Antonio Tajani veut un régime de visa « plus flexible » pour attirer les touristes étrangers

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Antonio Tajani, le vice-président de la Commission en charge des entreprises et de l’industrie, a plaidé en faveur de l’assouplissement des exigences de visa pour les touristes étrangers, notamment pour les ressortissants russes, chinois et brésiliens. Lors d’un entretien exclusif accordé à EurActiv, il a déclaré que cette proposition pourrait stimuler une croissance dont l’Europe a bien besoin en ces temps de crise.

En sa qualité de commissaire en charge du tourisme, M. Tajani a souligné que ce secteur avait remarquablement bien survécu à la crise et que pour plusieurs pays de l'UE, il représentait un pourcentage significatif du PIB national.

La Commission a en effet récemment publié un rapport qui révèle que le secteur du tourisme et de l'hôtellerie a atteint des niveaux record dans l'Union des Vingt-Sept en 2011, dépassant ses résultats d'avant la crise.

Selon cette étude, le plus grand nombre de nuits passées à l'hôtel par des non-résidents a été enregistré en Espagne (+14,7 %) et en Italie (+3,9 %). L’augmentation la plus forte du nombre de nuitées passées par des résidents dans des hôtels a été observée en Lituanie (+20,6 %), en Bulgarie (+15 %) et en Roumanie (+13,4 %).

M. Tajani a expliqué que le secteur touristique s'en était très bien sorti malgré la crise, « car l'Europe regorge de trésors incroyables ».

« Nous restons la première destination touristique au monde. Et nous devrions tâcher de le rester », a-t-il expliqué.

M. Tajani a déclaré que dans les pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), il existait aujourd'hui une classe moyenne ayant les moyens de voyager. Il a notamment parlé des touristes russes, chinois et brésiliens, les qualifiant de grands dépensiers par rapport aux touristes moyens qui voyagent au sein de l'UE.

Le Commissaire a pris son propre pays en exemple, l'Italie, qui a mené un projet pilote d’assouplissement du régime de visa avec la Chine. Il a affirmé que ce projet avait eu beaucoup de succès.

« Le ministère italien des affaires étrangères a décidé d'utiliser les services de l'Institut du commerce extérieur pour ouvrir plusieurs bureaux mobiles au sud de la Chine habilités à délivrer des visas. Il était donc possible de délivrer des visas ailleurs qu'à l'ambassade de Beijing ou qu'au consulat de Shanghai. Grâce à cette stratégie et aux bureaux mobiles en Chine, M. Tajani a expliqué que le nombre de touristes chinois en Italie avait crû de 100 % au cours de l'été 2011.

Le commissaire a affirmé que la mise en place de réseaux similaires de délivrance de visas dans les autres pays ne coûterait pas beaucoup d'argent et qu'il s'agissait d'un bon investissement.

Il a en outre déclaré que la prochaine étape pourrait être de modifier les règles qui régissent la délivrance des visas. Il a cité en exemple les Etats-Unis, où l'administration Obama a décidé en janvier dernier d'alléger les exigences de visas pour les touristes chinois et brésiliens, dans le but de stimuler le tourisme et de créer de l'emploi.

Le secteur touristique américain et les organisations représentant les entreprises plaidaient depuis longtemps en faveur de l'allégement des restrictions de visa qui avaient été renforcées suite aux attentats du 11 septembre 2001.

« Pourquoi ne ferions-nous pas de même ? Nous pourrions lancer des projets pilotes », a expliqué M. Tajani.

Il a cité le ministre slovaque du tourisme qui lui a récemment expliqué que pour son pays, il était très important d'accueillir plus de touristes russes et ukrainiens.

M. Tajani a également semblé favorable à l'idée d'un allégement des exigences de visa pour les évènements sportifs. L'Ukraine co-organisera le championnat de football Euro 2012 avec la Pologne en juin prochain et la Russie organisera les jeux Olympiques d'hiver à Sochi en 2014.

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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