Les recommandations sont présentées dans un projet de communication sur le financement du plan stratégique européen pour les technologies énergétiques (plan SET) (lire encadré).

Bruxelles s’inquiète que l’Europe investisse quatre fois moins dans le secteur de l’énergie et de la recherche, par rapport aux années 80. A l’époque, l’UE faisait face à la crise pétrolière. Bruxelles espère que ses propositions de financement du plan SET, attendues de longue date, vont contribuer à accélérer le développement du marché des technologies vertes. Aujourd’hui, même si ce marché existe, il est encore trop cher pour concurrencer les énergies fossiles.

La Commission affirme qu’il faudra investir des millions d’euros dans la recherche de base pendant les dix ans à venir, afin de se mettre au niveau des Etats-Unis. Au cours des cinq prochaines années, Washington a prévu de dépenser environ 555 millions d’euros dans la recherche sur l’énergie.

Nouveaux moteurs d’éoliennes

«Sans un effort similaire, l’Europe risque de se laisser distancer au fur et à mesure que seront faites des découvertes dépassant les technologies actuelles», affirme la communication.

L’un des projet-phares de la Commission est de sélectionner 25 à 30 villes européennes pour expérimenter les technologies vertes d’ici à 2020. 

«Ces «villes intelligentes» seront le noyau à partir duquel les «réseaux intelligents», une nouvelle génération d’immeubles et de moyens de transports alternatifs, seront développés en Europe», souligne le document. 

Ces villes devraient devenir les championnes de l’efficacité énergétique et de l’énergie renouvelable, où les voitures électriques seront alimentées avec de l’électricité provenant d’énergie renouvelable produite dans les bâtiments. La Commission espère commencer cette opération dans des «zones faiblement émettrices de CO2», avant de les élargir à des villes entières puis à des régions.

Par ailleurs, la proposition prévoit le développement d’autres technologies faiblement émettrice de carbone, et ce à grande échelle. 

L’Union européenne devrait construire cinq à dix dispositifs pour expérimenter des nouveaux composants d’éoliennes. Elle devrait aussi travailler à la mise au point de moteurs d’éoliennes de nouvelle génération, affirme le document. Cela contribuerait à la production d’énergie «offshore». L’objectif est d’arriver à produire un cinquième des besoins énergétiques de l’UE par ce biais d’ici à 2020.

Pour profiter des ressources de l’énergie solaire, la Commission prévoit d’installer cinq installations pilotes photovoltaïque et, pour la première fois, dix installations mettant en œuvre le principe du «solaire à concentration», permettant d’atteindre des températures élevées en minimisant les coûts.

De plus, le plan prévoit des démonstrations à grande échelle de dispositifs de capture et de stockage du carbone (CSC), l’ouverture de 30 usine de biomasse et le déploiement de réacteurs nucléaires de nouvelles génération en Europe.

La publication de ce plan de financement a été reporté à plusieurs reprises, mais il devrait être dévoilé autour du sommet sur le plan SET organisé par la présidence suédoise de l’UE, les 21 et 22 octobre à Stockholm, a-t-on appris auprès d’experts.

Sources de financement

La DG Transport et énergie de la Commission européenne n’a toujours pas arrêté les chiffres exacts, mais le projet de document estime que les frais engagés pourraient tourner autour de 50 milliards d’euros dans les dix prochaines années. Cela revient quasiment à doubler les investissements de l’UE en la matière. 

La Commission prévoit de répartir les coûts entre secteurs public et privé. L’action de l’UE pourrait être particulièrement pertinente dans les programmes à long-terme, dans lesquels les risques et les coûts sont élevés.

Le projet de document présente un ensemble d’instruments financiers européens qui pourraient être utilisés. Les Etats membres pourraient également se servir des revenus générés par le système de mise aux enchères des quotas de CO2, en les réinvestissant dans le développement de technologies propres, affirme la Commission.

Par ailleurs, la Commission propose d’exploiter les fonds inutilisés des programmes alloués aux projets relatifs à l’énergie pour financer les coûts initiaux des initiatives des «villes intelligentes» entre 2011 et 2013, et soutenir d’autres technologies vertes.

PROCHAINES ÉTAPES: 

  • 21-22 Octobre: Sommet de Stockholm sur le plan SET.
  • Fin octobre: Publication probable de la proposition sur le financement du plan SET.