Présidente en exercice de l'UE depuis seulement trois jours, la Hongrie fait déjà l'objet de violentes critiques, notamment à cause d'une loi limitant la liberté de la presse.
Revue de presse
EurActiv.com
L'UE reste muette face à la loi controversée sur les médias en HongrieEurActiv.com
Des entreprises européennes nerveuses à propos des nouvelles lois et taxes hongroisesEurActiv.com
Le savoir faire économique hongrois remis en questionNépszabadsag
Une du journal hongrois à propos de la loi sur les médiasRomandie News
Hongrie: Bruxelles a des "doutes" sur la nouvelle loi sur les médiasAgence France Presse
Les contentieux s'accumulent pour Budapest au début de sa présidence de l'UE
Documents officiels
Gouvernement hongrois
Loi sur les médias (en anglais)
Ça commence mal. Présidente du Conseil de l’UE depuis le 1er janvier, la Hongrie fait la Une de l’actualité. Mais elle le doit davantage à sa loi très controversée sur les médias qu'à son nouveau rôle au sein de l'UE.
Le parti centre-droit (Fidesz), au pouvoir, a utilisé sa forte majorité au Parlement et promulgué deux projets de loi et un amendement constitutionnel le 21 décembre. Ils accroissent l’emprise du gouvernement sur les médias, en imposant un régime strict de supervision.
Un "conseil média", élu par le parlement, a été créé. Son président est nommé pour neuf ans par le premier ministre et chef du parti Fidesz, Viktor Orban. Il aura le pouvoir d'infliger des amendes pouvant aller jusqu’à 200 millions de forints (environ 700 000 euros) aux radios et aux télévisions pour des reportages « partiaux ».
En Europe, les réactions à cette loi sont mitigées. La Commission a seulement émis « des doutes » et demandé des explications. La France a tardé à réagir. Mardi 4 janvier, sur France Inter, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a précisé que la France souhaitait « une modification » de la loi. Il estime que celle-ci constitue « une altération profonde de la liberté de la presse ».
Le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, s’est, lui, montré très critique. « C’est un danger direct pour la démocratie, a-t-il expliqué à Reuters. L’état va contrôler l’opinion. » « Jusqu’à présent, [le président de la Biélorussie, Alexander] Lukashenko était considéré comme le dernier dictateur en Europe. Lorsque la loi entrera en vigueur, ce ne sera plus le cas », a-t-il ajouté.
Le premier ministre hongrois Viktor Orban est également beaucoup décrié. Le dirigeant conservateur, aux accents populistes et nationalistes, mène son pays d'une main de fer. Depuis sa victoire aux législatives en avril 2010, il concentre le pouvoir et vérouille les postes clés, où il place ses amis.
Mesures anti compétitives
La Hongrie est également accusée par quinze grands groupes industriels allemands, autrichiens, néerlandais, français et tchèque de mesures anti-compétitives.
Dans une lettre du 15 décembre, adressée au président de la Commission, José Manuel Barroso, ces entreprises dont AXA, Eon, ING ou Deutsche Telekom accusent la Hongrie de leur imposer des taxes exceptionnelles, qui devraient rapporter au moins 1,3 milliard d'euros au gouvernement hongrois.
Elles font parties d’un ensemble de mesures censées permettre à la Hongrie de se renflouer. Car le pays fait face à une grave crise économique. Sa monnaie, le florint, est en chute libre et sa banque centrale aux prises avec le gouvernement.
Les agences de notation Fitch et Moody’s ont dégradé la note du pays. Fitch affirme que les mesures visant à réduire le déficit du budget 2011, adoptées par le Parlement le 23 décembre, pourraient mener le pays vers une détérioration budgétaire. Une situation qui pourrait entrainer un nouveau déclassement.
Programme chargé
Malgré ce contexte difficile, le ministre hongrois des affaires étrangères, János Martonyi est confiant sur la capacité de son pays de mener à bien sa présidence de l'UE. Il estime que Budapest aura pour rôle de « garder le troupeau uni, un troupeau varié qui est composé d'Etats membres avec, entre autres, des intérêts, des institutions, une opinion publique, des marchés différents ». Il a défini la présidence en 5 "C" : contribution, coordination, coopération, compromis et consensus.
Pendant ses six mois de présidence, la Hongrie donnera le coup d’envoi à une série de réformes économiques visant à stabiliser la zone euro. Le pays devra également arbitrer les négociations pour le budget européen après 2013.
