L'avenir de l'industrie bancaire passera par une réglementation bien coordonnée ont rappelé des spécialistes du secteur lors d'une conférence organisée à l'IFRI le 23 juin.
Positions
Conseil de l'Union européenne
Lettre conjointe Barroso/Van Rompuy aux dirigeants du G20
Revue de presse
EurActiv.com
Consensus collapses on bank reform ahead of G20
Documents officiels
Ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi
G20 finance et avancées des réformes de la régulation financière, dossier de presse 2 juin 2010
Du G20, Christian de Boissieu « n’attend pas grand-chose ». Le président délégué du Conseil d’analyse économique signale le « dialogue de sourds » entre l’Europe et les Etats-Unis, qui critiquent les plans de rigueur continentaux.
L’adoption d’une taxation bancaire ne lui semble d’autre part pas convaincante alors que la condition d’une Europe unie n’est pas remplie, bien que Londres, Paris et Berlin se soient accordés sur ce point.
Même constat pour la question de la calibration des fonds propres, qui réclame un règlement des spécialistes, explique le chef de service du financement de l’économie à la Direction générale du Trésor Hervé de Villeroché. Pour autant, les Etats devraient, selon lui, « réaffirmer la volonté d’avancer dans le cadre des discussions engagées à Bâle ». Pour Hervé de Villeroché, les décisions finales seront prises au sommet du G20 de Séoul, en novembre.
Le calendrier des réformes apparaît comme un enjeu décisif, indique Christian de Boissieu, qui souligne l’importance de l’arbitrage entre court terme et long terme. Si c’est maintenant qu’il faut faire avancer les règles, il s’agit de savoir quand les appliquer exactement, en évitant les effets pro-cycliques, explique l'économiste. Il met en garde contre « une croissance molle », facteur de risques sociaux.
D’autant plus qu’un système réglementaire modifie le comportement des acteurs. Il réclame ainsi aux régulateurs de Bâle et des Etats d’anticiper les effets de contournement, déjà sensibles en période de la crise avec la titrisation.
Les « stress tests », réconfortants côté français
Le responsable du département institutions financières chez Standard & Poor’s, Bernard de Longevialle, rappelle de manière générale que la réglementation bancaire n’a pas su dans la crise freiner une sous-estimation des risques des marchés et une surestimation des fonds propres des banques.
Rappelant que « près d’un tiers des banques européennes ont déjà fait un plan de sauvetage », le système réglementaire renforcé risque d’ « aller beaucoup plus lentement que le précédent ». Devant la grande nervosité des marchés, les « stress tests » des banques, que le Conseil européen a décidé de rendre publics à partir de fin juillet, « devraient apporter un résultat plutôt réconfortant » selon lui.
En particulier pour les banques françaises, qui ont bien résisté à la crise, rappelle Bertrand Badré. Le directeur des finances du groupe Crédit Agricole souligne l’importance de la confiance, mise à mal par la crise, et confirme le sentiment de gravité partagé par le système bancaire. Les banques « ne seront pas délivrées » par le G20, explique-t-il. Il souligne quelques paradoxes dont est victime le secteur : la Commission pousse à acheter des actifs européens, alors que la réglementation encourage à ne pas en acheter, estime-t-il. Il oppose également le renforcement des contraintes de "Bâle III" sur les banques, alors que leur système a «globalement bien fonctionné» pendant la crise.
CALENDRIER
26-27 juin 2010 : Sommet du G20 à Toronto
Mi juillet 2010 : Réunion du Comité de Bâle
11-12 novembre 2010 : Sommet du G20 à Séoul
Les attentes de Van Rompuy et Barroso pour le G20
A quatre jours du sommet du G20 à Toronto, les présidents du Conseil européen et de la Commission, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, ont adressé le 22 juin une lettre conjointe aux dirigeants du G20, pour faire part de leurs attentes.
Assurer une « croissance forte, soutenable et équilibrée » est présentée comme la priorité, en vue duquel tous les acteurs du G20 « doivent faire leur part ».
La consolidation budgétaire et fiscale pour diminuer les déficits et les ratios de la dette constitue un corollaire important. D’où la nécessité du G20 de s’accorder sur une stratégie de sortie de crise, cordonnée et différenciée selon les pays pour assurer la viabilité des finances publiques. Van Rompuy et Barroso souhaitent voir cette consolidation des finances publiques engagée au plus tard en 2011 et être accompagnée de réformes structurelles, jouant sur l’emploi et la productivité.
Tous deux expliquent que la contribution européenne au rééquilibrage de la croissance mondiale passe par la stratégie 2020 et saluent la décision de la Chine de réformer son système de change.
Ils réclament que le G20 « réaffirme son engagement à réformer les marchés financiers d’une manière cohérente et coordonnée » dans la droite ligne des décisions prises lors du dernier sommet du G20 à Pittsburgh.
Se déclarant confiants sur un accord avant la fin 2010 sur l’amélioration de la qualité du capital et les exigences supplémentaires de liquidités, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso appellent à plus de transparence et d’élasticité des marchés. Des propositions pour l’UE seront faites à ce sujet en septembre, précisent-ils.
Suivant le désir européen de mettre en place des systèmes de leviers ou de taxes sur les institutions financières, pour limiter les risques systémiques, ils considèrent que l’introduction d’une taxe bancaire globale « devrait être explorée et développée ».






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