Entre la directive services dont la transposition doit être faite d'ici le 29 décembre 2009, et les règles du paquet Monti-Kroes, le droit applicable aux services sociaux d'intérêt général reste incertain. Une situation préoccupante pour les collectivités locales.

Documents officiels
Commission européenne
communication sur les SSIGCommission européenne
les services sociaux d'intérêt généralCommission européenne
Protection sociale et inclusion sociale, les services sociaux d'intérêt généralCommission européenne
directive sur les services dans le Marché itnérieurParlement européen
résolution du 14.3.07 sur les SSIG dans l'UECommission européenne
communication "Les services d'intérêt général, y compris les services sociaux d'intérêt général"Autre
Mandat donné à la CIG sur les SSIGAssemblée nationale
résolution sur les services sociaux d'intérêts générauxCommission européenne
Loi de transposition des Etats membres de la directive services
Positions
Autre
Collectif SSIG
Revue de presse
Euros du village
le Parlement européen sur le « qui-vive » 8/04/2006
Plus qu’un mois pour transposer la directive « services ». Et pourtant, le flou demeure dans le secteur des services sociaux d’intérêt général (SSIG). Pour être exclu du champ de la directive «services», ces SSIG doivent viser les «personnes se trouvant de manière permanente ou temporaire dans une situation de besoin». Ils doivent être «assurés par l’Etat, par des prestataires mandatés par l’Etat ou par des associations caritatives reconnues comme telles par l’Etat», précise la directive.
Des conditions très difficiles à remplir aujourd’hui, souligne Bercy dans une note adressée à l’Association des maires de France (AMF). «Le champ de l’exclusion est limité selon un clivage qui ne correspond pas à la conception française des services sociaux», peut-on y lire.
La France, contrairement à d’autres pays comme la Belgique, transpose la directive en plusieurs morceaux, provoquant ainsi une différence de traitement entre les secteurs sociaux. «Le secteur du logement social a été clairement exclu des débats», explique le représentant auprès de l’UE de l’Union sociale pour l’habitat, Laurent Ghékière. «Mais ce n’est pas le cas pour d’autres services comme celui de la petite enfance ou de la formation professionnelle, autour desquels il existe un vif débat», poursuit-il.
Situation complexe
«Une mauvaise transposition reviendrait à soumettre certains services à la loi du marché», estime l’eurodéputée (PS - S&D) Bernadette Vergnaud. Elle craint notamment que «des milliers d’emplois» qui dépendent de ces services soient remis en cause.
Cette difficulté s’ajoute à une situation déjà complexe, puisque depuis trois ans et l’entrée en vigueur des règles du paquet Monti-Kroes, les SSIG ont désormais besoin d’être «mandatés» par les collectivités pour que les sommes qu’elles perçoivent ne soient pas considérées comme des aides publiques illégales. Un mandat dont ils ont également besoin pour être exclus de la directive services.
Or, la définition du «mandatement» dans les textes européens est très éloignée de sa conception française. D’où une insécurité juridique forte à laquelle sont confrontées 37 000 collectivités qui recourent à 60 000 opérateurs de services locaux.
Pour résoudre ces deux problèmes, le gouvernement présentera, le 17 décembre, une convention de partenariat d’intérêt général. Les modalités de ce nouvel outil sont encore en discussion entre Matignon et les associations. Il permettra de rendre «eurocompatibles» les fonds donnés aux associations pour assurer des services sociaux. «L’objectif de cette convention sera double [pour les SSIG], explique Laurent Ghékière: respecter les règles du paquet Monti-Kroes et être exclus de la directive services.»
Un rapport d’initiative sur le point d’être attribué
Au-delà de l’effort de transposition, la question continue d’agiter les esprits à Bruxelles. La Commission européenne a prévu de rendre, en décembre, un rapport d’évaluation du paquet Monti-Kroes, à partir des 27 rapports que les Etats membres ont établi à ce sujet. EurActiv.fr avait dévoilé le rapport de la France en mars 2009 (EurActiv.fr, 19/03/2009).
Mais en raison de l’entrée en fonction tardive de la nouvelle Commission, Bruxelles ne devrait publier son rapport qu’au premier trimestre 2010. L’occasion, pour la Commission européenne, de préciser si elle choisit de maintenir les règles actuelles ou de les assouplir.
De leur côté, certains députés du Parlement européen tentent de constituer un intergroupe pour travailler sur ces questions. «Le but est de mettre la pression sur la Commission européenne pour que José Manuel Barroso tienne sa promesse de proposer une directive sur les services publics», explique Françoise Castex (PS - S&D).
La députée européenne estime qu’une directive-cadre sur le sujet doit acter la définition des services non-économiques et des secteurs exemptés des lois de la concurrence. «Même si les secteurs ne sont pas les mêmes dans tous les pays, on peut arrêter le principe de secteurs non marchands et non économiques, et les sortir du champ de la concurrence», poursuit-elle.
En outre, un rapport d’initiative sur les services sociaux d’intérêt général sera confié, jeudi 26 novembre, à un député de la commission Emploi et Affaires sociales, présidée par l’eurodéputée française (PS - S&D) Pervenche Berès.
Le débat sur la nécessité d’une directive cadre sur les services publics, devrait être relancé en février 2011, date à laquelle la Commission européenne a prévu une évaluation des transpositions de la directive services. La Commission Barroso I a toujours refusé de proposer un tel texte.
CALENDRIER
- 26 novembre : Attribution d’un rapport d’initiative sur les SSIG en commission EMPL du Parlement européen
- 17 décembre : Présentation, par le gouvernement français, de la convention de partenariat d’intérêt général, à l’occasion de la Conférence nationale de la vie associative.
- Février 2010 : Entrée en vigueur de la nouvelle Commission européenne.
- Premier trimestre 2010 : Rapport d’évaluation du paquet Monti-Kroes par la Commission européenne.
- Février 2011 : Rapport d’évaluation des transpositions de la directive services par la Commission européenne.
CONTEXTE:
A la suite d’un arrêt de la Cour de justice des communautés européennes (CJCE) rendu en 2003, la Commission européenne a adopté, en 2005, trois textes formant le «paquet Monti Kroes». Cette série de textes analyse les financements versés par les pouvoirs publics en compensation des charges de service d’intérêt économique général et établit de nouvelles règles en la matière.
Un certain nombre de services, dont les services sociaux d’intérêt général, sont en effet exclus de la directive services, votée en 2006 par l’Union européenne. Ils comprennent notamment le secteur social et médicosocial, les services d’aide à la personnes, l’accompagnement et l’accueil des publics fragiles, l’insertion par l’activité économique, le logement social...




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