Les 27 pays membres de l’UE sont finalement parvenus à s’entendre sur une position commune avant le sommet mondial de la semaine prochaine à Washington, qui lancera une révision majeure du système financier international à la suite de l’effondrement des marchés du crédit.
Documents officiels
Conseil de l'Union européenne
Réunion informelle des chefs d'Etat et de gouvernement, langage agréée 7 novembre 2008
Revue de presse
EurActiv.com
EU agrees joint line on global financial reform
Lors d’un sommet informel le 7 novembre à Bruxelles, les 27 chefs d’Etat de l’UE se sont mis d’accord sur des « principes communs pour construire un nouveau système financier international », insistant sur le fait que le sommet du 15 novembre à Washington devait «assurer des décisions réelles et rapides».
Les mesures décidées à Washington devront être mises en œuvre dans « une période de 100 jours » à compter du 15 novembre, ont indiqué les dirigeants, laissant un peu plus d’un mois au nouveau président américain élu Barack Obama pour apporter sa contribution.
Dans une déclaration conjointe, les 27 se sont mis d’accord pour faire les propositions suivantes :
- « soumettre les agences de notation à un enregistrement [et] à une surveillance » ;
- adopter des principes pour garantir une « convergence des normes comptables » ;
- « décider qu’aucun segment de marché, aucun territoire, aucune institution financière n’échappe à une régulation […] ou au moins à la surveillance » ;
- « mettre en place des codes de conduite pour éviter la prise de risque excessive dans l’industrie financière y compris dans le domaine des systèmes de rémunération » ;
- « confier au FMI la responsabilité […] et les « ressources nécessaires » pour «recommander les mesures nécessaires pour restaurer la confiance et la stabilité » du système financier international.
Les dirigeants européens ont en outre convergé sur la nécessité de voir plus loin que la crise financière et de prendre des mesures pour répondre à la conjoncture économique qui va en s’aggravant. La Commission européenne a été mandatée pour soumettre une proposition dans ce sens avant le prochain sommet européen de décembre.
« L’unité de l’Union européenne doit également se traduire par une concertation efficace en ce qui concerne les réponses de politique économique que chaque Etat met en place pour faire face à la situation actuelle », indique un paragraphe clé de la déclaration conjointe.
Des divergences sont apparues ces derniers jours à propos des mesures que l’UE devrait prendre face à une éventuelle récession en Europe. Lors de leur réunion du mardi 4 novembre, les ministres des Finances n’étaient pas parvenus à décrocher un accord sur la question, repoussant leur décision à plus tard (EurActiv.fr 7/11/08).
Autre pas en avant : les dirigeants européens se sont entendus par rapport à la tentative espagnole de prendre part à la réunion du G20 à Washington, où seuls quatre pays de l’UE – le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne et l’Italie – ont été invités. En réalité, la France disposait de deux sièges à la réunion du G20, un en tant qu’occupante de la présidence tournante de l’UE, l’autre en tant que grande nation industrielle. Dans un geste au premier ministre espagnol, Nicolas Sarkozy a cédé le premier siège français à l’Espagne.
POSITIONS:
Nicolas Sarkozy, optimiste et visiblement satisfait, a indiqué que, selon lui, les résultats de la réunion étaient « forts et ambitieux ». Le président français a reconnu que les discussions n’avaient pas été faciles, plusieurs pays insistant sur l’un ou l’autre aspect du document, inhabituellement sous-titré « langage agréé ». Il a qualifié la discussion de riche, longue, intense, inhabituelle, informelle et libre.
La Suède aurait notamment montré son opposition à la formulation du texte finale. Des diplomates ont indiqué à EurActiv.com que le pays scandinave, qui n’est pas dans la zone euro, a en fait profité de l’occasion pour obtenir un droit de regard qui lui a finalement été refusé.
Le président de la Commission, José Manuel Barroso, a une nouvelle fois rendu hommage à Nicolas Sarkozy, qui a su selon lui su décrocher un consensus qui n’était pas acquis.
M. Barroso a déclaré que l’Europe transmettrait un message commun clair et fort au sommet de Washington. Il a affirmé avoir hâte de travailler avec le président Sarkozy puis avec la présidence tchèque pour tirer parti des décisions prises. A son avis, le sommet de Washington devra non seulement traiter de principes généraux, mais aussi déboucher sur des décisions concrètes. « Le sommet de Washington doit être l’occasion d’intégrer cette réforme du système financier international dans l’ensemble plus vaste des défis du XXIe siècle que nous restons déterminés à relever : la sécurité alimentaire, la lutte contre la pauvreté et le changement climatique, et la promotion du libre échange au travers de l’achèvement rapide du cycle de Doha », a-t-il indiqué.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a parlé d’un « moment décisif » pour l’économie mondiale. Selon lui, les décisions qui sont prises maintenant auront une incidence sur le monde pendant une décennie, voire plus. Les citoyens se rendent compte désormais qu’il faut une solution internationale à cette crise internationale, a-t-il indiqué aux journalistes réunis à Bruxelles.
La chancelière allemande, Angela Merkel, a quant à elle plaidé pour plus de transparence sur les marchés financiers internationaux. Nous avons besoin d’institutions plus fortes qui puissent agir à l’échelle mondiale, a-t-elle ajouté. Il ne peut plus y avoir de marchés ou d’instruments non réglementés, a-t-elle déclaré en référence aux agences de notation de crédit .
Calendrier:
- 15 nov. 2008 : sommet du G20 à Washington
- 11-12 déc. 2008 : sommet de l’UE à Bruxelles





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