Les ministres français et espagnol de l'Agriculture se sont rencontrés mardi 14 février à Paris. Les deux poids lourds agricoles de l'UE maintiennent des positions très fermes sur l'avenir de la politique commune.

Documents officiels
Alors que les négociations sur l'avenir de la PAC vont bon train à Bruxelles, malgré les incertitudes pesant sur les perspectives financières 2014-2020 de l'UE, dans le même temps, les alliances se nouent entre pays.
Message ferme
Mardi 14 février, la France et l'Espagne, très critiques avec les propositions d'octobre 2011 de la Commission européenne, se sont adressées à leurs partenaires par communiqué de presse interposé.
Les ministres français et espagnol de l'Agriculture considèrent en effet que les pistes évoquées relatives à la convergence des aides entre agriculteurs de l'Ouest et de l'Est "ne sont pas acceptables".
La bataille s'annonce rude avec les pays issus de l'élargissement de 2004 qui demandent une plus grande équité entre paysans européens. Par hectare, un letton va toucher 90 euros d'aides, contre plus de 400 euros pour un Grec. Paris et Madrid ont rappelé la nécessité de "tenir compte de la diversité des conditions économiques".
Pas touche au budget
Même chose au sujet du verdissement. Feu à volonté sur la Commission et ses propositions qui "ne sont pas adaptées au défi que doit relever l'agriculture européenne". Les deux ministres ont mis en avant les réticences du Conseil de conditionner 30% des aides au respect de critères environnementaux et de réserver 7% des terres aux espaces naturels ("infrastructures agro-écologiques").
Seul point sur lequel la France et l'Espagne félicitent l'exécutif européen : le maintien du budget à son niveau actuel. Et les deux pays ont prévenu ceux qui voudraient revenir dessus. Pas question d'accepter un cadre financier qui "ne garantirait pas la stabilisation de la PAC".
Réciprocité
Bruno Le Maire et Miguel Ariais Canete ont aussi réaffirmé leur attachement au Fonds européen agricole pour le développement rural (FEADER) et se sont aussi entendus sur la nécessité de mettre en place de nouveaux outils de régulation des marchés agricoles tout en adaptant le droit de la concurrence communautaire aux spécificités de ce secteur.
Enfin, les deux ministres ont rappelé que "les relations commerciales de l'Union européenne avec ses partenaires doivent être fondées sur le principe de réciprocité". Un message clair à la Commission et aux adeptes du libre échange sans limite.




Réactions
Katie (non vérifié), le 04/03/2012
Je pense que c’est vraiment triste de lire cette réaction de la France et l’Espange, contre l’essai de la Commission européenne de moderniser la PAC. A mon avis c’est un example frappant de c’est presque imposibe de supprimer une aide d’etat quand on a une fois la introduire. Il faut qu’on change le budget pour renforcer le compétitif de l’UE, et il ne faut pas qu'on soit garder une situation où l’agriculture de vieux pays reçois le plus part de budget. Je souhaite que on reussisse de moderniser la PAC, mais je crains qu’il ne arrive pas a cause de la droits acquis de la France et l’Espange.
loulou (non vérifié), le 06/03/2012
Je comprends votre point de vue et je le partage en partie. Il est en effet très difficile de réformer la PAC et de remettre en question les acquis. Toutefois, il me semble qu'il est normal d'allouer des aides différentes aux agriculteurs tant que le niveau de vie des pays n'est pas le même. Que ferait un agriculteur français, espagnol ou grec avec 90 euros ? Ils ont déjà du mal à survivre avec les aides qu'ils reçoivent.
Alors bien sûr, l'idéal serait qu'on accorde le montant actuel de l'aide allouée aux anciens pays membres à tous les autres, mais je crains que les contraintes budgétaires ne rendent cela impossible dans l'immédiat. La réforme de la PAC est nécessaire, mais elle ne pourra pas se faire en un jour. Je crois aussi qu'il faut repenser la filière agricole en profondeur (cultiver plus de bio par exemple) et repenser les aides en conséquence.
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