Les ministres de l’Economie et des Finances du G20 étaient réunis devant le FMI à Washington ce week-end. Des réunions qui ont principalement consisté en une série d’empoignades entre l’Union européenne, les Etats-Unis et les pays émergents comme la Chine ou le Brésil.

Aucune décision concrète n’a été prise pour juguler la crise financière qui touche les marchés depuis l’été et qui risque de remettre en cause la reprise économique mondiale. « Un plan collectif d’action ambitieux » serait toutefois en cours d’élaboration selon les mots du ministre français, François Baroin.

Effrayer les marchés

Toujours divisés malgré leurs déclarations rassurantes, les Européens ont été particulièrement malmenés, accusés de ne pas prendre les mesures nécessaires pour stabiliser la zone euro.

Selon le directeur du département Europe de l’institution internationale, Antonio Borges, la Banque centrale européenne reste le seul acteur suffisamment fort pour « effrayer » les marchés financiers lorsque les bourses mondiales ne cessent de plonger et que la solvabilité des pays européens est remise en cause.

Il lui paraît essentiel de combiner la force de frappe de la BCE à celle du Fonds européen de stabilité financière, actuellement doté de 440 milliards d’euros.

Divisions

Mais encore une fois, cette idée ne fait pas l’unanimité au sein des pays de la zone euro. Le directeur général du FESF lui-même, l’allemand Klaus Regling a jugé que cela ne serait pas forcément nécessaire et qu’il existerait « de sérieuses inquiétudes » en raison de « son interdiction de financement des marchés ».

Dans le même temps, un haut responsable de la BCE a indiqué que les règles pourraient être modifiées pour justement rendre cette intervention possible.  

Le plan de sauvetage de la Grèce et stabilisation du 21 juillet dernier n’est toujours pas en place. Seuls cinq pays l'ont ratifié (France, Belgique, Luxembourg, Espagne et Italie). L'accord des 17 d’ici mi-octobre paraît donc compromis.

Pressions américaines

"Le risque existe que les marchés soient déçus par l'absence de nouveaux engagements spécifiques de la part des pays de la zone euro", a réagi le ministre suédois des Finances, Anders Borg.

Samedi, le secrétaire américain au Trésor, Timothy Geithner, avait appelé la BCE à se placer en première ligne de la lutte contre la crise.  "La menace de défauts en cascade, de retraits bancaires massifs et spontanés, d'un risque catastrophique, tout cela doit être écarté", avait-il souhaité.

Le prochain sommet du G20 est prévu pour novembre à Cannes.