L'UE veut plus de femmes à des postes clés, mais pas de quotas

-A +A

Les ministres européens en charge de l'emploi et des affaires sociales ont approuvé hier (7 mars) un nouveau pacte pour l'égalité des sexes voué à accroître la présence des femmes dans les organes de prise de décision, mais n'a pas voulu imposer des quotas à l'échelle de l'UE.

Le Conseil « emploi et politique sociale » a exigé une action à l’échelle nationale d’ici 2020 pour « promouvoir une participation égale des hommes et des femmes dans le processus de décision à tous les niveaux et dans tous les domaines », selon le document adopté par les ministres.

Ce nouvel appel survient alors que les femmes du monde entier célèbrent aujourd’hui (8 mars) la centième journée internationale de la femme.

Cependant, les disparités entre les hommes et les femmes subsistent encore largement en Europe. Eurostat, le Bureau de statistique de l’UE, estime que les femmes de l’UE ont en moyenne un salaire inférieur de 20 % par rapport à celui des hommes pour le même poste.

Le chômage touche plus les femmes que les hommes. Les femmes sont également moins présentes aux postes à responsabilité dans les sphères politiques et économiques.

Seulement trois dirigeantes de gouvernements nationaux sont des femmes dans l’UE, Angela Merkel (Allemagne), Mari Kiviniemi (Finlande) et Iveta Radičová (Slovaquie).

Moins d’un quart des membres des parlements nationaux de l’UE sont des femmes, avec des pourcentages inférieurs à 10 % dans des pays comme Malte ou la Hongrie, qui détient actuellement la présidence tournante de l’Union.

Les femmes se font également plutôt rares aux postes clés dans le secteur privé. Seuls 3 % des présidents de conseils d'administration sont des femmes, selon les chiffres de la Commission européenne.

Pour combler ce fossé, la commissaire européenne en charge des droits fondamentaux, Viviane Reding, a proposé en juillet d'introduire des quotas au niveau de l'UE pour accroître la présence des femmes dans les organes de prise de décision.

Sa proposition n'a pas été approuvée par les ministres de l'UE. « Nous n'avons pas abordé ce sujet », a admis le ministre italien chargé de l'emploi, Maurizio Sacconi, lors d'une conférence après la réunion du Conseil. Le Pacte européen pour l'égalité entre les hommes et les femmes ne fait pas mention de quotas non plus.

Néanmoins, de nombreux pays avancent dans cette direction. Des mesures visant à accroître la présence des femmes aux conseils d'administration des entreprises privées ou publiques sont déjà en place ou le seront bientôt en Espagne, en Italie, en France, en Allemagne, en Belgique et en Autriche, selon un fonctionnaire de la Commission.

Conforme à elle-même, la commissaire Reding a lancé en mars une initiative vouée à pousser les entreprises à augmenter volontairement la part de femmes dans leurs conseils d'administration. L'objectif est ambitieux et consisterait à accroître la présence des femmes dans les conseils d'administration à 30 % d'ici 2015 et à 40 % pour 2020, sachant que le pourcentage actuel est de 12 %.

« Je veux donner une dernière chance à l'autorégulation. Si cela arrive d'ici mars 2012, je féliciterai le monde européen de l'entreprise. Si ce n'est pas le cas, vous pouvez compter sur la créativité de régulatrice », a-t-elle déclaré.

Réactions: 

Prochaines étapes: 

Liens externes: 
Publicité