La crise de la zone euro a révélé les faiblesses du pays, exacerbées par l’incapacité de Silvio Berlusconi à acter de vraies réformes. Dans une interview accordée à la rédaction italienne d’EurActiv, le ministre des Affaires étrangères Giulio Terzi di Sant’Agata revient sur les grands dossiers européens et internationaux.
Revue de presse
La nomination du président Mario Monti a été bien accueillie par les dirigeants européens. Le gouvernement reussira-t-il à redonner à l'Italie la crédibilité dont le pays a besoin ?
Le rôle d'un gouvernement est celui de travailler pour la bonne réussite de son pays : nous travaillons avec responsabilité et confiance. L'Italie est l'un des fondateurs du grand projet européen et personne ne peut douter de nos traditions européistes et de l'importance que nous donnons à la coopération communautaire.
Aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes convaincus que notre destin est en Europe. Nous sommes sûrs qu’une Europe sans Italie ne peut pas exister. Tous les pays membres de l'Union Européenne - sauf le Royaume Uni – s’accordent sur la nécessité d'un nouveau traité pour rendre la discipline budgétaire plus rigoureuse avec l'objectif de créer une plus grande intégration économique. Maintenant, l'attention se focalise sur les détails et sur les procédures de ratification auxquelles chaque pays devra faire face.
Comment abordez-vous les prochains mois ?
La monnaie unique est irréversible et je pense que tous les pays de l’eurozone en sont convaincus. Toutefois – cela arrive pour toutes les conquêtes – l’euro doit être défendu, en utilisant tous les instruments utiles pour parvenir à cette fin. La crise actuelle, qui est née hors de l’Europe, a soumis l’Union à des pressions très fortes tout en accélérant la réflexion sur les réformes possibles des traités. La réponse des Etats membres a été rapide et le sommet de Bruxelles du 8 et du 9 décembre 2011 a ouvert la voie à cette révision sur laquelle il faudra cependant beaucoup travailler.
Comment se positionne l’Italie sur les grands dossiers internationaux comme les tensions entre l’Iran et les Etats- Unis ?
Un Iran doté de l'arme nucléaire représenterait une menace très grave pour le monde entier, pas seulement pour les Etats-Unis. Donc, nous partageons complètement les inquiétudes américaines et nous continuons à collaborer avec les autres partenaires de la communauté internationale pour éviter que Téhéran ne dépasse le "seuil". L'Italie soutient les sanctions prises par l'Otan et l'Europe.
Et sur les répressions infligées par le régime de Bachar al Assad au peuple syrien ?
L'Italie condamne durement le régime syrien. Nous sommes inquiets de ce qui se passe dans ce pays et nous souhaitons la fin immédiate des violences. Nous soutenons les initiatives adoptées par la Ligue Arabe et les sanctions décidées avec nos partenaires européens.
Comment analysez-vous l’action d’Obama, qui a acté le retrait des troupes d’Irak, mais reste confronté à d’importants défis au plan intérieur ?
On ne décide pas les guerres sur la base des coûts, ni de la popularité qu’elles peuvent donner. Les objectifs des opérations militaires en Irak, surtout la chute d’un régime qui a accablé brutalement son peuple et constituait une menace pour la sûreté internationale, ont été atteints.
Je suis sûr que les Etats-Unis continueront à s’engager pour solidifier la démocratie dans ce pays, mais il faut dire qu’une phase historique de la guerre en Irak est terminée et qu’une autre s’ouvre.
En ce qui concerne les affaires intérieures, la campagne électorale américaine – cela vaut aussi pour les autres pays qui devront renouveler leur gouvernement en 2012 – sera conditionnée par l’économie.
Que pensez-vous de l’augmentation récente des violences en Irak ?
Le départ des troupes américaines a inauguré une phase très délicate pour l'avenir du pays. Les violences des dernières semaines représentent une tentative condamnable d’empêcher l’affirmation de la démocratie et de la paix. La communauté internationale n’abandonnera pas l’Irak et nous nous engagerons tous pour soutenir son peuple et ses institutions légitimes.
Retrouvez ici l'interview dans sa version originale en italien.






Réactions
Gilles Lebrun-Piaser (non vérifié), le 06/01/2012
Absolument d'accord sur le fait que le noyau des six Etats fondateurs de la CEE doit rester intact et solidaire. La sortie de l'Euro ou de l'Europe d'un de ces six serait un véritable désastre non seulement économique mais également psychologique pour les Européens...
Anonyme (non vérifié), le 09/01/2012
Giulio Terzi a l'air d'être un grand copain des Etats-Unis et du capitalisme...
"La monnaie unique est irréversible"
"Un Iran doté de l'arme nucléaire représenterait une menace"
"On ne décide pas les guerres sur la base des coûts"
"surtout la chute d’un régime qui a accablé brutalement son peuple et constituait une menace pour la sûreté internationale"
"La communauté internationale n’abandonnera pas l’Irak et nous nous engagerons tous pour soutenir son peuple et ses institutions légitimes."
Le bonhomme n'a pas beaucoup de crédibilité à mes yeux...
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