Contexte :

Le niveau de l’euro continue à battre des records par rapport au dollar (1 euro équivalait à 1,43 dollars vendredi 19 octobre), mais aussi au yen japonais et au yuan chinois.

L’absence de réaction de la Banque Centrale Européenne (BCE) face à cet euro fort nourrit la controverse depuis plusieurs semaines. Certains dirigeants des pays qui en souffrent le plus, en premier lieu desquels Nicolas Sarkozy, mais également le président du Conseil italien, Romano Prodi, appellent à une intervention de la BCE, tandis que d’autres, tels l’Allemagne, l’Autriche ou les Pays-Bas, continuent de soutenir sa politique. (Lire EurActiv 15/09/07 et 5/10/07)

Les divergences entre les Etats membres de l’UE étant profondes, la réunion de l’Eurogroupe du 8 octobre s’est achevée sur un résultat extrêmement limité. Les ministres des Finances de la zone euro se sont notamment montrés très conciliants au sujet du dollar, concentrant leurs critiques sur le yuan chinois. (Lire Euractiv 10/10/07)

Enjeux :

Les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 se sont réunis, vendredi 19 octobre, à Washington, à la veille des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale.

Taux de change

Dans son communiqué final, le G7 se montre ferme dans ses critiques sur la rigidité du taux de change du yuan chinois, mais ne fait aucune allusion aux faibles niveaux des monnaies américaines et japonaises.

La Chine « doit permettre une appréciation accélérée de son taux de change réel », selon le G7. Cette position offensive à l’égard du yuan vient donc confirmer celle de l’Eurogroupe, alors que les autorités monétaires européennes prévoient une visite en Chine avant la fin de l’année 2007 (Lire Euractiv 10/10/07).

Crise des « subprimes »

Sur la crise des marchés de crédit, le G7 s’est voulu optimiste même s’il concède qu’un “environnement instable risque de perdurer un certain temps”. Le Forum de la stabilité financière (instance de coopération et de discussion émanant du G7 dont la mission est d’apprécier les facteurs conjoncturels et structurels de vulnérabilité et les dynamiques du système financier mondial) a été mandaté pour mener « une analyse complète des causes » de la crise.

Se félicitant de certaines initiatives récentes, les ministres des finances du G7 ont cependant précisé qu’ils attendaient que les acteurs des marchés financiers « corrigent nombre des problèmes mis en évidence par les événements récents ».

Cette pression des grands argentiers pour améliorer les pratiques des marchés financiers va dans le sens des propositions européennes (Dossier Euractiv 9/10/07). La jour-même de la réunion du G7, lors du Conseil européen informel de Lisbonne, Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre britannique, Gordon Brown, ont d’ailleurs présenté une déclaration conjointe pour une meilleure transparence des marchés financiers.

Positions :

La ministre française de l’économie, Christine Lagarde, s’est, pour sa part, bornée à préciser que « le G7 n’[avait] pas évoqué de dépréciation du dollar » et que les propos de Henry Paulson « étaient rassurants sur l’économie américaine ».

Wu Xiaoling, numéro deux de la Banque populaire de Chine, a répondu lors d’une conférence que « la Chine ne se soumettrait pas aux pressions internationales » et que les autorités chinoises réformeraient leur système des changes « de manière contrôlée, de leur propre initiative et de manière graduelle ».

Pour le secrétaire au Trésor américain, Henry Paulson, l’expression « appréciation accélérée » constitue le « plus gros changement du communiqué » sur le yuan.

Sur le niveau du dollar, Henry Paulson a répété : « Le dollar fort est dans l’intérêt de notre nation » et « la valeur d’une monnaie doit être déterminée par ses fondamentaux sur des marchés concurrentiels ».