L'énergie, le Partenariat oriental, l'adhésion de la Croatie à l'UE et celle de la Bulgarie et de la Roumanie à l'espace Schengen, ou encore la stratégie du Danube sont également au programme. L’intégration des Roms sera aussi un point-clé de la présidence.






Réactions
Gwen (non vérifié), le 04/01/2011
La Hongrie ne respecte ni l'article 2 du Traité de Lisbonne (valeurs de l'UE), ni l'article 11 de la Charte des Droits fondamentaux (liberté de la presse) ! Il s'agit donc d'une violation manifeste des valeurs et des droits de l'UE ! La Hongrie, si elle était aujourd'hui candidate, serait recalée à cause de la loi votée dans la nuit du 20 au 21 décembre : comment peut-elle présider le conseil de l'UE ? Cela n'a pas de sens !!!!
Le traité de Lisbonne prévoit que des sanction peuvent être prises pour des cas similaires (article 7 du TUE) : nous avons construit un espace de démocratie qui représente un exemple unique au monde qui nous est envié (cf. article de Moisés Naim dans le NYT courant décembre). De quel droit va-t-on balayer ces valeurs ?
Je suis cependant heureuse qu'après les réactions de l'Allemagne, du Luxembourg et du Royaume-Uni, François Baroin vienne corriger la manière dont Laurent Wauquiez a évoqué ce problème !
xd (non vérifié), le 04/01/2011
La Charte s’applique
a) aux actes des institutions et organes de l'Union .
b) à ceux des Etats membres lorsqu’il mettent en oeuvre le droit de l’Union.
Son article 11 n’est donc pas invocable en la circonstance.
En revanche, l’article 10 de la CEDH, lui, reste pertinent: il engage bien le gouvernement hongrois.
Reste aussi la pression politique.
Carine (non vérifié), le 04/01/2011
En France, ce sont les médias (dont 87% des journalistes sont de gauche) qui contrôlent l'opinion. L'impartialité et l'indépendance ne sont pas les 2 principales valeurs que doit avoir un journaliste ? Les journalistes francais ne procurent quasiment plus d'information, ils donnent leur opinion en les faisant passer pour des faits.
"Des amendes pouvant aller jusqu’à 200 millions de forints (environ 700 000 euros) aux radios et aux télévisions pour des reportages « partiaux »." > Ca ferait pas de mal aux journaleux francais.
Gwen (non vérifié), le 04/01/2011
La liberté d'expression est fondamentale ! Rien n'interdit ni les journaux de droite, ni les journalistes de droite !
Il me semble que de grands quotidiens comme Le Figaro, Ouest-France sont plutôt à droite, que l'on ne peut accuser La Croix d'être un journal résolument à gauche... que Le Monde est un journal modéré présentant une information de qualité, que lorsqu'on lit l'Express, Le Point et le Nouvel Obs, on a des commentaires variés, des points de vue complémentaires et des informations relativement sûres qui nous permettent de ne pas subir de propagande, qu'elle soit de droite ou de gauche ! A chacun d'exercer son regard critique !
Là où les médias sont sous contrôle, la démocratie est en danger... ou n'existe plus ! On ne peut pas soutenir des lois liberticides !
JEAN CLAUDE (BELGIUM) (non vérifié), le 05/01/2011
le dernier vote des parlementaires hongrois, fin décembre 2010, est bien le signe d'un régime populiste et d'un pouvoir autoritaire , ce qui contraire aux valeurs européennes d'ouverture dans tous les domaines ! Des rappels à l'ordre au niveau européen doit être initié ,avec diplomatie sans doute mais néanmoins avec fermeté ! D'autant plus que les pays voisins de ROUMANIE et BULGARIE attendent beaucoup d'être instruit "d'une bonne gestion européenne" C'est plutôt mal parti !!
Espérons que la Hongrie se ressaisira ,c'est indispensable pour leur crédibilité sur leur vocation européenne .De plus,en matière fiscale,leur "taxation spéciale" de groupes industriels ou financiers européens constitue "un rapt financier " dissimulé en loi taxable pour renflouer leur déficit économique, ce n'est pas non plus admissible et c'est encore un mauvais signal !
Arminius (non vérifié), le 06/01/2011
Il me semble que dans aucune des mesures il n'est explicitement question de firmes étrangères.
Les lois sont donc les mêmes pour tout le monde, que les firmes et entreprises soient Hongroises ou non.
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