L’Organisation de Coopération et Développement Economiques (OCDE) prévoit une croissance de 1,8% pour la France en 2007, contrairement aux 2,25% annoncés par le gouvernement. Des projections inquiétantes pour le pays contraint par Bruxelles de ramener son déficit en dessous de la barre des 3% d’ici 2010.
En bref :
La croissance de la zone euro devrait être moins élevée que prévue. Dans son rapport sur les perspectives de croissance de la zone euro publié le 5 septembre, l’OCDE prévoit une croissance de 2,6% contre les 2,7% annoncés.
Hormis le Royaume-Uni, dont la croissance devrait être plus élevée que prévue (3,1% au lieu de 2,7%), les pays d’Europe de l’Ouest sont les plus touchés par cette baisse. L’Allemagne perdrait 0,3 point pour arriver à 2,6% et l’Italie 0,2 point pour se positionner à 1,8%.
Si les pays nordiques tirent la croissance de la zone euro vers le haut, la France obtient quant à elle le plus mauvais score. Bercy prédisait une croissance de 2,25% tandis que, selon l’OCDE, celle-ci ne dépassera pas 1,8%.
“La France connaît une demande soutenue, mais une offre contrainte, donc en période de faible demande, la croissance est plutôt meilleure. Au contraire, quand la demande est forte, c’est l’appareil de production qui coince. La question en France est donc de desserrer la contrainte de l’offre” a indiqué le directeur du département économique de l’OCDE, Jean-Philippe Cotis, lors de la parution du rapport.
A l’annonce de ces chiffres, la ministre de l’Economie, des Finances et de l’Emploi, Christine Lagarde, a cependant réaffirmé ses objectifs de 2,25% de croissance, considérant que des indicateurs prédisaient une reprise de l’activité économique. “Un certain nombre de clignotants de confiance sont au vert” malgré “un résultat moyen au deuxième trimestre”, a-t-elle déclaré.
Les chiffres annoncés par l’OCDE sont inquiétants pour la France, déjà pointée du doigt par l’Eurogroupe pour non-respect des critères du Pacte de stabilité. Si le pays s’était engagé à revenir à l’équilibre budgétaire en 2010, Nicolas Sarkozy a cependant clairement expliqué début juillet à ses partenaires européens que le pays n’y parviendrait vraisemblablement pas avant 2012.
Une croissance en berne ne ferait qu’aggraver la situation française et réduire la marge de manœuvre de l’Etat qui veut se lancer dans des réformes profondes.
Ces diminutions de croissance ne font cependant peut-être que commencer. Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, estime en effet que les répercussions de la crise financière américaine seront faibles en 2007, mais très importantes en 2008.






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