Ajuster les compétences des travailleurs à la demande des employeurs est un point considéré comme essentiel pour accroître le taux d'emploi, restaurer la croissance et combler le manque préocuppant de main d'oeuvre dans des secteurs comme la santé, la science et l'économie verte.

Overview

L'Europe est face à un manque criant de travailleurs hautement formés et qualifiés dans les domaines des sciences, de la technologie et de l'ingénierie, ce qui menace d'entraver la future compétitivité économique de l'UE.

La Commission européenne a identifié des « emplois verts » dans des domaines liés aux technologies propres et économes en énergie, ainsi que des « emplois blancs » dans les domaines de la santé et de l'aide sociale, comme les sources les plus prometteuses d'emploi à l'avenir. 

La stratégie « Europe 2020 », approuvée par les dirigeants de l'UE en 2010, comprend un objectif qui stipule une augmentation du taux d'emploi dans les Etats membres de son niveau actuel à 69-75 % d'ici 2020.

Atteindre cet objectif, qui s'applique aux hommes et aux femmes âgés de 20 à 64 ans, impliquera de réduire le nombre de personnes au chômage dans l'UE de 23 millions (9,5 % de la main-d'oeuvre) au début de 2011, à moins de 12 millions (5 % de la main-d'œuvre) en 2020.

« Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » est le nom d'un projet qui définit 13 actions que la Commission devra mettre en place pour soutenir les efforts des Etats membres pour réduire le chômage.

Ce projet a principalement pour but d'aider les Etats membres à fournir à la population, y compris aux personnes au chômage, des formations et des compétences dont ils ont besoin pour améliorer leurs chances de trouver un emploi dans des secteurs qui devraient être en pleine croissance dans les années à venir.

Cette stratégie fait partie des sept « initiatives phares » de la Commission européenne dans le cadre de la stratégie « Europe 2020 » qui a pour objectif global de promouvoir une croissance intelligente, durable et inclusive.

Une des autres initiatives phares est intitulée « Jeunesse en mouvement ». Elle vise des mesures vouées à aider les jeunes à entrer sur le marché du travail en améliorant l'accès à l'éducation et à la formation, ainsi que l'information sur les opportunités d'emploi au sein de l'UE.

Dans la mesure où elle visent toutes les deux une réduction du chômage, « Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » et « Jeunesse en mouvement » devraient se compléter et certaines des actions proposées, comme le « passeport européen des compétences », font partie des deux initiatives.

Issues

Services, TIC et économie verte

Le Centre européen pour le développement de la formation professionnelle (Cedefop) a prévu que parmi les plus importantes sources de nouveaux emplois dans les années à venir, on pourra compter les services aux entreprises, les soins de santé et le travail social, la distribution, les services aux personnes, les hôtels et la restauration.

Les représentants officiels de l’UE anticipent que les prochaines années pourraient voir de sérieux manques de travailleurs qualifiés dans certains secteurs comme les technologies de la communication (TIC), les soins de santé et les services sociaux, les dits les travailleurs « en blanc ».

L’Europe est face à un manque aigu de travailleurs formés et qualifiés dans les domaines de la science, de la technologie et de l’ingénierie, ce qui menace de réduire la compétitivité économique future de l’UE. La Commission prévoit que le secteur des TIC constatera un manque significatif de travailleurs qualifiés dans les cinq prochaines années, avec peut-être 700 000 postes vacants.

Les TIC sont perçus comme un domaine dans lequel l’Europe a besoin d’investir en s’assurant que sa main d’œuvre possède les compétences et la connaissance nécessaires pour concurrencer les économies émergentes telles que la Chine, l’Inde et la Corée.

La Commission européenne prévoit que la transition vers une économie à faible intensité en carbone aura un impact significatif sur l’emploi, menant à la création de nouveaux emplois dans le domaine de l’énergie, de l’eau, du traitement des déchets, de la construction, du transport, de l’industrie, de l’agriculture et des forêts.

Les ONG environnementales encouragent l’UE à promouvoir la création d’ « emplois verts » en encourageant les investissements dans les sources d’énergie renouvelable et les technologies économes en énergie, comme dans le secteur du transport et de la construction.

La feuille de route de la Commission pour évoluer vers une économie à faible intensité en carbone, publiée en mars 2011, prévoit un possible gain net allant jusqu’à 1,5 millions d’emplois d’ici 2020.

Un autre moyen d’augmenter le taux d’emploi est d’encourager la création de nouvelles entreprises, ce que les études ont identifié comme la plus importante source de nouveaux emplois.

L’UE dispose d'un certain nombre d’initiatives pour encourager l’entreprenariat et soutenir les PME, notamment au travers du Small Business Act.

