L'Iran rejette la proposition de l'Occident, les débats se poursuivront en juin

  

L'Iran et six puissances mondiales ont clôturé leurs discussions hier (24 mai), bien loin de s'être mis d'accord sur la manière de surveiller le programme nucléaire de Téhéran. Ils ont toutefois décidé de maintenir le dialogue pour éviter une éventuelle action militaire.

« Il est clair que les deux parties veulent avancer et que nous sommes d'accord sur certains points », a déclaré la responsable de la politique étrangère de l'Union européenne, Catherine Ashton, qui a officiellement mené les débats. « Toutefois, des divergences significatives demeurent. Nous sommes d'accord sur la nécessité de poursuivre les discussions pour trouver un terrain d'entente. »

A l’issue de leur réunion qui s’est prolongée pendant des heures, les négociateurs ont annoncé qu'ils se reverraient le mois prochain à Moscou.

L'Iran maintient qu'il a le droit d'enrichir de l'uranium et que les sanctions économiques devront être levées avant qu'il ne mette un terme aux activités qui pourraient lui permettre à terme de disposer d'armes nucléaires.

Les puissances occidentales exigent quant à elle que Téhéran cesse ses activités d'enrichissement avant de lever les sanctions.

Les deux parties ont de bonnes raisons de ne pas abandonner la voie diplomatique. Les Occidentaux souhaitent éviter le risque d'une nouvelle guerre au Moyen-Orient suite aux menaces d'Israël de bombarder l'Iran, tandis que Téhéran souhaite ne pas avoir à subir des interdictions sur ses exportations de pétrole.

« Nous resterons en étroite relation avec nos homologues iraniens pour préparer la réunion de Moscou », a déclaré Mme Ashton.

Cette réunion, la troisième de ce cycle de pourparlers qui a débuté à Istanbul le mois dernier, aura lieu les 18 et 19 juin prochains.

Mme Ashton mène les négociations pour le groupe de six pays composé des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Grande-Bretagne, Chine, France, Russie et Etats-Unis) qui, avec l'Allemagne, est connu sous le nom de P5+1.

« Les discussions ont été longues et intensives », a expliqué le négociateur en chef iranien, Saeed Jalili. « Nous sommes entrés dans les détails, mais nous n'avons pas terminé. »

Bien que très peu de progrès aient été réalisés, le fait que les deux parties acceptent de poursuivre les débats est un progrès en soi, après plus d'un an de silence radio avant l'actuel cycle de pourparlers qui a débuté en avril.

« L'engagement des deux parties envers la diplomatie en l'absence d'un accord clair est un signe positif », a déclaré Ali Vaez, l'expert iranien du groupe de réflexion International Crisis Group.

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