Après deux jours de tergiversations, il est maintenant acquis que la Grèce organisera un référendum. La question porterait sur le maintien ou non du pays au sein de la zone euro. En cas de sortie, que pourrait-il se passer ?

Note: cet article a été initialement publié dans nos colonnes en mai 2011. Il a été réédité en raison de l'actualité.
Référendum, nouveau plan d’aide, restructuration de la dette, abandon de l'euro, diminution de sa note par les agences de notation… Un an et demi après le premier plan d’aide accordé par l’UE et le FMI à la Grèce, les probabilités de faire sortir la Grèce de la zone euro n'ont jamais été si grandes.
La décision pourrait être prise très prochainement si le gouvernement grec obtenait l'aval de son Parlement pour la tenue, le 4 décembre prochain, d'un référendum sur la question. Mais le pays y a-t-il intérêt ?
Du pareil au même
En 2012, le pays, en récession depuis 2 ans, aura encore besoin de 60 milliards d’euros pour rembourser ses créances. Et des doutes subsistent sur sa capacité à retourner sur les marchés et emprunter à long terme.
"Si le départ de la Grèce de la zone euro peut être coûteux, il est peu probable qu'il le soit davantage que les années de récession, de stagnation et de chômage élevé que lui propose actuellement l'Europe", affirme le directeur adjoint du Center for Economy and Policy Research, Mark Weisbrot, dans une tribune publiée au New York Times, le 9 mai.
Dévaluation compétitive
Les défenseurs de la sortie mettent souvent en avant l’intérêt immédiat pour le pays de redevenir maître de sa monnaie. Une situation qui lui donnerait la possibilité de dévaluer et de gagner en compétitivité.
Des exportations moins chères permettraient également au pays de rééquilibrer sa balance commerciale.
Mais la Grèce est endettée à 99% en euros. Un retrait de la zone euro risquerait de faire exploser ses créances.
Par ailleurs, si le pays récupérait sa monnaie, "peu de gens jugeraient son économie crédible", explique Jérôme Creel, économiste à l'OFCE . "La drachme plongerait, il y aurait une inflation importante et une hausse des taux intérêt sur le marché de la dette". A court terme, conclut-il, le scénario serait bien pire pour eux que la situation actuelle.
Enfin, "sortir la Grèce de la zone euro, c’est prendre le risque de la contagion", rappelle-t-il. Dans un climat de confiance délétère, les marchés n’hésiteront pas à faire grimper les taux d’intérêt de l’emprunt pour l'Irlande, le Portugal, voire l'Espagne et l'Italie.
Restructuration de la dette
Pour un autre économiste, qui a souhaité garder l'anonymat, l'euro ne se porterait pas plus mal sans la Grèce, l'Irlande, le Portugal ou l'Espagne. "Cela ne changerait pas la politique de Francfort", confie-t-il
Selon lui, la sortie de la zone euro n’interviendra pas sans une restructuration préalable de la dette. Concrètement, il s'agirait d'en diminuer le montant et de rééchelonner les paiements, comme les accord du 21 juillet et celui du 26 octobre le prévoient.
Or, selon l'expert, le risque pour la zone euro tiendrait davantage à la restructuration de la dette qu'à la sortie de la Grèce de la zone euro. "Une réduction de la dette provoquerait des pertes importantes pour les banques européennes, notamment en France", explique-t-il.
Réaction en chaîne
Les banques de l’Hexagone figurent parmi les plus exposées au risque de défaut grec. Elles détiennent 11% de la dette publique grecque, derrière le Royaume-Uni et l’Irlande (23%), ensemble l’Allemagne et l’Autriche sont exposées à hauteur de 9%, selon les chiffres du ministère des Finances grec.
D'où la nécessité de recapitaliser les banques à hauteur de 106 milliards d'euros, comme le prévoit l'accord de Bruxelles du 26 octobre.
Mais, si la solution de la restructuration est proposée à la Grèce, il n'y a pas de raison pour qu'elle ne puisse être également proposée à l’Irlande et au Portugal, explique Jérôme Creel. A nouveau, les marchés pourrait s'affoler et les taux d'intérêt auxquels ces pays empruntent exploseraient.
La sortie de la Grèce créérait aussi un précédent. Pourquoi pas en imaginer d'autres ? La zone euro dans sa forme actuelle pourra-t-elle toujours fonctionner?
Le référendum prévu en Grèce le 4 décembre fixera une orientation pour les pays de la monnaie unique. Reste que les textes européens prévoient la possibilité de sortir de l'Union européenne, mais pas de la zone euro.






Réactions
Anonyme (non vérifié), le 12/05/2011
Non seulement la Grèce mais tous les pays doivent sortir de la zone euro.
l'euro de dois pas être utilisé comme monnaie nationale . C'est une catastrophe pour les pays qui l'utilisent.
Anonyme (non vérifié), le 13/05/2011
Commentaire stupide me forçant à réagir... Quitter l'Euro, quelle ineptie... Et pourquoi pas remettre des fouilles aux frontières internes de l'Union, se barricader derrière des murs et armer lourdement des bases militaires aux frontières ??? Pour info en Inde, en Chine et aux USA il n'y a qu'une seule monnaie unique...
Anonyme (non vérifié), le 13/05/2011
Pardon mais je ne vois pas ce qu'il y a de stupide a vouloir le retour de notre monnaie nationale.
Pour votre information les états unis, la Chine et l'Inde sont des pays uniques pris individuellement.
L'europe elle est une méduse résultant de l'agglormérat mal ficelé de 27 pays différents qui ne parviendront jamais à s'entendre.
Cela fonctionnera d'autant moins que toutes les décisions importantes sont prises sans l'avis des peuples.
Anonyme (non vérifié), le 11/06/2011
L'europe et l'euro sont des inepties voulues par une petite poignée de personnes cherchant à se donner un peu plus de mandat et d'argent .Pour les peuples cela n'a été que le début de la misère ....la classe moyenne disparaît il ne restera bientôt que quelques très riches et beaucoup plus de pauvres ....tout simplement.
Le retour en arrière est inéluctable ....les paysans , les pêcheurs et tous les autres pourront enfin revivre décemment .Nous aurons peut-être plus difficile pour aller passer des vacances en Allemagne ....mais c'est tout , je préfère aller en France ou en Espagne ....On a cru pouvoir créer un pays identique à celui de ces cinglés d'Américains en oubliant que nous avions tous des cultures différentes ....je prie pour qu'on échappe à cette catastrophe ...vivement le retour à notre douce vie d'avant ....une vie normale ...
Il faut être le dernier des c... pour croire que ce type d'europe peut réussir alors arrêtons le massacre tant qu'il est encore temps .
Anonyme (non vérifié), le 13/06/2011
Bonjour,
je suis tout à fait d'accord avec vous. L'Europe telle que nos politiques la veulent est une europe de casse sociale.
Un nivellement par le bas, c'est pour cette raison qu'ils ont fait entrer en catimini les 10 ex pays de l'est. Il suffit de voir que le traité de Lisbonne comporte toujours la fameuse directive Bolkenstein. La centrale nucléaire de Flamanville ou est construit l'EPR occupe essentiellement les Roumains et Polonais, alors que nous avons 5000000 de chômeurs.
La volonté inavouée des politiques européens est de créer du pauvre de façon à ce que dans quelques années nous soyons content de travailler pour 500 euros.
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