Les indicateurs économiques ne sont pas au beau fixe. Avec une croissance en berne et une inflation en hausse, la zone euro n’est pas au mieux de sa forme.

Conséquence : l’indice de confiance économique, qui évalue le moral des entreprises et des ménages et permet de juger du comportement des acteurs économiques sur le court terme, a baissé de 0,6 point au mois de mars pour atteindre 99,6 points, un niveau jamais atteint depuis 2005.

Eurostat, l’Office statistique des Communautés européennes, a annoncé lundi 31 mars que le taux d’inflation annuel de la zone euro pour 2008 s’établirait à un rythme annuel de 3,5%.

Cette estimation rapide, mesurée grâce à l’indice des prix à la consommation de la zone euro, a donc progressé depuis février, où elle était fixée à 3,3%.

C’est l’envolée des prix des matières premières, tant alimentaires qu’énergétiques, qui explique cette inflation galopante. Une question se pose alors : cette accélération va-t-elle durer?  

Selon le directeur adjoint du département Analyses et prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Eric Hayer, on pourrait s’attendre à un repli de l’inflation au second semestre 2008.

Il existe aussi une vision plus pessimiste, qui voudrait que les tensions sur les matières premières perdurent et que la spirale inflationniste s’enclenche avec à la clé, des revendications salariales.

La Banque centrale européenne (BCE), qui se refuse à tout assouplissement de la politique monétaire, n’a pas changé ces taux directeurs depuis juin dernier. Eric Heyer y voit là un comportement cohérent étant donné que la spirale inflationniste ne s’est pas encore déclenchée et n’a donc pas atteint les salaires.