Education et formation : une responsabilité nationale

Un des obstacles majeurs à toute politique européenne sur les compétences est la portée limitée de l’action de l’UE.

Le Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) établit clairement que l’UE doit pleinement respecter « la responsabilité des États membres pour le contenu de l'enseignement et l'organisation du système éducatif » (article 165). La Commission européenne est autorisée à encourager « la coopération entre les Etats membres » et à « appuyer et compléter leur action », mais seulement « si nécessaire ».

Certains Etats membres sont particulièrement sensibles à tout sentiment d’interférence dans leurs systèmes d’éducation. Par exemple, la Grande-Bretagne a décidé de ne pas participer à la mise en place d’objectifs nationaux en matière d’éducation pour les jeunes, même si le gouvernement a signé pour ces objectifs dans la stratégie « Europe 2020 ». L’Allemagne et l’Autriche ont également longtemps résisté  à fixer des objectifs éducatifs venant de l’UE mais se sont finalement engagés après édulcoration de ces derniers.

Concernant la formation, il a été demandé à la Commission de « soutenir et de compléter l’action des Etats membres », par exemple en stimulant la coopération entre les établissements et les organisations qui offrent des formations, ou en développant des échanges d’informations et d’expériences (article 166 TFEU).

Cependant, le Traité établit clairement que l’UE doit pleinement respecter « la responsabilité des États membres pour le contenu et l'organisation de la formation professionnelle ». Dans le même temps, le texte interdit de manière explicite « toute harmonisation des dispositions législatives et réglementaires des États membres ».

Une initiative pour des nouvelles compétences et des emplois

L’initiative pour des compétences nouvelles et des emplois, présentée par la Commission européenne en novembre 2010, encourage les Etats membres à accroître leurs efforts pour aider les travailleurs à acquérir les compétences nécessaires pour correspondre aux emplois qui seront créés dans les secteurs en croissance dans les années à venir.

« Nous devons fournir aux gens les compétences adaptées aux emplois qui sont actuellement sur le marché et qui le seront dans le futur », a déclaré László Andor, commissaire européen responsable de l’emploi, la politique sociale et l'intégration. « Nous savons qu’actuellement, si certains employeurs ont des difficultés à pourvoir des postes, c’est parce qu’ils ne trouvent pas les personnes possédant les compétences nécessaires ».

L’ « Initiative pour des compétences nouvelles et des emplois », est basée sur quatre priorités principales :

1. Réforme du marché du travail

Les Etats membres sont encouragés à réformer leur marché du travail pour permettre davantage de flexibilité, faciliter le changement d’emploi pour les travailleurs et rendre plus attractif pour les employeurs d’accroître leur main-d'œuvre pendant les périodes de croissance.

Le concept de « flexicurité » est perçu comme une manière de combiner un marché du travail flexible avec des mesures qui apportent plus de sécurité aux travailleurs individuels, par exemple en leur donnant accès à un revenu de remplacement et des opportunités de formation pour les aider à gérer les changements de carrière.

Alors que les organisations d’employeurs sont généralement favorables aux suggestions concernant la flexicurité de la Commission, les syndicats européens ont fait connaître leur opposition à certains des changements proposés, craignant que ceux-ci ne mènent à un affaiblissement des niveaux de protection sociale.

La Commission demande également aux Etats membres et aux partenaires sociaux d’envisager des mesures qui permettraient aux entreprises de s’adapter aux périodes de faible demande en réduisant leurs activités et en réduisant leurs coûts de main-d’œuvre, tout en évitant les pertes d’emplois massives.

  • Actions : la Commission a annoncé qu’elle organiserait une conférence avec les principales parties prenantes sur la « flexicurité » et qu'elle publierait ensuite une communication en 2012 ; présenter des propositions sur la mise en place de stratégies de formation à long terme et un projet d’action renouvelé pour la formation des adultes ; et promouvoir le dialogue avec les partenaires sociaux en organisant un Forum social tripartite chaque année, en amont du Conseil européen du printemps, avec des représentants des organisations d’employeurs et des syndicats.

2. Accroître les niveaux de compétences

Une main-d'œuvre mieux formée avec davantage de compétences est considérée comme essentielle pour la compétitivité économique. La stratégie « Europe 2020 » comprend des objectifs voués à augmenter la proportion de jeunes obtenant un diplôme de niveau secondaire (à 90 %) et à accroître la participation à des formations supplémentaires et de plus haut niveau (à au moins 40 % des jeunes adultes).

