Bruxelles accusée de naïveté industrielle

  

Un rapport parlementaire de l'Assemblée nationale, présenté le 16 juillet, fustige l'aveuglement de l'UE dans le secteur de la sidérurgie sur le marché mondial.

Seule l’UE croit encore au mythe de la concurrence sur le marché mondial de la sidérurgie, et c’est ce qui provoque sa perte.

Voici en substance ce qui peut être retenu du rapport de Alain Bocquet, député communiste du Nord, sur la situation actuelle de sidérurgique et de la métallurgie française et européenne.

Errance des marchés 

La commission parlementaire estime nécessaire de relever des droits de douane pour faire face à la concurrence déloyale sur le marché. En effet, si les produits européens sont plus chers que leurs concurrents mondiaux, c’est avant tout parce que la production chinoise ou russe reste largement subventionnée publiquement.

La politique commerciale européenne doit pouvoir, selon le rapport, augmenter les barrières douanières en situations avérées de dumping. La procédure de l’Organisation mondiale du Commerce est jugée trop longue et incertaine.

Liquider l’industrie lourde européenne pour Jean Grellier « hypothèquerait gravement notre indépendance et ne manquerait pas de subordonner plus encore la stratégie industrielle de nombreuses entreprises à l’errance des marchés ».

Divisions au sein de la Commission 

Le député souhaite assurer un minimum de production en France et empêcher coûte que coûte le départ des dernières installations de la métallurgie française. Il préconise aussi d'investir dans les économies d’énergies et le recyclage des matières premières.

Réintroduire une certaine dose de protectionnisme dans cette industrie stratégie pourrait aller de paire avec les premières orientations de la Commission européenne publiées le 11 juin pour redorer le blason de la sidérurgie.

Si le commissaire européen à l’industrie, Antonio Tajani selon le rapport milite pour cette idée, le commissaire au commerce, Karel de Gucht y reste farouchement opposé.

 

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