Contre toute attente, le Congrès américain a rejeté le plan Paulson proposé par l’administration Bush -qui prévoit le rachat des actifs douteux à hauteur de 700 milliards de dollars. Après une journée catastrophique sur les bourses européennes  (-10% pour Unicredit, -20% pour Royal Bank of scotland…), la BCE était à nouveau venu à la rescousse du marché européen en mettant 120 milliards d’euros à la disposition des banques et des assurances, lundi 29 septembre.

Au total, 220 milliards de dollars auront été réinjecté sur le marché par la BCE au mois de septembre. L’objectif est de permettre de fluidifier le marché du crédit, les banques ne se prêtant quasiment plus d’argent depuis le début de la crise.

Cette décision intervient alors que les répercussions de la crise financière commencent à toucher les banques européennes. Et entraîne le début d’une valse des sauvetages et des rachats d’actifs douteux.

Après Lehman Brothers, Meryll Linch, et le sauvetage d’AIG, la banque belge Fortis et la britannique Bradford and Bingley sont en position difficile. La Belgique, la France et le Luxembourg s’apprêtent  en outre, mardi 30 septembre, à injecter 6 milliards d’euros pour sauver la banque Dexia, le plus gros bailleur de fond des collectivités locales françaises.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a convoqué mardi matin les responsables des grandes institutions bancaires et d’assurance, pour une réunion de crise à l’Elysée, afin de faire le point sur leurs situations. Le premier ministre, François Fillon, la ministre des Finances, Christine Lagarde, et le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, seront également présents.

Aucune réunion de ce type au niveau européen ne semble prévue pour le moment.  « En Europe comme nous n’avons pas de contribuable et pas de ministre du trésor ni de structure de coordination efficace chacun réagit au coup par coup mais pas de manière coordonnée. Il n’y a pas eu de réunion d’urgence des ministres des finances, l’eurogroupe n’a pas été saisi. On ne sait pas réagir dans l’urgence » en Europe, estime l’économiste Jacques Le Cacheux (OFCE).  

Nicolas Sarkozy a toutefois indiqué, lundi 29 septembre à Marseille, lors du Sommet UE/Inde, qu’une réunion de préparation d’un sommet pour la « refondation du système financier international » se tiendrait à l’automne en présence de responsables européens. Systèmes de notations, règles comptables, rémunérations des traders seraient notamment à l’ordre du jour.

Lors de son discours devant l’assemblée générale des Nations Unies le 23 septembre, le chef de l’Etat avait invité ses pairs à se réunir au mois de novembre pour faire un point sur la crise financière. Au cours de la conférence de presse qui avait suivi, il avait précisé que cette réunion rassemblerait les Etats du G8 et «des pays émergents», sans toutefois préciser lesquels. Cette réunion «doit pouvoir concerner les autorités de régulation», avait-t-il ajouté. (EurActiv.fr 24/09/08)