagne pour une meilleure coordination des politiques économiques européennes.

Le président français a également renoncé à se battre sur la question des taux de change de l’euro, contrairement à ce qu’il avait annoncé. Durant la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait fait du mandat de la Banque centrale européenne (BCE) l’un de ses chevaux de bataille. Il semble néanmoins avoir laissé ce dossier de côté pour le moment.

Fonds monétaire international (FMI)

Les 27 ministres des Finances de l’UE ont soutenu la candidature de l’ancien ministre français des Finances, Dominique Strauss-Kahn, au poste de président du Fonds monétaire international (FMI). L’actuel président, l’espagnol Rodrigo Rato, a en effet annoncé qu’il démissionnerait en octobre 2007. Ce soutien intervient à la suite d’un intense lobbying de la part du président français pour imposer son candidat à la présidence du FMI. Une candidature perçue en France comme la suite logique de l’ouverture à gauche engagée par le nouveau gouvernement.

Plusieurs pays sont cependant préoccupés par le fait que ce pays dirige le FMI alors que trois Français ont déjà occupé ce poste pendant 30 ans sur les 61 ans d’existence du FMI, et que la France occupe également des sièges de direction à la Banque centrale européenne, l’Organisation mondiale du commerce et à la Banque européenne pour la reconstruction et le développement. 

Le ministre britannique des Finances, Alistair Darling, a souligné le fait qu’aucun accord officiel n’avait été conclu et que, si Dominique Strauss-Kahn était un candidat approprié, “le gouvernement britannique souhaitait également voir les candidats que les autres membres du FMI pouvaient présenter”. 

Dans le cadre d’un accord international controversé, le directeur du FMI est traditionnellement européen, alors que celui de la Banque mondiale est américain. Alistair Darling estime toutefois que le choix du candidat doit reposer sur ses compétences, et non sa nationalité. 

La présidence portugaise n’a pas exclu les candidats présentés par d’autres autres pays ou régions. Elle a cependant souligné que Dominique Strauss-Kahn était le candidat de l’UE, soutenant que l’urgence d’une nomination impliquait que l’Union ne pouvait pas suivre “une procédure idéale” sur la question.

Zone euro

Les ministres des finances ont également donné à Chypre et Malte leur accord définitif pour l’adoption de l’euro en 2008 (EurActiv 22/06/08).