Le premier ministre hongrois a sollicité une « aide préventive ». Selon lui, la Hongrie cherche « une sorte de police d’assurance » pour se protéger contre d’éventuelles difficultés financières à venir.
Revue de presse
EurActiv.com
Hungary asks EU, IMF for safety-net funding
« Aucun chiffre n'est mentionné », a déclaré Amadeu Altafaj, le porte-parole d'Olli Rehn, commissaire européen aux affaires économiques et monétaires.
« C'est une demande d'assistance potentielle et elle n'est pas encore quantifiée à ce stade », a-t-il affirmé à la presse bruxelloise lundi 21 novembre.
Selon l'agence de presse Dow Jones citant des sources du secteur bancaire, la Hongrie demanderait sans doute une ligne de crédit allant de 6 milliards à 12 milliards d'euros sur les 12 prochains mois. Mais le journal hongrois Népszabadság, par la voix d'un dirigeant hongrois, évoque une somme qui ne dépasserait pas les 4 milliards d'euros.
Ferme sur sa souveraineté
La décision de la Hongrie d'avoir recours au FMI peut paraître surprenante. Lorsque la crise financière a éclaté en 2008, le pays a été le premier à demander un plan de sauvetage négocié avec l'UE et le FMI.
Les relations entre la Hongrie et le FMI se sont toutefois détériorées en 2010, lorsque Budapest a rejeté les demandes du Fonds pour la mise en place de mesures strictes en vue du respect de ses objectifs de déficit budgétaire.
Si le président du pays, Viktor Orban, veut aujourd'hui une sorte de "police d'assurance" en prévision d'éventuelles difficultés financières, pas question pour lui de transiger sur la souveraineté économique de son pays.
Interrogé sur les conditions éventuelles que pourrait lui imposer le FMI, il a répondu : « Nous verrons bien ». Lorsqu'il a pris ses fonctions en 2010, la Hongrie était en plus mauvaise posture que la Grèce et, selon lui, le FMI indiquait au gouvernement « ce qu'il devait faire ».
L'alternative de la Chine ou de l'Arabie saoudite ?
Il a également laissé entendre que la Hongrie pourrait se tourner vers la Chine ou l'Arabie saoudite. « Si nous avons besoin d'argent, nous émettrons des obligations. Le seul problème, c'est que nous devrons payer des taux d'intérêt plus élevés. Nous pouvons aboutir à un accord fondé sur l'indépendance nationale et l'intérêt de l'économie du pays si nous envisageons également d'avoir recours à la Chine ou à l'Arabie saoudite », aurait déclaré M. Orbán.
Le ministre de l'Economie, György Matolcsy, a affirmé qu'un nouvel accord avec l'UE et le FMI était nécessaire, car l'équilibre financier de la Hongrie avait été rétabli et que le pays devait à présent se remettre sur le chemin de la croissance.
« La question est de savoir si nous sommes capables de croître [économiquement] », a-t-il argué, cité par l'agence de presse hongroise MTI.
Dans les clous de Maastricht
M. Matolcsy a été catégorique sur le fait que son pays n'avait plus besoin de l'aide du FMI pour financer sa dette publique. Il a même affirmé que la Hongrie avait des chances de maintenir son déficit budgétaire en dessous de la barre des 3 % du PIB, l'un des critères de Maastricht pour assurer la stabilité de l'euro.
La Hongrie est néanmoins bien loin de respecter les critères de Maastricht sur le niveau de la dette, cette dernière représentant 82 % du PIB du pays et étant la plus élevée parmi les nouveaux venus dans l'Union en provenance d'Europe de l'Est. Le ratio dette publique/PIB ne doit en effet pas dépasser les 60%.
La Hongrie est également vulnérable face aux taux de change et à l'inflation. Le forint hongrois a plongé au cours de ces derniers jours et les faibles améliorations enregistrées sur la balance des paiements résultent surtout du démantèlement controversé du système des retraites du pays.
En décembre dernier, les députés hongrois ont voté en faveur d’un remaniement de la réforme des retraites de 1997, permettant ainsi au gouvernement de saisir jusqu'à 10 milliards d'euros d'avoirs de retraite privés pour réduire le déficit budgétaire.






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