L'idée d'une faillite de la Grèce est de moins en moins tabou outre-Rhin.

Der Spiegel, l'un des magazine les plus populaires en Allemagne, révèle dans sa dernière édition que le ministère des Finances aurait élaboré un plan de retour au drachme grec. Malgré les plans de sauvetage, la dette grecque continue de se creuser et certains doutent de sa capacité à enrayer la tendance.  

Pour éviter la contagion aux autres pays fragiles de la zone euro, des lignes de crédit du Fonds européen de stabilité financière seraient débloquées. 

Tensions internes

De son côté, le ministre de l'Economie, Philipp Rösler a écrit dans les colonnes du quotidien Die Welt que "pour stabiliser l'euro, il ne doit plus y avoir à court terme d'interdiction de penser à certaines options. Parmi elles, il y a, en cas d'urgence, l'insolvabilité ordonnée de la Grèce, si on a à disposition les instruments nécessaires".

De telles déclarations ne sont pas là pour rassurer les marchés déjà inquiets. La démission de l'économiste en chef de la BCE, l'allemand Jürgen Stark, vendredi 9 septembre, a provoqué une chute des bourses européennes juste avant leur fermeture du week-end: -3,6% pour Paris, -4% pour Francfort. 

Démission

Partisan de l'orthodoxie financière, il était opposé à l'extension des prérogatives de la BCE comme le rachat de la dette des pays endettés, ainsi qu'à la nomination de l'italien Mario Draghi pour succéder à Jean-Claude Trichet à partir du 1er novembre 2011. 

Il a été remplacé dès samedi par Jörg Asmussen, secrétaire d'Etat aux Finances et homme de confiance du ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble.

L'étalage au grand jour des tensions internes à la BCE fait penser aux marchés que la crise de la dette ne sera pas réglée rapidement, malgré les déclarations rassurantes des responsables politiques. 

Pas de réponse

Surtout que la réunion des ministres des Finances du G7, vendredi 9 et samedi 10 septembre à Marseille, n'a abouti sur aucune décision concrète. 

A ce climat lourd, vient s'ajouter lundi 12 septembre, l'annonce de l'agence de notation Moody's qui prévoit de dégrader les banques françaises BNP Parisbas, Société Générale et Crédit Agricole en raison de leur exposition à la dette grecque et la chute de leur cotation boursière depuis plusieurs jours. 

A l'ouverture, le CAC 40 perd 3%. Les banques sont particulièrement touchées. BNP Parisbas chute de 12% et Société Générale de 10%.