La future politique industrielle se focalisera sur la compétitivité

  

Avec une production industrielle toujours en-dessous du pic de 12 % d'il y a deux ans, la Commission européenne a exposé les grandes lignes de plans jeudi (28 octobre) visant à relancer les usines, les fabriques de textile et les autres entreprises industrielles.

La compétitivité internationale de l’Europe faiblit, a dit la Commission dans un document d’orientation soulignant ses intentions futures pour la politique industrielle.

En dépit de signes naissants d’un rétablissement dans la plupart des secteurs et nations, le nombre d’emplois dans l’industrie manufacturière a chuté de plus de 4% dans le second trimestre comparé à il y a un an.

« L’Europe doit se donner un nouveau modèle de croissance qui soit fondé sur le secteur industriel », a dit Antonio Tajani, commissaire en charge de l’industrie et de l’entrepreneuriat, qui a présenté son initiative hier.

Le secteur automobile ne devrait pas retourner aux niveaux qui ont précédé la crise avant 2014, et les fournisseurs de pièces automobiles se préparent à une douloureuse vague de consolidation. Il n’y a pas de signes de rétablissement dans le secteur de la construction, en particulier en Espagne, en Roumanie et aux Pays-Bas. Et les prêteurs avares asphyxient les petites entreprises pharmaceutiques et biotechnologiques, selon les données d’Eurostat.

Il y a quelques éclaircies, notamment parmi les aciéristes et les constructeurs navals. L’industrie textile augmente aussi doucement la cadence. Ceci est largement dû aux commandes venant d’outre-mer.

Cependant, dans l’ensemble, le rétablissement industriel a été ralenti ces derniers mois.

« Ce que nous essayons de faire ici, c'est de fournir une réponse tangible », a dit M. Tajani. « Un nouveau coup de fouet à notre politique industrielle. »

S’éloigner de l’objectif R&D

Les plans semblent être une inversion de la stratégie de la Commission de la fin des années 1990, qui était centrée sur la recherche et développement et le marketing.

La proposition de jeudi est l’une des sept initiatives phares de la stratégie 2020 de l’Union pour la croissance et l’emploi. Appelée « Une politique industrielle à l’ère de la mondialisation », la communication souligne les plans de la Commission visant à améliorer l’environnement des entreprises, spécialement pour les petites et moyennes entreprises (PME).

Les grandes lignes de la proposition incluent :

·         Prise en compte de la compétitivité des nouvelles législations. L’impact sur la compétitivité de toutes les propositions politiques sera convenablement analysé et pris en compte.

·         Les contrôles d’aptitudes des législations existantes vont se focaliser sur la réduction des effets cumulatifs des législations afin de réduire les coûts pour les entreprises en Europe.

·         Un rapport annuel sur la compétitivité des Etats membres, les politiques industrielles et les performances.

·         Une nouvelle stratégie sur les matières premières sera présentée avant la fin de l’année.

·         Au début de l’année prochaine, il y aura une proposition pour la promotion des standards communs européens.

·         Avant que les futurs accords commerciaux soient signés, ils seront analysés afin d’évaluer leur impact sur la compétitivité.

Une réponse mitigée

M. Tajani a dit que sa proposition ne remplacerait pas les politiques industrielles des Etats membres, mais fournirait plutôt une meilleure coordination.

« L’Europe doit se montrer unifiée si elle veut concurrencer », a-t-il dit.

Cependant, l’eurodéputé allemand Bernd Lange (Socialistes et Démocrates), auteur d’un rapport du Parlement européen sur la question, a dit que la proposition n’adressait pas les questions essentielles, dont les conséquences des politiques sur le commerce, l’environnement et la politique structurelle sur l’industrie en Europe.

Néanmoins, les groupes commerciaux semblent largement en faveur.

« Cette initiative doit maintenant avoir un suivi concret », a dit Philippe de Buck, directeur général de BusinessEurope, une association professionnelle représentant de grandes entreprises.

M. Tajani a dit que la prise en compte de la compétitivité commencerait presque immédiatement, et qu’il se rendrait dans les capitales nationales afin de promouvoir la législation proposée.

Réactions: 

L’Alliance for a Competitive European Industry(ACEI – l’alliance pour une industrie européenne compétitive) voit dans le document une reconnaissance du rôle important que les industries manufacturières jouent dans l’économie européenne.

Philippe de Buck, directeur général de BusinessEurope, l’organisation des employeurs européens, a favorablement accueilli l’attention renouvelée accordée à la politique industrielle et a dit aux décisionnaires européens que ceci devait désormais être visible de manière concrète dans toutes les initiatives politiques européennes à venir.

« C’est une feuille de route utile pour des actions plus spécifiques», a déclaré Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d’EuroChambres, l’association européenne des chambres de commerce. « Les services et l’industrie sont bien sûr fortement interconnectés, donc nous accueillons favorablement le fait que l’industrie ne soit plus considérée de manière isolée, mais comme un élément central de la chaîne des valeurs. »

Andrea Benassi, secrétaire général de l’association des PME, UEAPME, a dit que « la Commission s’est abstenue de proposer n’importe quelle sorte de mesures protectionnistes dans le texte, ce qui est un autre point que nous apprécions particulièrement ».

L’Association européenne des Métaux (Eurometaux)a exhorté la Commission européenne à adopter une vue horizontale de la politique industrielle et à « prendre en compte les défis et opportunités des politiques européennes pour les divers secteurs et régions par une analyse d’impact plus micro-économique ».

Prochaines étapes: 

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