Avec 1800 évènements culturels environ par jour, Berlin est l’une des capitales européennes les plus dynamiques dans ce domaine. Usines abandonnées, ateliers d’artistes, studios de mode et médias… Comme nulle part ailleurs en Europe, la ville offre à ses artistes de grands espaces, peu chers, pour développer leurs créations. 

Les initiatives les plus innovantes tentent d’ailleurs de s’organiser en se transformant en petite ou moyenne entreprises. L’industrie créative de Berlin regroupe environ 24 000 entreprises, qui représentent un énorme vivier de croissance et d’emploi. 
 
Mais bien souvent, ces start up créatives “manquent de savoir faire dans le domaine économique et commercial”, explique le fondateur du Kreativ Coaching Center (KCC) Andreas Bissendorf. Mis sur pied il y a deux ans, cet organisme vise justement à aider les jeunes structures à se développer et notamment à obtenir des financements européens, comme le Feder. 
“L’un des handicaps majeurs pour ces entreprises créatives est d’acquérir des actifs”, ajoute M. Bissendorf. 
 
Son expérience dans le coaching d’entreprise ne date pas d’hier. Il y a dix ans, le directeur du KCC a crée un centre du même type, le “Technology Coaching Center”(TCC) pour conseiller les entreprises technologiques dans leur développement. 

Originalité de ces deux structures, elles sont elles-mêmes financées par du Feder. “Cela signifie que nous devons remplir toutes les conditions pour bénéficier de ces fonds européens”, explique le directeur. En 2010, le KCC a un budget de 350 000 euros, dont 175 000 viennent du FEDER. Cette somme couvre les relations publiques, toutes les charges fixes et surtout les coûts de coaching des consultants. 

Gagner du temps

Concrètement, le KCC et le TCC font l'intermédiaire entre les sources potentielles de financement des entreprises innovantes et les entreprises. Rompu à la préparation des dossiers Feder, puisqu’elles en sont elles-mêmes bénéficiaires, les deux structures font gagner énormémént de temps aux PME dans leur démarche et peuvent passer de plus longs moments à les conseiller sur les autres aspects de leur développement. “Nos clients perçoivent notre soutien comme relativement peu bureaucratique”, se félicite Andreas Bissendorf.   

Les consultants de KCC conseillent également les jeunes entreprises créatives dans la préparation de leurs business plan ou dans leurs démarches auprès des banques. Ils aident également ces sociétés, qui ont grandi rapidement, à contrôler leur rendement.  
 
Parmi les entreprises clientes de KCC, on trouve par exemple une agence de relations publiques spécialisée dans les domaines de la santé et de la science. Les deux fondatrices ont pu affiner le profil de leurs clients et apprendre à refuser les contrats qui ne correspondaient pas exactement à leur cible.
Une petite entreprise de production de vidéos pédagogiques par des tuteurs, "Sofatutor", reçoit également les conseils de KCC. Toute personne qui dispose de compétences dans un domaine en particulier peut créer une vidéo, qui sera accessible sur le site, et devenir un futur tuteur. Un consultant de KCC a aidé l’entreprise à trouver des solutions de financements et l’a obligé à “se poser les bonnes questions et à prendre des décisions à temps”, indique le fondateur du site Stephan Bayers. 

Les consultants sont payés par KCC entre 700 et 1000 euros par jour. L’organisme demande ensuite une participation aux entreprises, qui varie en fonction de l’ancienneté de la société. Gratuite au début, elle peut atteindre 520 euros par jour au-delà du huitième jour. En 2009, les consultants de l’organisation ont facturé 358 jours de travail. Sur les 120 requêtes formulées par des entreprises auprès du KCC, 74 ont été retenues.  

Quelques difficultés

Au-delà de cette sucess story, les deux organismes connaissent parfois de petites difficultés. “De temps en temps nous avons des problèmes, mais je ne peux définitivement pas me plaindre, estime Andreas Bissendorf. Si vous travaillez avec les fonds européens, vous devez écrire de nombreux rapports. Cela fait partie du jeu et c’est légitime”. Les demandes rétroactives de la Commission sur l’allocation du Feder est ce qui “ennuie” le plus le KCC. Notamment quand la Commission souhaite que des documents soient conservés plus longtemps que prévu, car ceux-ci peuvent déjà avoir été jetés. 

De temps en temps, les pouvoirs publics européens décident, à la fin d’une période de programmation des fonds, que quelque chose qui aurait du être en place depuis le début d’un projet manque. Cette décision peut impliquer que de nombreux documents soient demandés rétroactivement. Ce qui, pour le porteur de projet, peut être assez ennuyeux. 
 
Reste que les sociétés concernées par l’aide du KCC sont une goutte d’eau dans l’océan. A Berlin, 24 000 entreprises sont considérées commes créatives. Or l’organisation n’en soutient que 74.