Selon la Commission, des millions de nouveaux emplois pourraient être créés dans les secteurs de haute technologie (dont les TIC, les biotechnologies et les technologies vertes) qui nécessitent des travailleurs hautement qualifiés et très compétents. Les Etats membres devraient donc être encouragés à assurer un investissement adapté dans l’apprentissage des mathématiques, de la science et de la technologie.

En 2007, un groupe d’experts à la Commission européenne a recommandé une révision de l’apprentissage des sciences dans les écoles européennes pour exploiter pleinement le potentiel et inspirer les futures générations d’étudiants en science.

  • Actions : la Commission a annoncé qu’elle allait développer un portail en ligne présentant les informations et les prévisions relatives au marché du travail dans chaque Etat membre (intitulé « Panorama européen des compétences ») ; compiler des listes des compétences et des qualifications nécessaires pour des milliers d’emplois différents (le système de classification ESCO) ; envisager des propositions pour assurer le respect du principe de libre circulation des travailleurs dans tous les Etats membres.

3. Meilleure qualité d’emplois

L’exécutif de l’UE insiste sur le fait qu’augmenter le nombre d’emplois ne devrait pas impliquer la création de plus d’emplois avec de mauvaises conditions de travail.

L’idée est que des travailleurs bien formés avec de bonnes conditions de travail mèneront à une productivité accrue et à des niveaux plus élevés de participation dans le marché du travail.

  • Actions : la Commission a promis de revoir la directive européenne sur le temps de travail (adoptée en 2003), qui fixe les règles relatives aux horaires de travail, aux périodes de pause et de vacances ; réviser la législation européenne concernant les obligations des employeurs à informer et à consulter leurs employés, ainsi que les directives sur le temps partiel et les contrats à durée déterminée; évaluer la stratégie européenne en matière de santé et de sécurité au travail (2007-2012); et procéder à une révision globale de la législation sur la santé et la sécurité en partenariat avec les Etats membres, les organisations d'employeurs et les syndicats.

4. Créer plus d’emplois

Augmenter la réserve de travailleurs qualifiés ne mènera pas automatiquement à des niveaux plus élevés d’emploi. C’est pourquoi la Commission souligne la nécessité de politiques vouées à promouvoir la création d’emplois.

Par exemple, les entreprises pourraient se voir offrir des incitations financières ou des subventions s’ils créent des opportunités d’emplois pour les travailleurs qui ont été au chômage pendant longtemps.

Promouvoir l’entreprenariat et l’emploi indépendant est perçu comme un autre moyen pour les Etats membres d’accroître les taux d’emploi.

  • Actions : la Commission développera des principes directeurs pour aider les Etats membres à créer les conditions pour la croissance de l’emploi. Cela devrait comprendre : supprimer tous les obstacles administratifs et juridiques ; réduire les coûts non salariaux et faire passer les travailleurs en emplois non déclarés aux emplois déclarés.

Soutien financier

Pour soutenir ces initiatives, la Commission européenne affirme que le Fonds social européen (FSE) ainsi que d’autres fonds peuvent soutenir la promotion de l’entreprenariat, les start-ups et l’emploi. Ils peuvent également être utilisés pour fournir une aide ciblée aux groupes désavantagés en termes d’éducation, de formation et de conseils.

Dans la période actuelle (2007-2013), la somme d’argent totale qui est dépensé pour des projets au travers du Fonds social européen (FES) se situe autour de 17 milliards d’euros par an en moyenne, dont 10,9 milliards du budget européen, 5,4 milliards des gouvernements nationaux, régionaux et locaux, et 550 millions de sources du secteur privé.

Les programmes FSE peuvent soutenir : la réforme de l’éducation et des systèmes de formation, le développement des qualifications et des compétences, la conception de politiques telles que des mesuresvisant à dynamiser le marché de l'emploi, le renforcement de la capacité administrative et des services d’emploi publics ; les mesures pour réconcilier travail et vie professionnelle et les actions pour combattre la ségrégation basée sur le sexe sur le marché du travail.

Dans le même temps, le Fonds européen de développement régional (FEDER) peut être utilisé pour soutenir l’infrastructure éducative. Dans le cadre du FEDER également, l’Action commune pour soutenir les institutions de micro-finances en Europe (JASMINE) et l’instrument européen de microfinancement Progress récemment créé peut aider les particuliers à établir leur propre entreprise pour devenir indépendants.

Le Fonds européen pour l’intégration des citoyens de pays tiers peut être utilisé avec le FES pour accroître la participation des immigrés à l’emploi.

Positions

BusinessEurope, qui représente les employeurs du secteur privé, a publié une réponse aux propositions de la Commission présentées dans « Une stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois ».

