Les taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) ne seront pas relevés ce mois-ci, a indiqué la BCE, jeudi 4 octobre, soit deux jours après que le mouvement patronal européen a exprimé ses inquiétudes face à la hausse de l’euro.

Contexte:
Depuis son élection, Nicolas Sarkozy montre son opposition à la politique menée par la BCE. Le président français juge inappropriée la politique défendue par Jean-Claude Trichet dans le contexte actuel de crise des marchés financiers internationaux et de fléchissement du dollar. Selon lui, le maintien de l’euro à un niveau si élevé a pour effet de rendre les exportations, et notamment les exportations françaises, trop chères.
Cette semaine, le président du Conseil italien, Romano Prodi, s’est également plaint de l’euro fort, indiquant qu’il avait fait part de ses craintes à la chancelière allemande, Angela Merkel. « Je ne donne pas de conseils à la BCE, dont l’indépendance doit être respectée. (…) Mais en contrepoids de la politique monétaire, il doit y avoir une politique économique européenne », a-t-il déclaré.
Enjeux:
Faire cesser l’appréciation de l’euro
Ernest-Antoine Seillière, le président de Business Europe (confédération patronale européenne), a adressé une lettre au président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker, mardi 2 octobre. Dans ce courrier, le patronat européen insiste sur la nécessité de mettre un terme à l’appréciation de l’euro par rapport au dollar américain, au yuan chinois et au yen japonais, affirmant que le taux de change de l’euro a atteint un « seuil de douleur pour les compagnies européennes ».
Cette lettre intervient quelques jours avant la réunion des treize ministres de l’économie et des finances de la zone euro, qui se tiendra le 8 octobre.
La demande est également adressée à tous les membres européens du G7, c’est à dire l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la France. BusinessEurope espère de plus que cette question sera soulevée et débattue lors de la prochaine réunion du G7, prévue du 19 au 22 octobre.
La BCE maintient ses taux
Quelques jours après la publication de cette requête, la BCE a décidé sans surprise, jeudi 4 octobre, de laisser son principal taux inchangé pour le mois d’octobre.
De nombreux observateurs avaient en effet prévu ce maintien des taux à leur niveau actuel. « Le pic annuel du resserrement monétaire a sans doute été atteint », indique une étude de la direction des études économiques de BNP Paribas.
Positions:
La politique de la BCE et l’impact de celle-ci sur l’économie suscitent cependant de nombreuses controverses. Dans une interview accordée au Figaro Magazine le 29 septembre, l’ancien président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, a exprimé une nouvelle fois son soutien à Jean Claude Trichet, estimant « qu’on a tendance à faire un faux procès à la monnaie européenne ».
Selon lui, les mauvais résultats économiques français ne sont pas la conséquence de l’euro fort, qui peut, par ailleurs, être considéré comme un « atout ».
L’ancien président de la République explique qu’un euro moins fort n’aurait pas d’influence sur les exportations vers nos grands partenaires membres de l’UE, comme l’Allemagne. « L’écart de compétitivité qui nous sépare des géants asiatiques est tel qu’une diminution de notre monnaie ne comblerait pas notre déficit commercial avec l’Asie ».




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