Le gouvernement français a appuyé le projet de loi visant à interdire l'exploitation de ce gaz. Selon ses détracteurs, ce procédé d'extraction représente un risque pour la qualité de l'eau.
Documents officiels
Assemblée nationale
Proposition de loi interdisant l'extraction du gaz de schiste
« No gazaran ». Le slogan scandé par près de 20 000 manifestants, le 26 février, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche) semble avoir été entendu par le gouvernement.
Une proposition de loi interdisant le forage dans les sols de schiste, afin d’en extraire le gaz du même nom pour le transformer en gaz naturel, a été déposée à l'Assemblée nationale. Selon ses détracteurs, le processus peut entrainer la pollution des nappes phréatiques. Les 390 km2 autour de Villeneuve-de-Berg devaient être exploités fin 2011.
Le député et président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, a défendu son texte, vendredi 8 avril, devant une commission du Développement durable largement convaincue. Les membres de l’opposition socialiste ont en effet proposé un second projet de loi qui va dans le même sens.
Le texte vise également à suspendre les permis d’extraction accordés à Total, GDF Suez et Schuepbach Energy, en mars 2010, par l’ancien ministre de l’Environnement Jean-Louis Borloo.
Face au front commun affiché par les députés, le gouvernement, qui avait depuis le 11 mars déposé un moratoire sur ce sujet, a cédé aux revendications. En pratique il a demandé à ce que la procédure de vote de la loi soit accélérée. Le texte sera donc examiné en une seule lecture à l’Assemblée et au Sénat.
Soulagement chez les scientifiques
A l’annonce de cette suspension des extractions, les chercheurs du pôle hydro-science de l'université de Montpellier se disent rassurés. La région montpelliéraine « et toutes les réserves d’eau proche de la zone d’extraction auraient sérieusement étaient menacées », confie la chercheuse, Françoise Elbaz.
« Il y a toujours un risque technologique. En remontant, la foreuse peut libérer des gaz toxiques comme les radioéléments, naturellement contenus dans la roche", estime-t-elle. "Et les autorités doivent alors couper l’approvisionnement en eau.».
Aucune extraction n’a pour l’instant était pratiquée en France, mais les chercheurs citent l’exemple de la ville de Pittsburgh aux Etats-Unis. A la suite de l’utilisation de produits chimiques pour « fracturer la roche », les eaux de la ville ont atteint un taux de salinité impropre à la consommation, raconte Françoise Elbaz.
Prudence chez les politiques
De son coté le Maire du Villeneuve-de-Berge, Claude Pradal, se félicite de cette proposition de loi. « C’est la victoire de notre mobilisation, les ardéchois étaient déterminés, aucun contrat, si élevé qu’il soit, ne nous aurait fait changer d’avis ».
Bruxelles devrait se prononcer
Si la loi est votée, le débat français sur le gaz de schiste pourrait donc être clos. Mais la discussion se poursuit à l’échelle européenne.
La Commission européenne a indiqué qu'elle présenterait un texte sur le sujet prochainement. En attendant, des experts sont censés évaluer la dangerosité de ces procédés.
Pour certains pays européens, la Pologne en tête, l'extraction de gaz de schiste est vue comme une alternative au gaz russe, qui permettrait au pays de gagner en indépendance énergétique.




Réactions
Anonyme (non vérifié), le 12/04/2011
On n en veux pas ce monsieur devrait s intéresser au solaire ou a la géothermie.
Anonyme (non vérifié), le 12/04/2011
Pour votre info, c'est le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale qui a déposé en premier un texte visant à interdire l'exploration et l'exploitation des gaz et huile de schiste ainsi que les forages en eaux profondes.
Les sénateurs socialistes ont repris à peu de chose près le texte des députés socialistes avec leur accord.
Le député UMP C. Jacob a ensuite déposé une PPL suivi par JL Borloo.
Il s'agit de rendre à César ce qui appartient à César ...
Les députés socialistes se sont toujours prononcés contre l'exploitation de la dernière goutte de pétrole ou dernier m3 de gaz (contrairement à l'UMP qui a déposé à l'automne dernier un amendement à la loi de finances 2011 visant à maintenir l’avantage fiscal accordé aux sociétés de recherche d’hydrocarbures de schistes !) et en faveur des énergies renouvelables. Car il s'agit bien de cela ! La PPL des socialistes s'inscrit dans une démarche en faveur d'une transition énergétique, écologique et sociale ! La démarche de la PPL de la majorité est sans doute plus discutable ...
Anonyme (non vérifié), le 12/04/2011
si on connait un tant soit peu Monsieur Jacob, on peut en douter malheureusement ...
la géothermie ou le solaire ne sont pas vraiment ses priorités !
Anonyme (non vérifié), le 14/04/2011
"TOTAL" est agacé!! on croit rêver!! Il devrait plutôt arrêter de forer sans considération pour notre planète et ces habitants !
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