Dans une communication publiée mercredi 3 juin, la Commission a présenté un plan prévoyant de consacrer 19 milliards d’euros issus du Fonds social européen (FSE) pour « protéger l’emploi et en créer de nouveaux », a expliqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. 

Ces fonds issus du FSE seront versés de manière anticipée aux Etats membres sans qu’ils aient à fournir un cofinancement pour la période 2009-2010. Ils sont destinés à « aider les citoyens à garder leur emploi ou à en trouver un autre. »

Autre volet de la proposition, la réaffectation de 100 millions d’euros prélevés sur le budget communautaire pour la création d’un nouveau mécanisme européen de micro-crédit destiné aux créateurs de PME. Avec les fonds fournis par les institutions européennes de financement (BEI et BERD), l’enveloppe totale s’élève à 500 millions d’euros (EurActiv.fr 04/05/2009).

Aider les jeunes travailleurs

Pour tenter de répondre aux problèmes des jeunes, l’Exécutif européen souhaite que cinq millions de postes d’apprentis soient créés dans toute l’Union.

En matière d’aide aux jeunes chômeurs, la Commission réclame qu’un soutien leur soit apporté pendant une durée déterminée par leur tranche d’âge. Un mois pour les moins de 20 ans, deux mois pour les 20-25 ans, trois mois pour les plus de 25 ans. Ce programme intitulé « Nouveau départ » sera financé en partie par le FSE.

Mais la mesure la plus accessible aux citoyens européens est sans doute le « Match and Map », via EURES, le portail pour l’emploi lancé en 2003. Cette nouvelle application devrait permettre aux chercheurs d’emploi de faire coïncider leurs compétences avec les offres d’emploi disponibles en Europe. Elle devrait être opérationnelle fin 2009, selon la Direction générale Emploi et Affaires sociales.

CALENDRIER :

  • Lundi 8 juin : Présentation de la proposition au Conseil Emploi et Affaires sociales.
  • 18 et 19 juin : Conseil européen à Luxembourg

POSITIONS :

Le responsable Europe de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Thierry Dedieu, a exprimé à EurActiv.fr son regret que cette proposition "ne soit pas à la hauteur des besoins." Il s’agit pour lui d’un ensemble "chimérique" en raison du manque du caractère national des plans de relance.

"La proposition est trop tardive, précise-t-il, et le droit d’initiative de la Commission aurait du se manifester plus tôt. » A la nécessité de mener des « politiques de grands travaux » à l’échelle européenne, il ajoute la crainte que l’Europe ne retourne au «business as usual" après les mesures prises en terme notamment de régulation financière, "comme s’il ne s’était rien passé".

La Confédération européenne des syndicats (CES) estime dans un communiqué que la proposition "peine à convaincre". Pour faire face aux difficultés de 25 millions de chômeurs attendus, il faut un plan « plus vaste". Au cours des trois années à venir, l’Europe doit investir chaque année 1% de son PIB dans «l’écologisation de l’économie », et mettre en place des « politiques de protection du marché de l’emploi ».

Pour John Monks, Secrétaire général de la CES,  une réduction des coûts non-salariaux accordée aux entreprises ne résoudra pas le déficit de la demande. « Au contraire, elle stimulera les stratégies compétitives de réduction des coûts tout en minant la base de revenus des systèmes de sécurité sociale dont nous avons tellement besoin en ces temps de crise ».