Le Parlement européen n'a pas soutenu le nouvel objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020. La résolution a été vidée de sa substance par un lobbying intense de l'industrie.

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Proposition de résolution visant à réduire de 30% les gaz à effet de serreParlement européen
Communiqué de presse aprés le rejet de la résolution
Les groupes de pression sont à nouveau au coeur de la controverse, alors que le Parlement européen a refusé, le 5 juillet, d'accroître l'objectif de réduction d'émissions de CO2 de l'UE de 20 % à 30 % d'ici 2020, par rapport aux niveaux de 1990.
De nombreux amendements, ajoutés au texte de base par des eurodéputés conservateurs et de centre-droit, ont changé la donne et forcé les Verts et les sociaux-démocrates à voter contre la résolution.
Pression
Selon l'eurodéputé Bas Eickhout (Verts/ALE), rapporteur au Parlement sur les objectifs de réduction d'émissions de CO2 de l'UE, le vote a été influencé de manière non démocratique par des groupes de pression.
"Les libéraux allemands n’ont pas suivi la ligne défendue par le groupe en raison de fortes pressions exercées par le secteur de l’industrie ", a-t-il confié à EurActiv Bruxelles.
"BusinessEurope [qui représente le patronat européen] a fait pression pour qu'aucun changement ne soit apporté. Eurofer, pour l’industrie du fer, a été très actif." Ce sont de "petits groupes d’intérêts industriels" qui ne représentent pas les entreprises les plus soucieuses de l’environnement, ce ne fut "en aucun cas un acte démocratique", a-t-il poursuivi.
Passe-passe
Folker Franz, porte-parole de BusinessEurope pour le climat, s’est dit surpris de voir une majorité s'élever contre le projet de résolution.
"Ce n’est pas un secret que nous ne sommes pas favorables à cet objectif de 30 % sans évolution dans les négociations internationales, mais nous n’avons pas du tout été actifs le jour du vote final en plénière", a-t-il confié à EurActiv.
M. Franz a reconnu que son groupe avait envoyé des lettres aux eurodéputés avant le vote, mais a avancé que les groupes minoritaires avaient le droit d’exprimer leur opinion. "Tant que personne n’est bousculé ou contraint, je ne vois pas le problème", a t-il déclaré.
Bas Eickhout a noté qu’un "noyau polonais" pourrait également avoir influencé le vote, "Ils étaient unis au-delà de leurs partis", a t-il fait remarqué.
Rébellion conservatrice
De leur côté, les conservateurs britanniques sont allés à l’encontre du souhait de leur premier ministre, David Cameron, de diriger "le gouvernement le plus vert qui soit", en s’élevant contre le soutien à une réduction d’émissions de 30 %.
James Holt, porte-parole des eurodéputés conservateurs au Parlement, a déclaré que "les eurodéputés conservateurs soutenaient un amendement déposé par le PPE, qui proposait de passer à une réduction de 30 % quand les conditions le permettraient".
Le vote à Strasbourg est une petite victoire pour le commissaire à l'Energie Günther Oettinger, selon lequel une réduction de 30 % pourrait conduire à la "désindustrialisation" de l’Europe.
Débat climatique
La feuille de route visant à passer à une économie à faibles émissions de carbone d’ici 2050, approuvée plus tôt dans l’année, prévoit qu’une réduction de 25% est possible si les objectifs d’économies d’énergie sont également atteints. La commissaire au Climat Connie Hedegaard a démenti le fait que les eurodéputés aient omis cet aspect dans leur vote.
"Si la discussion se poursuit au sein du Parlement européen au sujet de la date du passage à une réduction de 30 % d’émissions, le vote a montré qu’une très grande majorité est en faveur de l’idée que l’UE aille au-delà des 20 % dans ses propres objectifs d’efficacité énergétique", a-t-elle fait savoir dans une déclaration.
Bien que la proposition d’une réduction de 30 % des émissions de CO2 n’ait pas été approuvée lors du vote final, sa direction générale a noté que 640 députés avaient voté en faveur des amendements spécifiant une réduction de 25 % des émissions de gaz à effet de serre, ou plus.
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CONTEXTE
En mars 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement ont approuvé le premier plan d’action énergétique européen et appelé la Commission à préparer un nouveau plan pour la période post-2010.
Certains éléments du plan d’action actuel comprenaient notamment des propositions de libéralisation de l’énergie d’une grande portée, le paquet énergie et climat et la proposition d'un plan stratégique européen pour les technologies énergétiques, présentés par la Commission en mars 2010. Ils ont été intégrés à la stratégie 2020 dans son initiative phare visant à se diriger vers une Europe économe en ressources.
En mai 2010, les ministres européens ont donné leurs premières impressions sur la prochaine stratégie énergétique européenne pour 2011-2020, s’accordant sur le fait que celle-ci devrait être prête à être approuvée par les dirigeants européens en mars 2011.




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