L’Italie s'apprête à réformer son système électoral

  

Le dirigeant italien de centre-gauche, Matteo Renzi, vient d'appeler à une réforme rapide du système électoral. Selon lui, ce changement permettrait d’éviter de nouvelles impasses politiques.

Matteo Renzi ne fait pas partie du gouvernement, mais il est le chef du Parti démocrate, le plus grand parti de la coalition du premier ministre Enrico Letta. Il pourrait avoir un rôle décisif à jouer dans la mise sur pied du nouveau système électoral.

Le 2 janvier, l'homme politique a ainsi déclaré que la réforme du système économique et politique pourrait permettre de mieux négocier les contraintes imposées par l'UE en matière de déficit. Les mesures d'austérité sont mal perçues par la population italienne alors que la croissance économique du pays est très faible.

La réforme électorale consiste en l'un des dossiers les plus épineux de la coalition. La coalition Letta a été formée à la suite d'une élection peu concluante l'année dernière : aucun parti n'a obtenu une majorité suffisante pour former un gouvernement seul.

La réforme du système électoral est donc considérée comme une condition sine qua non pour que les Italiens élisent un gouvernement capable de prendre des choix clairs et de mettre en place des réformes. Un accord se fait toutefois attendre depuis longtemps en raison de querelles entre partis.

Majorité instable

Le système actuel, rejeté en partie par la Cour constitutionnelle, complique la formation d’une majorité stable au sein des deux chambres du Parlement. Pour l'instant, les électeurs n'ont également rien à dire quant au choix de leurs représentants. Ils sont en effet désignés en fonction de listes électorales rédigées par les chefs de parti.

Matteo Renzi a proposé trois modèles différents qui, à ses yeux, pourraient constituer la base de discussions. Il ajoute qu'ils permettraient aux électeurs de faire un choix clair et permettraient aux partis d’en finir avec le bricolage de coalitions ad hoc pour former un gouvernement.

« Le vainqueur doit être connu le jour même des élections. Quiconque remporte [les élections ] doit former un gouvernement pour cinq ans sans trucages ou grandes coalitions. Il doit être possible de changer de gouvernements », a-t-il déclaré lors d'un évènement à Florence.

« Les cartes sont sur la table. Nous pouvons boucler [le dossier] en deux semaines ou un mois si la volonté est là », a-t-il ajouté.

D'après le premier modèle, le pays serait divisé en 118 circonscriptions constituées de quatre ou cinq députés. Le parti avec le plus de voies à la sortie des urnes remporterait une prime de 15 %.

Le modèle français, source d’inspiration

Le deuxième modèle se fonde sur une version remodelée de l'ancienne loi électorale. Trois quarts des députés seraient élus directement. Le parti vainqueur bénéficierait de 15 % de bonus, les 10 % restants seraient répartis entre les plus petits partis.

La troisième version s'apparente au système électoral français à deux tours avec un vote décisif et à celui déjà appliqué lors des élections municipales dans les grandes villes italiennes.

D'après les propositions du chef du Parti démocrate, le Sénat n’aurait plus des compétences semblables à celles de la Chambre basse. Il deviendrait une assemblée d'hommes politiques locaux regroupant les présidents régionaux et les maires des grandes villes.

Assouplissement des règles en matière de déficit budgétaire

Silvio Berlusconi, leader du parti Forza Italia de centre-droit, a salué les propositions « parmi lesquelles il existe certainement une solution raisonnable ». En effet, le Cavaliere et certains anciens cadres politiques du parti du Peuple de la liberté se sont retirés du gouvernement Letta l'année dernière et ont plaidé en faveur d'élections anticipées.

Tous les partis plaident en faveur d'une réforme du droit électoral depuis des années, mais un accord n'a jamais vu le jour, de peur que tout changement ne puisse favoriser un parti d'opposition. La pression monte et Enrico Letta a promis une nouvelle loi avant les élections du Parlement européen en mai.

De son côté, Matteo Renzi estime que l'Italie pourrait négocier un assouplissement des limites européennes en matière de déficit si elle fait preuve de sérieux dans les réformes de son système économique et politique.

« S'il existe une autorité avec une vision, je ne vois pas le problème de dépasser le plafond de déficit, même si nous devrions nous battre pour changer les règles », a-t-il expliqué lors d'un entretien au quotidien Fatto Quotidiano publié le 2 janvier.

Prochaines étapes: 
  • Mai 2014 : le premier ministre italien a promis une réforme électorale avant cette date
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