Le chômage a atteint son plus haut niveau dans la zone euro depuis 1 an et devrait continuer à grimper en 2010. Une situation qui renforce l’instabilité d’une reprise économique désormais fondée sur la reconstruction des stocks et les exportations, toutes deux inconstantes.

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Le nombre de personnes sans emploi a augmenté de 102 000 en novembre 2009 pour atteindre 15,712 millions de personnes, soit 10 % de la force de travail des 16 pays utilisant l’euro. Ces chiffres, les plus hauts depuis août 1998, ont été révélés, le 8 janvier, par le bureau européen des statistiques, Eurostat.
Sur un an, tous les États membres ont connu une augmentation du taux de chômage. Les plus faibles hausses ont été observées en Allemagne (de 7,1% à 7,6%), au Luxembourg (de 5,2% à 6,0%) et à Malte (de 6,2% à 7,0%). Les plus fortes hausses ont été enregistrées en Lettonie (de 10,2% à 22,3%), en Estonie (de 6,5% à 15,2% entre les troisièmes trimestres de 2008 et 2009) et en Lituanie (de 6,4% à 14,6% entre les troisièmes trimestres de 2008 et 2009).
Avec 10% de chomeurs en novembre 2009, la France se situe au dessus de la moyenne communautaire (9,5%).
"Nous pensons que le taux de chômage va continuer à augmenter jusqu’au troisième trimestre de cette année pour rester perché à ces niveaux tout au long de 2011", a déclaré Nick Kounis, économiste à la banque Fortis.
"La conséquence, c’est que les dépenses des consommateurs vont rester faibles pour une période prolongée et que la reprise économique dans son ensemble sera lente", a-t-il ajouté.
L’agence de statistique de l’UE a confirmé ses estimations précédentes selon lesquelles la zone euro est sortie de la récession au troisième trimestre 2009. Elle a affiché une croissance de 0,4 % par rapport à l’année précédente, après cinq trimestres de rendement en baisse.
La reprise pourrait perdre de l’élan
Mais les contributions des composantes individuelles du produit intérieur brut (PIB) ont changé par rapport à ce qui était prévu antérieurement.
La reconstitution des stocks, sévèrement épuisés dès le début de l’année 2009, a été plus forte que prévue et a ajouté 0,5 point de pourcentage au résultat global. C’est à dire plus que les 0,3 point envisagés.
Le commerce net n’a quant à lui pas autant contribué que prévu avec une baisse de 0,1 point de pourcentage contre les 0,2 anticipés.
L’investissement, qui compte pour presque un cinquième du PIB de la zone euro, s’est révélé plus faible que prévu et a soustrait 0,2 point de pourcentage contre les 0,1 point attendus.
La demande des ménages, qui représente l’élément le plus important du PIB de la zone euro (57 %), a diminué de 0,1 point de pourcentage le chiffre du dernier trimestre bien qu’elle ait été compensée par les dépenses des gouvernements, ce qui a ajouté 0,1 point.
"Nous estimons que la reprise de la zone euro pourrait bien perdre de l’élan pour un certain temps en 2010 avant que la croissance ne commence à se relever", a déclaré Howard Archer, économiste chez IHS Global Insight.
"Cela va se produire parce que les gouvernements vont graduellement retirer certains de leurs éléments de stimulation, notamment les programmes de prime à la casse et les mesures de soutien à l’emploi", a-t-il ajouté.
"De plus, les développements des stocks pourraient commencer à devenir moins positifs vers le milieu de l’année alors qu’un euro fort, un chômage élevé et toujours en hausse, et des conditions de crédit qui restent serrées, ainsi que des problèmes significatifs du secteur financier, sont également considérés comme tirant vers le bas les perspectives de croissance de la zone euro", a-t-il affirmé.
Le risque de voir la croissance mondiale faiblir pendant un certain temps en 2010, limitant de ce fait les exportations de la zone euro, existe également.
Eurostat a également révisé à la hausse son PIB en glissement annuel pour le troisième trimestre en envisageant une contraction de 4 à 4,1 %. L’office des statistiques a enfin révisé à la hausse le PIB par trimestre en prévoyant une contraction de 0,2 à 0,1 % pour le second trimestre.
Plus tôt ce mois-ci, Herman Van Rompuy, premier président permanent du Conseil européen, a appelé à la tenue d’un sommet spécial le 11 février. Cette rencontre a pour but de trouver une voie de sortie à la crise et de commencer à dessiner l’agenda économique et social de l’UE pour la prochaine décennie.
(EurActiv avec Reuters)
CONTEXTE:
Selon les dernières prévisions de la Commission, le chômage va empirer au cours de 2010, atteignant un pic vers la fin de l’année à environ 10,3 %. Cela signifierait qu’un total de 28 millions d’Européens serait en dehors de l’emploi dans un an.





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