Selon des fonctionnaires de la Commission européenne et des experts du nucléaire, l'industrie aurait commencé à se remettre du choc suscité par la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

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Le retour de l'énergie nucléaire et des carburants fossiles, et les temps difficiles que vivent l'énergie solaire et les technologies telles que le captage et stockage du carbone (CSC) étaient les thèmes centraux d'une conférence organisée par l'Institut français des relations internationales (Ifri) à Bruxelles jeudi 16 février. Cette rencontre regroupait des représentants de l'industrie mais aucune ONG ne figurait dans le panel.
Selon le directeur de la direction générale de l'énergie de la Commission européenne Philip Lowe, l'accident nucléaire de Fukushima a provoqué des décisions importantes dans seulement un pays de l'UE : l'Allemagne.
En mai 2011, le gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel a décidé l'arrêt définitif de toutes les centrales nucléaires d'ici 2022. Mais, presque simultanément, dix Etats de l'Union européenne ont confirmé leur volonté de développer l'énergie nucléaire, a déclaré M. Lowe, convaincu d'un bel avenir pour cette technologie.
L'acceptabilité est déterminante
Le fonctionnaire européen a souligné l'importance de l'acceptation publique du nucléaire et d'autres sources énergétiques. Prenant le Royaume-Uni comme exemple, il a déclaré qu'une majorité écrasante des membres de la Chambre des communes avaient voté en faveur de l'énergie nucléaire. 600 députés l'ont soutenu, et seulement 80 s'y sont opposés.
Au contraire, dans d'autres pays comme l'Autriche, les responsables politiques ne peuvent même pas mentionner le mot énergie nucléaire, bien que le pays en consomme de temps en temps, a expliqué M. Lowe.
Le haut responsable de la Commission a rappelé que les Etats européens étaient libres de choisir leurs sources d'approvisionnement en énergie. Ce qui fait la différence est le débat au niveau national, régional, et local sur l'acceptabilité de chaque ressource, estime Lowe.
Au Royaume-Uni, la population est actuellement fermement opposée aux fermes éoliennes sur terre, a souligné M. Lowe.
Revenant au cas allemand, il a ajouté que la décision d'arrêter le fonctionnement de huit centrales après Fukushima avait transformé le pays en importateur net d'électricité.
Interconnexion
Les problèmes d'approvisionnement liés à la fermeture des centrales auraient du être comblés grâce à l'énergie éolienne. Mais, le manque d'interconnexion électrique au sein du pays n'est pas sans conséquences. L'électricité produite par ces fermes éoliennes ne peut être dirigée directement vers le consommateur. Elle doit d'abord passer par la Pologne, la République tchèque, et l'Autriche.
M. Lowe a ajouté que la nécessité de maintenir la stabilité du système électrique allemand avait obligé le pays à remettre en marche des centrales de production au gazole et au fuel.
Paul Rorive, membre du comité exécutif, en charge des activités nucléaires chez GDF Suez, a ajouté que l'industrie nucléaire commençait à émerger après le choc créé par la catastrophe de Fukushima.
Il a par ailleurs souligné la rentabilité de l'industrie nucléaire, illustrée par l'énorme marché qui s'est développé au plan mondial.
"Nous n'avons pas été les champions de la communication. Nous devons tourner cette page", a-t-il enfin reconnu.
Effet des radiations
Les propos de l'expert en santé, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers (CNAM), Jean de Kervasdoué ont également été remarqués.
Dans un plaidoyer pro-nucléaire il a dénoncé les mauvaises perceptions des dangers liés aux radiations. Il est revenu sur une recherche effectuée dans les années 1990 sur le site de Mayak en Russie, où s'est produite l'une des pires catastrophes de l'histoire.
En 1957, l'explosion de 50 à 100 tonnes de déchets hautement radioactifs avait contaminé une large partie du territoire à l'Est de l'Oural. Pourtant, le régime soviétique avait décidé de ne pas évacuer la population après l'accident.
Mais, à la grande surprise du chercheur, l'explosion avait eu un impact sur la population qui n'était pas supérieur à celui constaté dans la moyenne des villes contaminées par un l'industrie.




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