Selon l'organisation, « un environnement post-crise caractérisé par l'austérité signifie que, plus que jamais, la capacité du secteur privé de créer de l'emploi sera la clé pour assurer la future prospérité de l'Europe et augmenter les conditions de vie. Cela nécessite la misse en place de réformes structurelles du marché de l'emploi et des systèmes sociaux. La majorité de ces réformes devront avoir lieu au niveau national ».

« La Commission européenne devrait promouvoir une attitude positive pour changer et exercer une pression sur les Etats membres pour qu'ils se concentrent sur la croissance et l'emploi, ce qui n'est pas suffisamment le cas dans la Stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois. Il n'y a pas de réelle innovation et cela manque d'une notion d'urgence plus que nécessaire. En outre, elle ne présente pas l'image cohérente d'une stratégie vouée à promouvoir la croissance et l'emploi et contient même certaines initiatives qui entraveraient ces objectifs », a déclaré l'organisation.

« La révision législative globale d'une série de directives est non seulement inopportune, en fonction des éléments spécifiques de la législation, mais elle est également inutile voire indésirable. D'autres initiatives ou instruments, par exemple dans le domaine des aptitudes et des compétences, sont peut-être louables, mais semblent déconnectés de la magnitude des défis auxquels l'Europe doit faire face. Surtout, la priorité doit être d'utiliser les instruments et les outils existants de l'UE et d'éliminer les obstacles au niveau national », a conclu BusinessEurope.

Eurochambres, l'association qui représente les chambres de commerce de l'UE, a dit à EurActiv qu'elle était déçue de la « Stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » de la Commission qui, selon elle, « ne s'attaque pas aux origines du chômage et risque, dans certains domaines, d’exacerber le problème ».

Eurochambres estime que les « lois inflexibles sur l'emploi » représentent une cause importante du chômage dans l'UE. L'association regrette également ce qu'elle appelle « la position continuellement négative de la Commission sur le travail atypique : le travail temporaire, le freelance, les contrats à court terme, etc. ».

Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'Eurochambres, a déclaré : « Ce que la Commission qualifie toujours d'atypique devient de plus en plus typique. L'Europe a besoin de types d'emploi et de contrats diversifiés si nous voulons augmenter le taux de participation au marché du travail, l'activité entrepreneuriale et la croissance ».

L'UEAPME, l'Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises, a réagi aux propositions de la Commission avec ce qu'elle a qualifié de « sentiments mitigés ».

Liliane Volozinskis, la directrice de l'UEAPME pour les affaires sociales et la politique de l'emploi, à déclaré à EurActiv : « Ce qui est positif, c'est que la Commission européenne a insisté sur la nécessité de renforcer les éléments de flexicurité et leur mise en application, ce qui est d'autant plus nécessaire en ces temps difficiles. Elle a également reconnu pour la première fois qu'il était important d'accorder de l'attention aux besoins des PME en matière de réglementation de l'emploi ».

« Toutefois, la Commission, a formulé l'idée d'un contrat à durée indéterminée avec une longue période d'essai et un accroissement progressif des droits, sans réelle vision de comment cela pourrait se mettre en place. En tant qu'employeurs, nous ne pouvons pas accepter de tels contrats s'ils ont pour but de remplacer des accords contractuels temporaires ou flexibles », a expliqué Mme Volozinskis.

« La Commission relance également le débat inutile sur la qualité du travail qui est déjà pleinement intégré dans le programme de flexicurité. Ce qui nous inquiète aussi concerne l'augmentation substantielle possible des législations sur la santé et la sécurité, qui sont déjà hautement réglementés au niveau de l'UE », a-t-elle ajouté.

Eurociett (la Confédération européenne des agences de placement privées) a salué l'accent qu'a placé la Commission sur la promotion des réformes du marché du travail dans sa « Stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois ».

Denis Pennel, administrateur exécutif d'Eurociett, a déclaré à EurActiv : « Les marchés du travail favorisant l'intégration doivent faire l'équilibre entre la sécurité du travail et la flexibilité du marché du travail qui contribuera à la création d'emplois et à la participation au marché du travail. Le secteur de l'intérim offre un excellent modèle pour ces deux principes en faisant travailler les gens tout en renforçant leurs capacités à s'adapter aux transitions sur le marché du travail ».

Selon M. Pennel : « La nouvelle réalité des marchés du travail a besoin d'une diversité des accords contractuels qui apporte aussi une sécurité adéquate de l'emploi. Pour ce faire, les partenaires sociaux et les conventions collectives peuvent jouer un rôle important en assurant la transférabilité des droits et des avantages sociaux ».

