Edition spéciale : Une région ukrainienne s'essaye au lobbyisme à Bruxelles

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La Vinnytsia, une région ukrainienne qui borde la Moldavie, est la première du pays à présenter ses divers atouts au Comité des régions à Bruxelles cette semaine. Même si cette région est « novice » en termes de lobbyisme, elle a plaidé avec force pour l'adhésion de l'Ukraine à l'UE.

Une délégation de la région de Vinnytsia (voir « Contexte ») a présenté ses atouts en termes d'investissements hier (15 septembre), lors d'un évènement public organisé par le Comité des régions, qui regroupe des représentants locaux et régionaux.

La région a également saisi cette opportunité pour plaider en faveur de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

C'est la troisième fois qu'une région de l'Ukraine, un pays faisant partie du Partenariat oriental avec l'UE et ne s'étant pas encore vu officiellement offrir la possibilité de rejoindre l'Union, se rend à Bruxelles pour faire du lobbyisme.

Les régions de Crimée et de Lviv ont récemment présenté à Bruxelles leur potentiel d'investissement. Toutefois, Vinnitsiya est la première à choisir le Comité des régions pour sa présentation.

Silke Toenshoff, une haute représentante au Comité des régions, a déclaré que l'Ukraine serait sans doute le premier pays du Partenariat oriental à conclure un « accord d'association » avec l'UE, une première étape visant à renforcer les relations bilatérales et pouvant ouvrir la voie vers une adhésion.

Lancé en 2008, le Partenariat oriental couvre les relations entre l'UE et l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Bélarus, la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine. La situation politique au Bélarus fait toutefois de ce pays un cas à part.

Mme Toenshoff a affirmé que les programmes de l'UE devraient être aussi accessibles que possible pour ces pays, en amont du futur sommet du Partenariat oriental prévu à Varsovie les 29 et 30 septembre.

Nadiya Tsok, Chef adjoint de la mission ukrainienne auprès de l'UE, a avancé que son pays était le meneur du Partenariat oriental, mais que son objectif à long terme était l'adhésion à l'UE.

« Nous souhaiterions que vous nous considériez comme un pays candidat », a-t-elle plaidé, ajoutant que ceux qui se montraient sceptiques quant à cette idée dans « certains pays de l'UE » seraient « rattrapés par l'Histoire ».

Mme Tsok a rendu hommage aux pays d'Europe de l'Est qui ont déjà rejoint l'Union et qui aident à présent l'Ukraine en lui « montrant la voie à suivre ».

Vodka et bonbons

Serhiy Tatusyak, le directeur du conseil régional de Vinnitsya, a fait une présentation très convaincante du potentiel de sa région. Plusieurs entreprises opérant dans la région, qui ont sponsorisé l'évènement, ont été mises en avant comme la preuve des bons résultats obtenus grâce à leurs investissements.

Plusieurs d'entre elles sont des sociétés européennes : AKW Kaolin d'Allemagne, Barlinek Invest (bois) de Pologne, Sperko (pharmaceutique) d'Espagne et Valrom (matériaux de construction) de Roumanie.

Deux entreprises de Vinnytsia, Nemiroff (vodka) et Roshen (confiseries) ont offert des boissons fortes et des bonbons lors de la réception qui a conclu l'évènement. L'Ukraine dispose d'une puissante industrie de la confiserie qui avait posé problème lors des négociations pour un accord de libre-échange avec l'UE. Toutefois, des représentants des deux parties ont affirmé à EurActiv que même si ce n'avait pas été facile, un compromis avait pu être trouvé.

M. Tatusyak a également mis en exergue les nombreux atouts et destinations touristiques de la région. Ces informations sont disponibles sur le site Internet www.pearls.vn.ua. Ce site n'est malheureusement disponible qu'en ukrainien.

M. Tatusyak a par ailleurs souligné que la région de Vinnytsia disposait d'un aéroport capable d'accueillir de gros avions, tels que les Boeing 747 ou les Airbus 380. Il a annoncé que Vinnytsia cherchait un investisseur pour moderniser cet aéroport et le développer.

Il a aussi insisté sur le potentiel agricole de la région, rappelant qu'il n'y a pas si longtemps, Vinnytsia fournissait 10 % du sucre consommé dans l'ancienne Union soviétique. Aujourd'hui, a-t-il ajouté, les nouvelles technologies permettent aux entreprises de produire le sucre le moins cher d'Europe.

Lorsqu'EurActiv lui a demandé s'il craignait que l'UE impose tôt ou tard des plafonds à cette production, il a répondu qu'il faisait confiance aux autorités nationales pour gérer ces négociations. Nadiya Tsok a ajouté que dans les cercles européens, les Ukrainiens étaient considérés comme de « redoutables négociateurs ».

Georgi Gotev – traduit de l'anglais par Amandine Gillet

Réactions: 

Prochaines étapes: 
  • 19-23 sept. 2011 : dernier cycle de négociations pour la signature de l'accord (éventuel) de libre-échange UE-Ukraine.
  • 21 sept. : le vice-premier ministre, Andriy Klyuev, participera aux discussions à Bruxelles. Il participera aussi à la conférence « Ukraine 20 years on: challenges for the future » organisée par le European Policy Centre (EPC).
  • 29-30 sept. : sommet du Partenariat oriental à Varsovie.
  • 20 nov. : visite du président Viktor Yanukovich à Bruxelles.
Liens externes: 
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