Sujet de société sensible, les OGM cristallisent les divisions et tensions au sein de l'UE depuis plusieurs années. L’issue des négociations reste floue, malgré les dernières tentatives du Danemark, qui préside l'UE, de présenter de nouveaux compromis.

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Revue de presse
Positions
Documents officiels
Conseil d'Etat
Arrêtés sur les OGMCommission européenne
Proposition de règlement modifiant la directive 2001/18/CE en ce qui concerne la possibilité pour les États membres de restreindre ou d'interdire la culture d'OGM sur leur territoireConseil de l'Union européenne
Présidence danoise de l'UE. Agriculture
Le dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM) empoisonne les relations entre la Commission et les Etats depuis plus d'une dizaine d'années. Si la première s'est toujours montrée résolument favorable à leur culture, les gouvernements nationaux rechignent à cette idée, pressés par des opinions publiques majoritairement opposées aux OGM.
Procédure obscure
Actuellement, les autorisations de cultures dépendent de la procédure de comitologie, qui donne une grande liberté d’action à la Commission européenne. Après avis de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), Bruxelles est obligée de requérir l'approbation des Etats, mais en cas de refus, elle peut quand-même faire passer le texte en force.
Ainsi, bien que l’exécutif européen n’ait jamais réussi à obtenir de majorité qualifiée dans le domaine des OGM, il a pu imposer la culture du maïs Monsanto 810, du T25 (jamais mis en culture) et de la pomme de terre de BASF, sans oublier ceux qui sont autorisés à l’importation. Une vingtaine d'autres dossiers seraient aussi dans les tuyaux de la Commission.
Fragilité juridique
En réaction, les Etats ont pris l’habitude de mettre en place des moratoires nationaux, car des interrogations subsistent sur l'impact de ces semences sur la santé et les problèmes posés par leur dissémination. La France l’a décidé en 2007 lors du Grenelle de l’environnement.
La solidité juridique de ces interdictions nationales reste cependant très fragile. En novembre 2011, le Conseil d’Etat suivant les recommandations de la Cour de justice de l’Union européenne a ainsi invalidé la décision du gouvernement français.
Les juges ont estimé que le ministère de l'Agriculture n'avait pas pu "apporter la preuve de l'existence d'un niveau de risque particulièrement élevé pour la santé ou l'environnement". Dès l'annonce, Paris a contre-attaqué et déclaré qu'un nouveau moratoire serait publié avant l'époque des semis.
Sans renationaliser
Fatigué de cette guérilla institutionnelle, la Commission a choisi d'y mettre un terme en réformant les procédures existantes. En juillet 2010, elle a ainsi proposé une nouvelle méthode de compromis dans laquelle elle conserverait le droit d'autoriser les OGM tout en laissant le choix aux Etats de les interdire.
Le Parlement européen a soutenu ce principe dans les grandes lignes, tout en exigeant que sa base juridique soit renforcée. Le texte, actuellement en discussion au sein du Conseil des ministres de l’UE, permettrait aux gouvernements d'imposer des moratoires sur la base de critères environnementaux ou sociaux-économiques, de méthodes agricoles ou d’absence de données scientifiques.
Les parlementaires ont aussi demandé un renforcement des contrôles et de l'expertise scientifique, de forts soupçons ayant été émis sur l’indépendance réelle de l’EFSA.
Double jeu ?
Mais ces propositions ne recueillent pas l’approbation de tous les Etats. Pour différentes raisons, la France, l’Allemagne, l’Espagne, la Belgique et le Royaume-Uni continuent de former une solide minorité de blocage.
L’Allemagne voit dans cette méthode une "rupture du marché intérieur", puisque chacun pourra adapter les décisions communautaires et choisir de cultiver ou non des OGM.
Le Royaume-Uni craint, pour sa part, que la possibilité pour les autres pays de revenir sur les autorisations au nom de critères « environnementaux » ne remette en cause la légitimité des OGM.
De son côté, la France réclame avant tout un renforcement des procédures scientifiques, qu’elle juge insuffisantes, en amont de la mise en culture.
Enfin, certaines sources évoquent aussi un double jeu de quelques Etats qui s’accommoderaient très bien de la situation actuelle dans laquelle la Commission prend la responsabilité des autorisations des cultures et leur permet ainsi de se dédouaner.
D’ici mars ?
Reste que le Danemark, qui préside actuellement l'UE, a décidé de remonter au créneau. Copenhague a proposé un nouveau texte selon lequel, si un Etat veut obtenir par dérogation le droit d'interdire la culture d'un OGM, il doit tenter de trouver un accord avec l'entreprise qui demande l'autorisation de le cultiver pour qu'elle renonce à le faire sur son territoire.
