Cet article est traduit de l'anglais par EurActiv Bruxelles, partiellement ou en intégralité (article source).
Les 425 millions d'euros de subventions publiques grecques versées aux agriculteurs n'étaient pas compatibles avec le droit européen et devront être rendus, a déclaré un porte-parole de la Commission européenne hier (5 janvier).
La date précise à laquelle les agriculteurs devront rendre cet argent sera révélée après lorsque la Commission aura adopté une décision à ce sujet qui devra être publiée dans le journal officiel de l'UE, a déclaré le porte-parole. Il a ajouté qu'aucune autre précision n'avait été apportée pour le moment.
À la question de savoir si les autorités allaient devoir réclamer cet argent aux agriculteurs, il a répondu qu'il revenait à la Grèce de définir les modalités du remboursement.
Les exploitants agricoles avaient obtenu ces subventions suite à des manifestations qui avaient mené au blocage des autoroutes pendant plusieurs semaines début 2009, à la fermeture des frontières avec la Bulgarie et au blocage des axes routiers depuis Athènes. Ils réclamaient des allègements fiscaux et des subventions pour les aider à faire face à la crise économique mondiale.
Des aides leur avaient alors été accordées. Les médias grecs avaient soulevé la question de savoir si ces mesures enfreignaient ou non les règles de l'UE sur l'aide publique et avaient tourné en dérision l'échec de la demande d'autorisation du gouvernement grec à Bruxelles.
« Il n'y a aucun problème avec l'Union européenne », avait alors déclaré le ministre de l'agriculture de l'époque, Sotiris Hatzigakis. « J'ai tenté de joindre la commissaire. Je n'ai pas pu l'avoir au téléphone. »
Mariann Fischer Boel occupait alors le poste de commissaire à l'agriculture. M Hatzigakis a occupé le poste de ministre de l’agriculture lorsque le parti de centre-droit Nouvelle démocratie était au pouvoir. En novembre 2011, il a été chassé du parti par son dirigeant, Antonis Samaras.
Proportionnellement à son économie nationale, le secteur agricole de la Grèce est l'un des plus considérables de l'UE. Il représente en effet près de 3 % de la production.
Ce secteur a toutefois perdu en importance au cours des dix dernières années et il est principalement composé de petits exploitants dont la survie dépend des subventions de l'UE et des prix minimums garantis.
Les agriculteurs, tout comme le reste de la population grecque, ont été durement touchés par la crise qui devrait se prolonger en 2012. Toute tentative de récupérer ces subventions ne ferait qu'ajouter à leur colère en amont des élections générales prévues au premier semestre de cette année.
Retards de paiement
Dans le même temps, il s'avère que le programme de prêts d'urgence de l'Union européenne et du Fonds monétaire international devra être repoussé de trois mois en raison d'un retard dans le paiement d'une tranche en 2011.
Le versement de la prochaine tranche de 5 milliards d'euros pour la Grèce, initialement prévu pour décembre 2011, sera effectué en mars 2012, a déclaré un porte-parole de la Commission. La tranche de 10 milliards d'euros qui devait être versée au pays en mars sera également repoussée jusqu'au mois de juin.




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