En bref :

A combien s’élèvera la baisse de croissance prévue par le gouvernement pour 2008?

Se refusant à donner un chiffre pour l’instant, Christine Lagarde a évoqué une  “légère baisse”, lors d’une interview accordée à Europe 1, jeudi 20 mars. Cette diminution sera en revanche « nettement inférieure à ce qui a été envisagé pour nos homologues allemands et anglais », a-t-elle ajouté. A noter que l’Allemagne a abaissé ses prévisions pour 2008 de 0,3 point, ce qui porte la croissance à 1,7%.

La France serait donc une meilleure élève que ses homologues européens? «L’économie française est plutôt plus solide et plus résistante que celle de nos voisins européens », a expliqué la ministre de l’Economie.

La prévision de croissance réalisée en octobre, à l’époque 2,25%, était fondée sur un euro à 1,35 dollar et un baril de pétrole à 75 dollars, a rappelé Christine Lagarde.

Or l’euro dépasse aujourd’hui les 1,55 dollar et le pétrole oscille entre 100 et 110 dollars le baril. D’après le directeur adjoint du département Analyses et prévisions de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), Eric Hayer, si le gouvernement établit sa révision sur un baril à 100 dollars et un euro à 1,50 dollar, la baisse de la croissance devrait correspondre à un demi point par rapport aux prévisions.

Plusieurs institutions ont déjà revu leur copie. La Banque de France a ainsi diminué son estimation de 0,1 point pour le premier trimestre 2008, ce qui porte la prévision pour les trois premiers mois de l’année à 0,4.  

De même, l’INSEE, qui vient juste de publier ses notes de conjoncture, table sur une croissance de 0,3 à 0,4 point pour le premier trimestre de l’année 2008.  L’OCDE prévoit un chiffre identique.  

Mi-février, c’est Bruxelles qui a revu à la baisse sa prévision de croissance pour la France. Avec un abaissement de 0,4%, portant la prévision à 1,7%, l’exécutif européen est moins sévère que le Fonds monétaire international (FMI), qui est parvenu à une prévision de 1,5%, c’est-à-dire une baisse d’un demi point par rapport aux chiffres précédemment annoncés.

Le budget français pour 2008 ayant été construit sur une prévision de croissance de 2,25%, une baisse d’un demi point de cette prévision rendrait impossible la réduction du déficit, pourtant prévue par le gouvernement, analyse Eric Hayer.