Quel rôle peut jouer l’«éco-innovation» dans la résolution de la crise?

Il y a eu beaucoup de débats sur la contribution réelle que peuvent apporter les nouvelles technologies pour résoudre la crise, y compris des études qui tendent à dénigrer cette position. Mais la Commission européenne a publié récemment une étude sur le potentiel de création d’emplois par le biais des énergies renouvelables. Le secteur générerait 410.000 nouveaux emplois.

Autre exemple: le plan de réponse au changement climatique du gouvernement mexicain. Ce plan table sur une croissance annuelle de 3 à 5% d’ici à 2050 et qui vise une réduction des émissions de CO2 dans le pays à hauteur de 50% d’ici à 2050.

La difficulté, c’est que les secteurs qui consomment beaucoup d’énergie en période de crise sont vulnérables. On le voit actuellement en Allemagne avec le débat sur des subventions dans des secteurs à forte consommation d’énergie, pour les dédommager des coûts induits par le système ETS.

Comment faire concrètement pour «verdir» l’économie? 

Dans un contexte de crise, on peut faire beaucoup du côté des économies d’énergie. Je pense par exemple à des programmes qui pourraient être mis en place très rapidement dans le secteur du bâtiment. Une telle opération serait très génératrice d’emplois et pourrait être conclue, par exemple, grâce à des prêts à taux avantageux.

Au lendemain des élections européennes, vous sentez que cette question va repartir au sein du nouveau Parlement?

C’est difficile à dire. C’est une question qui a été présente dans la campagne. On a perdu un certain nombre de députés dans les différents groupes, qui étaient des défenseurs de la lutte contre le changement climatiques. Je pense notamment à Anders Wijkman, Avril Doyle, Dorette Corbey, Guido Sacconi,… On a de nouveaux députés qui, potentiellement, pourront les remplacer. Mais il est encore trop tôt pour faire des pronostics.