La Géorgie demande à l'UE d'ouvrir les yeux sur la Russie

  

Les décideurs politiques occidentaux doivent ouvrir les yeux sur ce qu'il se passe autour de la Russie : le premier ministre, Vladimir Poutine, est en train de bâtir une Union soviétique moderne par le biais de son projet d'Union eurasienne, affirme Giorgi Baramidze, le vice-premier ministre géorgien.

En raison de l'attitude passive de l'Occident, la Russie pense qu'elle peut avoir recours à des méthodes telles que le chantage pour attirer certains pays dans son projet d'Union eurasienne, a déclaré M. Baramidze lors d'un entretien exclusif accordé à EurActiv.

Dans un commentaire publié dans les Izvestia, Vladimir Poutine, qui devrait redevenir président l'année prochaine, présente ses ambitions géopolitiques pour les années à venir.

M. Poutine a déclaré que la création le 1er janvier de l'Espace économique commun de la Russie, du Bélarus et du Kazakhstan serait une étape historique.

Il a toutefois souligné que cette union serait prête à accueillir de nouveaux membres. « En créant cette union douanière et cet espace économique commun, nous jetons les bases d'une union économique eurasienne. Dans le même temps, l'union douanière et l'espace économique commun s'agrandiront en incluant le Kirghizstan et le Tadjikistan », peut-on lire dans ce commentaire.

« L'Occident ne devrait pas se taire. Ce qui se passe devant ses yeux menace ses intérêts », a affirmé M. Baramidze, ajoutant qu'il était urgent d'agir.

Selon M. Baramidze, le bref conflit qui a opposé la Géorgie à la Russie en août 2008, lors duquel son pays a perdu sa souveraineté sur deux régions (l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud), fait partie de cette même stratégie.  La Russie souhaite créer une « Union soviétique moderne » depuis longtemps, avant même le conflit d'août 2008, a-t-il argué.

« La Russie a toujours voulu punir la Géorgie pour son désir d'indépendance et d'appartenance à l'Occident. Récemment, [le président russe, Dmitri] Medvedev a ouvertement déclaré que ce qu'il avait fait en 2008 avait été crucial pour empêcher la Géorgie et d'autres pays d'entrer à l'OTAN », a-t-il affirmé.

« L'UE et les Etats-Unis ont le pouvoir de faire pression diplomatiquement et politiquement sur la Russie pour qu'elle cesse d'occuper les territoires géorgiens, ce problème nous porte gravement atteinte. Il s'agit de l'évolution générale du pays. Vous pouvez vous imaginer le fardeau que cela représente pour nous : quelque 350 000 personnes déplacées à l'intérieur du territoire et un demi million au total en comptant les réfugiés », a affirmé le Géorgien.

Quant à savoir si les tendances actuelles dans l'UE en faveur d'une Union à deux vitesses joueraient en faveur de son pays, il a admis que des relations du type de celle qu'entretient l'Europe avec la Suisse ou la Norvège pourraient être envisagées, sans que cela ne porte préjudice aux ambitions à long terme d'adhésion à l'UE.

« L'adhésion à l'UE n'est pas un objectif immédiat pour nous, mais cela reste notre objectif », a-t-il expliqué.

Pour lire cet entretien dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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