Les trois dirigeants se sont mis d’accord pour présenter aux autres dirigeants mondiaux «l’idée de commencer une série de sommets pour répondre aux difficultés auxquelles est confrontée l’économie mondiale », a indiqué le communiqué commun publié après la rencontre. 

Le projet a déjà été approuvé par les chefs d’Etat et de gouvernement lors du Conseil européen des 15 et 16 octobre (EurActiv.fr 16/10/08). 

L’UE espère convaincre les dirigeants mondiaux d’accepter les réformes radicales du système financier international. Celles-ci pourraient inclure une réglementation et une supervision plus stricte des hedge funds, des paradis fiscaux et des institutions financières transfrontalières ainsi qu’un système global d’alerte rapide et une révision du Fonds monétaire international (FMI). Agé de 60 ans, cette institution est considérée comme inadaptée à l’économie mondialisée et à la complexité de la finance actuelle. 

Selon Nicolas Sarkozy la crise est une opportunité de ne plus appliquer les pratiques « détestables » du passé et de « construire le capitalisme de l’avenir ». «  On ne peut pas non plus continuer avec les mêmes causes qui produiront les mêmes effets. », a-t-il déclaré, estimant le monde ne pouvait pas envisager l’économie du 21e siècle avec les instruments du 20e siècle. 

Indisposé à accepter les propositions européennes dans leur intégralité, le Président américain a quant à lui indiqué que les propositions visant à repenser les mécanismes du système financier global ne devraient pas être autorisées si elle nuisaient au marché libre. “Il est essentiel que nous préservions les fondements du capitalisme démocratique”, a souligné M. Bush en insistant sur l’engagement pour la liberté des marchés, la liberté des entreprises et le libre échange. 

Toutefois, l’implication du président américain dans le processus de réforme est peu claire, son mandat arrivant à son terme le 20 janvier 2009. La première rencontre aura lieu peu de temps après l’élection présidentielle du 4 novembre alors que le nouveau président ne sera pas encore en fonction. Selon le communiqué, cette première rencontre visera à « examiner les progrès enregistrés pour faire face à la crise actuelle et à rechercher un accord sur le principe de réformes nécessaires pour éviter que ne se reproduise une telle crise ».

« Les sommets suivants seront destinés à mettre en œuvre un accord sur des mesures précises devant être prises pour concrétiser ces principes », ajoute le communiqué.

Ces rencontres peuvent être mises en parallèle avec la célèbre conférence de « Bretton Woods», qui a eu lieu après la Seconde guerre mondiale. Au cours de celle-ci, les dirigeants mondiaux ont posé les fondations du FMI et du groupe de la Banque mondiale afin d’empêcher qu’une dépression telle que celle de 1930 ne se répète. 

Les sommets à venir devraient impliquer non seulement les dirigeant des pays du G8 (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie, Japon et Russie), qui ont dominé le système financier depuis la conférence de Bretton Woods, mais également celle des économies émergeantes telles que la Chine, l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud. L’Arabie Saoudite, la Corée du Sud et l’Australie devraient également y participer. En outre, le futur président des Etats-Unis – M. Obama ou M. McCain, devrait également être de la partie. 

Le Japon, qui préside le G8, a appuyé cette initiative les sommets. Mais le ministre des Finances japonais, Shoichi Nakagawa, a affirmé, selon AFP, que ces rencontres seraient utiles uniquement si elles produisaient un plan d’action fort ou une décision.