Ce compromis est censé rassurer les pro- et anti-OGM. Un peu à l'image du Royaume-Uni qui dès la création de l'euro a négocié un "opt-out" en amont pour être certain de n'être jamais contraint de rejoindre la monnaie unique. Les industriels de l'agro-alimentaire y trouveraient aussi leur compte, las de patienter et de voir partir en fumée les sommes qu'ils investissent dans la recherche. Dernièrement, l'allemand BASF a annoncé qu'il se retirait du marché européen.
Mais ce principe est dénoncé par les associations de protection de l’environnement, pour qui le poids donné aux lobbys privés est trop important.
Les Danois aimeraient faire avancer le dossier pendant leur présidence de l'UE. Une réunion informelle est programmée le 10 février et les ministres doivent en discuter lors du Conseil environnement du 9 mars prochain. Mais la bonne volonté pourrait ne pas suffire.





Réactions
JEAN CLAUDE (BELGIUM) (non vérifié), le 08/02/2012
Cessons de jouer les apprentis-sorciers ! un certain nombre d'OGM sont dangereux car leur suivi scientifique n'est pas démontré ) long terme sur leur inocuité et leur avantage cultural si ce n'est faire plaisir à des industriels ! le principe de prudence doit être absolu ! Les compagnies d'assurances d'ailleurs ne veulent pas assurer le risque OGM !! preuve qu'il en est que le risque ne peut être analysé correctement et que sle conclusions scientifiques sont douteuses ou non- démontrées !!
Wackes Seppi (non vérifié), le 09/02/2012
Article lamentable, fondé sur la désinformation anti-OGM.
La procédure instituée par les États membres exige une majorité qualifiée, pour ou contre, pour que la décision soit la leur. En l'absence d'une telle majorité, la décision revient à la Commission. Et, devinez... les États membres ne parviennent jamais à décider.
La Commission est tenue de suivre les avis de l'EFSA, sauf à motiver une décision contraire, ce pour quoi elle n'a pas les compétences techniques.
Écrire que la Commission «s'est toujours montrée résolument favorable à leur culture», etc. est une crétinerie sans nom. Douze années – douze – séparent l'autorisation du MON 810, en 1998, et celle d'Amflora, en 2010. La Commission était divisée et a fait de la procrastination; le souci principal du président Barroso ayant été et restant de ne mécontenter personne ou le moins de monde possible.
Wackes Seppi (non vérifié), le 09/02/2012
Article lamentable, fondé sur la désinformation anti-OGM.
La procédure instituée par les États membres exige une majorité qualifiée, pour ou contre, pour que la décision soit la leur. En l'absence d'une telle majorité, la décision revient à la Commission. Et, devinez... les États membres ne parviennent jamais à décider.
La Commission est tenue de suivre les avis de l'EFSA, sauf à motiver une décision contraire, ce pour quoi elle n'a pas les compétences techniques.
Écrire que la Commission «s'est toujours montrée résolument favorable à leur culture», etc. est une crétinerie sans nom. Douze années – douze – séparent l'autorisation du MON 810, en 1998, et celle d'Amflora, en 2010. La Commission était divisée et a fait de la procrastination; le souci principal du président Barroso ayant été et restant de ne mécontenter personne ou le moins de monde possible.
Wackes Seppi (non vérifié), le 09/02/2012
Suite
Amflora pour laquelle l'auteur nous propose un lien vers une interview d'un apparatchik de... Greenpeace. Bravo pour le professionnalisme et l'objectivité. Idem pour le lien vers le blog de José Bové.
On nous dit que la Commission est à l'origine de la proposition tendant à autoriser les États membres à interdire des OGM. C'est faux: elle émane des Pays-Bas (favorables aux OGM) et de l'Autriche (opposée). Une simple recherche sur Euractiv – qui resterait excellent s'il n'hébergeait pas des articles comme celui que j'éreinte présentement – aurait permis d'établir ce fait.
Audrey (non vérifié), le 07/03/2012
Vous travaillez pour Monsanto, ma parole ! Quel acharnement et quelle mauvaise foi !
Wackes Seppi (non vérifié), le 08/03/2012
C'est tout ce que vous avez à répondre ?
Où est la mauvaise foi ? Où sont les erreurs de fait, sinon les mensonges, puisque je suis sensé être de mauvaise foi ?
L'acharnement ? J'admets fort volontiers que je ne me suis pas gêné sur un article dont je maintiens qu'il est archi-nul et qu'il constitue une offense à la déontologie journalistique.
La désinformation, ça suffit ! Et les attaques gratuites et infondées contre la Commission aussi.
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