Dans un entretien exclusif accordé à EurActiv.com, le commissaire à l'Elargissement et à la Politique de voisinage appelle à davantage de coopération politique avec l'Ukraine et la Turquie.
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Commission européenne - DG Elargissement
DG Elargissement
Le nouveau gouvernement ukrainien, dirigé par le président Viktor Yanukovich, a informé Bruxelles qu’il n’y aurait plus "d’alignement automatique" de l’Ukraine sur les positions de l’UE, a expliqué le commissaire Stefan Füle.
Les intérêts ukrainiens pourraient même être représentés par la Russie au sommet du G8, a dit le représentant permanent à l’UE de la Fédération russe Vladimir Chizhov à la presse bruxelloise il y a quelques jours. Le mois dernier, le ministre des affaires étrangères ukrainien Kostyantyn Hryshchenko a soutenu devant le parlement de son pays que le fait d’être représenté par la Russie aux sommets internationaux serait "dans les intérêts de l’Ukraine".
Quant à la Turquie, le commissaire a mis en avant que le pays avait acquis une stature régionale considérable ces derniers mois.
"Si vous regardez la politique étrangère turque, celle-ci prend de l’ampleur encore plus rapidement que l’expansion de Turkish Airlines", a dit M. Füle.
En effet, la Turquie est récemment devenue très sure d'elle vis-à-vis d’Israël, en menant par exemple l’opération « Cast Lead » contre le Hamas, une action lancée en décembre 2008. Mais c'est à la suite du récent carnage déclenché par l’interception israélienne d’une flottille financée par la Turquie, transportant de l’aide et des activistes pro-palestiniens vers la bande de Gaza que la Turquie s'est affirmée.
Le pays mène également une politique de rapprochement avec l’Iran, perçue par beaucoup comme contreproductive au regard des efforts européens pour convaincre Téhéran de renoncer à son programme d’armes nucléaires.
M. Füle, qui est responsable des relations entre l’UE et la Turquie en tant que pays candidat ainsi que des relations avec l’Ukraine pour la politique de voisinage, a dit que plus d’efforts devraient être mis en œuvre pour coordonner les positions sur les questions internationales.
"Je pense qu’il serait à l'avantage de chacun ainsi que dans notre intérêt de trouver une manière d’interagir qui ne soulèverait pas d’autres questions mais trouverait des réponses aux défis communs. C’est une opportunité qui doit être saisie", a-t-il affirmé en ce qui concerne la Turquie.
Interrogé par EurActiv.com sur l'opportunité de former un "G20 européen" pour résoudre les divergences entre l’UE et la Russie, d’une part, et entre la Turquie et l’Ukraine d’autre part, il a semblé indiquer que cette idée avait du potentiel.
"L’UE se penchera sur les arrangements contractuels avec ses voisins, les pays candidats et les partenaires stratégiques au-delà du cadre institutionnel actuel, et peut-être à travers un G- peu importe le nombre. Je pense que cela permettrait de partager les meilleures expériences", a dit M. Füle.
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