La candidate écologiste a fustigé à son tour l'austérité imposée à ce pays par l'Europe. Elle propose de mutualiser une partie des dettes et d'investir dans les énergies renouvelables.

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C'était l'antienne du Parlement européen la semaine dernière. La candidate écologiste à ajouté sa voix à celle des eurodéputés en fustigeant l'austérité mise en place à marche forcée par l'Europe en Grèce. Selon elle, cette réponse à la crise n'est pas la bonne.
"Ce qui est imposé aujourd'hui est inacceptable", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse lundi 20 février. De retour d'un voyage de trois jours en Grèce, elle a affirmé son soutien à la population. "L'austérité n'est pas une fatalité", a-t-elle déclaré.
Mécanisme de solidarité
Eva Joly s'est ainsi prononcé contre le mécanisme de stabilité (MES), "une caution amère" qui reflète pour elle "une idéologie néolibérale plutôt qu'une idéologie de développement d'un pays". Les députés français debattront du fonds de soutien permanent aux pays de la zone euro en difficulté adopté par l'UE, mardi 21 février.
Face à une "crise sociale et écologique" en Grèce, Eva Joly souhaite instaurer ce qu'elle appelle un mécanisme de solidarité. Elle prône notamment la mutualisation de la part de la dette causée par la crise financière. Ce nouveau "traité d'Athènes" ne viserait pas "à rassurer la finance", mais mettrait les citoyens "au cœur" des décisions. "Le fardeau doit être partagé et ne doit pas écraser un pays", a déclaré la candidate écologiste.
En novembre 2011, la Commission européenne avait analysé différentes pistes permettant de mutualiser la dette des différents pays au niveau européen. Mais l'idée ne trouve pas d'écho unanime dans les Etats. Les pays du Nord, dont l'Allemagne, s'y opposent. Ils craignent les effets néfastes que cela pourrait avoir sur la discipline budgétaire.
Relance écologique
Eva Joly souhaite également relancer l'emploi par des investissements dans la reconversion écologique du pays, qui dépend des ressources fossiles malgré la présence abondante du soleil. Ce "grand plan d'investissement écologique" devrait être financé par la taxation des transactions financières et la lutte contre l'évasion fiscale des plus fortunés vers des pays comme la Suisse.
La candidate veut imposer "une législation qui écrase le secret bancaire". Elle propose également de revoir à la baisse les dépenses militaires de la Grèce. Selon la Banque mondiale, ces dernières se sont élévées à 3,1% du PIB en 2010. La France et l'Allemagne y ont consacré, la même année, respectivement 2,3 et 1,4%.
Merkozy
Par ailleurs, la candidate écologiste s'en est prise violemment à Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qu'elle surnomme, elle-aussi, "Merkozy". Sous leurs ordres, "l'Europe est transformée en menace", a-t-elle affirmé.
Pourtant, "l'Europe ne doit pas être le problème mais la solution", estime-t-elle. Pour Eva Joly, la situation en Grèce est une "sorte de prélude de ce qui pourrait se passer en France". Ce qui arrive aux Grecs "devrait être vu par tous les dirigeants européens, mais aucun n'a fait le déplacement ces derniers temps", a déploré Eva Joly.
Dérive autoritaire
L'écologiste, qui s'est montrée choquée par le "sentiment de désespoir et de révolte profonde" en Grèce, a mis en garde contre une possible montée en puissance des partis extremistes dans le pays. "Les citoyens craignent une dérive autoritaire", a-t-elle rapporté.





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