« Si l'Europe veut atteindre ses objectifs d'emploi pour 2020, les Etats membres doivent renforcer la coopération entre les services d'emploi publics et privés et également lever toutes les restrictions injustifiées sur les agences intérims qui empêche le secteur d'aider les gens à retrouver du travail. Renforcer les moteurs de la création d'emploi, comme le secteur des agences intérimaires, devrait être la principale priorité de la relance économique ».

La Confédération européenne des syndicats (CES) a largement soutenu les propositions de la Commission, mais a affirmé que la « Stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » devait être placée au sein d'une nouvelle stratégie pour l'emploi et d'un nouveau marché du travail qui observe et respecte les normes du travail et les droits sociaux.

La CES a ajouté : « La capacité de l’Europe à jouer un rôle actif dans l’économie mondiale dépend de la mise à jour des compétences des travailleurs, mais dans le contexte d’un marché de l’emploi inclusif. Pour que les marchés de l’emploi fonctionnent correctement, il faut une réglementation appropriée en termes de cadres uniformes, de méthodes transparentes et d’organes d’accréditation chargés de la certification des compétences ».

La confédération a ajouté : « L’objectif européen d’apprentissage tout au long de la vie, affirmé de longue date, contraste fortement avec la situation sur le terrain : l’accès pour tous à la formation scolaire et professionnelle continue doit être amélioré de façon notable ».

L'Institut syndical européen (ISE) a publié une note sur la stratégie « de nouvelles compétences et de nouveaux emplois », rédigée par Jacky Fayolle. Il a écrit que les sociétés européennes devaient trouver un équilibre entre deux objectifs parallèles : d'abord, renforcer les compétences de toute la population qui travaille; et ensuite, investir dans l'éducation et les formations de haut niveau pour les individus les plus doués.

Il a expliqué : « Le monde salarié est aujourd’hui travaillé par des forces de dispersion et de parcellisation. C’est un défi de cohésion essentiel, qui n’est pas seulement d’ordre social. Il conditionne aussi l’efficacité et la soutenabilité du développement économique, qui ne peut être assis durablement sur une élite trop restreinte, captant à l’excès les bénéfices d’une croissance inégalitaire ».

Le Forum européen de la jeunesse a salué la « Stratégie pour des compétences nouvelles et des emplois » de la Commission, et en particulier la proposition de réexaminer les principes de flexicurité. Le Forum de la jeunesse s'inquiète de la « précarité » de la situation à laquelle font face les jeunes sur le marché du travail, et il demande des réformes des systèmes de sécurité sociale afin de mieux protéger les jeunes travailleurs qui entrent sur le marché du travail et/ou avec des contrats à court terme.

Le Forum de la jeunesse a demandé l'introduction d'objectifs en relation avec le chômage des jeunes, en parallèle à l'objectif pour les adultes âgés de 20 à 64 ans. Il souhaite que les Etats membres « s'engagent dans les programmes de réforme nationaux pour un objectif et des mesures visant l'emploi spécifique des jeunes pour gérer la qualité de la transition entre l'éducation et l'emploi et promouvoir l'autonomie de la jeunesse ».

Le Forum pense que les jeunes ont beaucoup de potentiel lorsqu'il s'agit de contribuer à une croissance intelligente, durable et inclusive. Il demande un « cadre politique encourageant et rassurant, y compris des conseils, une aide aux revenus, de la sécurité et la réconciliation entre la vie privée et professionnelle ».

Solidar, un réseau européen d'ONG sociales, soutient les efforts de la Commission s'agissant des compétences et des formations. « Solidar partage la vision de la Commission d'emmener les gens vers l'emploi en investissant dans le développement des aptitudes, des compétences et des connaissances », a déclaré à EurActiv le secrétaire générale de l'organisation, Conny Reuter.

Il a ajouté : « Les services et les infrastructures sociales, de santé et d'éducation, qui fournissent des formations professionnelles personnelles, un apprentissage informel et non former, des conseils et des orientations de carrière sont cruciaux pour pousser les gens à participer pleinement à la société ».

« Pour réduire la pauvreté et l'exclusion sociale et pour promouvoir la cohésion sociale, il est essentiel que chacun bénéficie d'un accès égal à une éducation « publique » de qualité, sans distinction nationale ou sociale », a-t-il ajouté.

Selon Solidar, les aptitudes, les compétences et les connaissances acquises via un apprentissage non formel et informel devraient être reconnues par les partenaires sociaux comme une partie de la stratégie pour combler les « écarts » d'éducation et donc contribuer à augmenter les opportunités rencontrées au cours d'une vie.

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