Flexicurité : la solution à l'emploi en Europe ? [FR]

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Le modèle nordique de flexicurité, qui associe des règles facilitées de recrutement et de licenciement à des allocations importantes pour les chômeurs, ainsi qu'à une politique proactive concernant le marché du travail, a été approuvé par les dirigeants européens et la Commission, comme manière de résoudre le problème de l'emploi dans l'Union. Cependant, en raison de la diversité des situations au niveau national, il ne peut y avoir qu'une seule approche de la flexicurité en Europe. 

Onglets horizontaux

Vue d'ensemble

Les marchés européens du travail sont généralement perçus comme étant trop rigides. Assouplir davantage les règles relatives à ces marchés tout en assurant un bon niveau de protection est l’un des principaux défis de la stratégie européenne pour la réforme économique, sociale et environnementale (Agenda de Lisbonne).

Dans un rapport publié pour la Commission européenne, André Sapir du think tank Bruegel, a classé les modèles sociaux européens en quatre catégories :

  • Le modèle méditerranéen (Italie, Grèce, Espagne) : les dépenses sociales sont concentrées sur les retraites des personnes âgées et la protection de l’emploi ainsi que les régimes de retraites anticipées – inefficace à la fois au niveau de la création d’emplois et de la lutte contre la pauvreté.
  • Le modèle continental (Allemagne, France, Luxembourg) : système basé sur les cotisations, allocations chômage, retraites pour les personnes âgées et haut degré de protection de l’emploi – efficace pour la lutte contre la pauvreté mais inefficace pour la création d’emploi.
  • Le modèle anglo-saxon (Irlande, Royaume-Uni, Portugal) : de nombreux emplois faiblement rémunérés, paiements liés à un emploi régulier, mesures d’activation et faible degré de sécurité de l’emploi – relativement efficace pour la création d’emplois mais inefficace pour la lutte contre la pauvreté.
  • Le modèle nordique (Danemark, Finlande, Suède et les Pays-Bas et l’Autriche) : importantes dépenses concernant la sécurité sociale et taxes élevées, faible protection de l’emploi mais très bonnes conditions de travail – efficace pour la création d’emplois et la lutte contre la pauvreté.

Niveaux d’emploi et probabilité d’échapper à la pauvreté dans les systèmes sociaux européens :

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FRA=France ; GER=Allemagne ; DEN=Danemark ; EU=moyenne UE ; Cont=moyenne des systèmes continentaux (BE, DE, FR, LU) ; Nord=moyenne des systèmes nordiques (AU, DK, FI, NL, SV) ; Med=moyenne des systèmes méditerranéens (HE, IT, ES) ; Anglo=moyenne des systèmes anglo-saxons (IR, PT, UK) 

Source : André Sapir / BRUEGEL ; édité par EurActiv 

Le secret du succès des modèles nordiques s’est avéré être l’approche de « flexicurité » mise en œuvre au Danemark au début des années 1990, ainsi que dans d’autres pays nordiques, les Pays-Bas et l’Autriche, avec quelques différences. Cette approche est basée sur le dialogue social entre les organisations patronales et les syndicats. A l’origine, elle avait été encouragée par des sociaux-démocrates comme Poul Nyrup Rasmussen, Premier ministre danois entre 1992 et 2001.

Le concept repose sur l’hypothèse que la flexicurité et la sécurité ne sont pas contradictoires, mais complémentaires, voire connexes. Elles associent un faible niveau de protection pour les travailleurs avec des licenciements accompagnés d’importantes allocations chômage et une politique de marché du travail basée sur l’obligation et le droit du demandeur d’emploi à recevoir une formation. Le concept de stabilité de l’emploi est remplacé par celui de sécurité de l’emploi.

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