Cet économiste et conseiller maître à la Cour des comptes estime notamment que le renforcement du gouvernement économique de la zone euro passe par une plus grande fiabilité des statistiques.

© MEF
Documents officiels
Conseil européen
Déclaration sur la Grèce, 11 février 2010
Selon vous, quelles sont les pistes pour renforcer un gouvernement économique en Europe?
Il faut réfléchir à ce que peut faire l’Eurogroupe. Certes, il ne sera jamais équivalent au conseil des gouverneurs de la BCE qui a une politique monétaire unique. Les décisions y sont prises collectivement et la mise en œuvre est faite par chaque banque centrale nationale.
Il faudrait par exemple travailler à un renforcement de l’indépendance des autorités statistiques. Deuxième point: nous devons réfléchir aux conditions dans lesquelles on peut obtenir une information financière très complète sur la situation des Etats. Il ne faut pas se cantonner aux seuls indicateurs de déficit et de dette, mais avoir une vision patrimoniale. C’est l’approche française de l’emprunt national. Cela revient à identifier les richesses que l’on crée lorsqu’on s’apprête à engager des dépenses ou à faire appel aux marchés financiers.
Par ailleurs, il faut que l’Eurogroupe se réunisse beaucoup plus fréquemment, et qu’il travaille sur l’harmonisation fiscale. Les propositions des ministres des Finances de la zone euro pourraient ensuite être étendues à toute l’Union européenne. Le moment est sans doute venu d’inscrire ces points à l’agenda des prochains sommets.
Quels sont les obstacles qui barrent encore la route de ces avancées?
Il faut que tout les Etats soient d’accord. Les non-membres de la zone euro ne doivent pas considérer qu’on les marginalise, notamment le Royaume-Uni et la Suède. Soit l’on considère qu’aller plus loin dans le gouvernement économique revient à se doter d’une super coordination dans le cadre du G20, soit l’on décide de se doter d’institutions permettant de fonctionner. De ce point de vue, il n’y a pas besoin de modifier les textes des traités. Il faut juste prévoir des modalités pour se réunir au sein de la zone euro, afin de prendre des décisions qui respectent aussi les intérêts des non-membres de cette zone.
Cet entretien a été réalisé à l'issu d'un petit déjeuner organisé par le Mouvement Européen-France




Réagissez