Un mur pour arrêter les immigrés. Depuis le renforcement des contrôles aux frontières maritimes de l'UE et la signature d'accords de rapatriement par l’Espagne et l’Italie, l'est de la Grèce est devenu le principal point d'entrée pour les clandestins.

Le pays a décidé, le 1er janvier, de construire une clôture de 12,5 km à sa frontière avec la Turquie pour tenter d’arrêter les immigrés.

En 2010, quelque 128 000 d'entre eux ont choisi la région d'Evros pour pénétrer clandestinement dans l'espace européen, a relevé le ministre grec de la Protection citoyenne, Christos Papoutsis. "Telle est la dure réalité à laquelle nous sommes obligés, en tant que citoyens grecs, de réagir", a-t-il ajouté dans un communiqué.

La frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce fait de plus de 200 km, le long de la rivière Evros.

La Commission sceptique

Le projet fait débat. Lundi 3 janvier, le porte-parole de la Commissaire européenne à la Sécurité Cecilia Malmström a déclaré que "les clôtures et les murs se sont révélés par expérience être des mesures à très court terme, qui n'aident pas vraiment à régler et à réguler les défis migratoires de manière structurelle".

"Une bonne gestion des frontières et des flux migratoires passe par un dialogue avec les pays d'origine et les pays de transit des migrants", a-t-il rappelé.

La Commission négocie avec la Turquie un accord de réadmission des migrants passés par son territoire pour atteindre clandestinement l'UE. "Les négociations progressent", a précisé le porte parole, sans donner de date pour la conclusion de l’accord.

Un problème récurrent

Athènes se plaint depuis longtemps des efforts à ses yeux insuffisants d’Ankara pour lutter contre l'immigration et dénonce le refus des Turcs de reprendre les migrants qui ont réussi à passer en Grèce avant d'être interceptés par les autorités du pays.

Ces derniers mois, les deux voisins se sont toutefois engagés à améliorer leur coopération en la matière. Le ministre grec a, d'ailleurs, pris soin de préciser que les mesures de son gouvernement n'étaient "nullement dirigées contre la Turquie". "Au contraire, a-t-il dit, elles faciliteront notre coopération en l'amplifiant".

La Grèce, dont la législation en matière d'immigration et d'asile politique est critiquée depuis des années, adoptera dans les jours qui viennent une loi créant une autorité indépendante chargée d'examiner les demandes d'asile. Un service indépendant va également voir le jour pour superviser les centres de rétention.

Neuf clandestins sur dix passent par la Grèce pour pénétrer dans l'UE, ce qui pèse considérablement sur les finances, déjà très éprouvées, d'Athènes.