La souscription de 35 milliards d'euros lancée en 2009 doit permettre de relancer la croissance et de diminuer la dette, a martelé le président français.
Un grand emprunt pour sauver la notation triple A de la France. C’est le message délivré en creux par Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse, lundi 27 juin, sur le bilan de la souscription de 35 milliards d’euros lancée le 14 décembre décembre 2009 par le gouvernement.
Fin 2011, la France aura engagé 20 milliards d’euros dans des grands projets en recherche et innovation pour financer l'avenir, a indiqué Nicolas Sarkozy. “Depuis 30 ans, nos dépenses ont servi à financer les dépenses courantes au détriment de l’avenir”, a rappelé le chef de l’Etat.
Des engagements devant le monde entier
“On voit bien avec ce qui se passe en Grèce que la réduction des dépenses ne suffit pas pour surmonter la crise”, a déclaré Nicolas Sarkozy qui a multiplié les références à la situation que connaît Athènes actuellement. Un discours qui tranche avec celui actuellement tenu par l’UE et le FMI qui prônent une austérité totale dans ce pays.
“Nous ne pouvons pas continuer à ignorer le monde. Il faut préparer la France aux défis du 21ème siècle et continuer à financer notre modèle social (…) Je n’ai pas été élu pour que la France connaisse les affres de la Grèce, du Portugal et de l’Irlande”, a précisé le chef de l’Etat.
Explosion de la dette
Si la Grèce empruntait aujourd'hui sur les marchés, elle le ferait en contrepartie d'un taux d'intérêt de 30% sur dix ans. "La France autour de 3%. Ceux qui auraient l’idée de revenir sur le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux, sur la réforme des retraites ou la règle d’or (d’équilibre des finances publiques dans la Constitution) ce sera l’explosion de la dette et l’explosion du déficit et l’impossibilité pour la France de se financer”, a-t-il ajouté.
Le déficit français a diminué en 2010, passant de 7,9% du PIB en 2009 à 7,1% en 2010. Mais il est toujours au-dessus des 3% fixés par le pacte de stabilité et de croissance européen. Le gouvernement français s’est engagé auprès de la Commission à le ramener à 5,7 % en 2011, 4,6 % en 2012 et 3 % en 2013.
La mise en place de la réforme des retraites ou le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux font partie des grandes mesures qui, comme l’espère le gouvernement, vont permettre à la France d’atteindre cet objectif.
Indépendance énergétique
Parmi les secteurs clés de la recherche et de l'innovation financés par le grand emprunt figure l'énergie : 1 milliard d’euros dans la sûreté des EPR de 4ème génération, et 1,350 milliards pour les énergies renouvelables et les “procédés de production décarbonnée”.
“Si nous gardons le nucléaire, c’est pour garder notre indépendance et une énergie compétitive”, a déclaré Nicolas Sarkozy.
La santé et les transports figurent également dans le peloton de tête des secteurs d’avenir, a précisé le chef de l’Etat.
Théoriquement, les grands objectifs de croissance doivent s’inscrire dans le cadre de la stratégie de l'Europe pour 2020, mise au point par la Commission européenne et adoptée par les pays de l'UE.
Pas une fois, le président français n’a fait référence à ces objectifs. Ni aux grands projets européens, dans le domaine de l’énergie ou des transports, que certains députés européens comme Alain Lamassoure appellent de leurs voeux pour que l’Union européenne puisse rivaliser avec ses grands partenaires mondiaux.
Grands objectifs de l'UE pour 2020
La stratégie "Europe 2020" compte cinq objectifs principaux censés guider les Etats membres dans leurs initiatives nationales :
- porter de 69% à 75% le taux d’emploi de la population âgée de 20 à 64 ans, en augmentant notamment la participation des femmes
- accentuer la recherche et le développement, afin que les investissements publics et privés atteignent, cumulés, 3% du PIB
- atteindre les objectifs dits "20/20/20 " en matière de climat et d’énergie : " réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20 % par rapport aux niveaux de 1990; faire passer à 20 % la part des sources d'énergie renouvelable dans notre consommation finale d'énergie; et s'acheminer vers une augmentation de 20 % de notre efficacité énergétique".
- améliorer le niveau d’éducation avec au moins 40 % de diplômés de l'enseignement supérieur ou titulaires d'un "niveau d'études équivalent" parmi les personnes âgées de 30 à 34 ans et lutter contre le décrochage scolaire en ramenant son taux à moins de 10%
- réduire de 20 millions le nombre de personnes confrontées au risque de pauvreté et d'exclusion.




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