Réunis à Bruxelles les 25 et 26 mars, les chefs d'Etat et de gouvernement des 27 ont consacré la majeure partie de leur rencontre à la crise grecque, repoussant au mois de juin une grande partie des décisions sur la stratégie UE 2020.

José Luis Zapatero, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, le 26 mars à Bruxelles. © Consilium
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Censées occuper la majeure partie du sommet européen, les discussions sur la stratégie UE 2020 auront été réduite à la portion congrue, la crise grecque ayant focalisé l'attention. Les dirigeants européens ont consacré le deuxième jour de leur réunion à ce projet, qui consiste à fixer des objectifs à long terme aux 27 Etats membres.
La France et l’Espagne, qui avaient demandé conjointement l’inclusion de l’agriculture dans les objectifs de la stratégie UE 2020, remportent une demi-victoire. «Toutes les politiques communes, y compris la politique agricole commune et la politique de cohésion, devront appuyer la stratégie», précise le texte. Avant de souligner qu’un «secteur agricole viable, productif et compétitif apportera une contribution importante à la nouvelle stratégie».
«Je ne pouvais pas concevoir que l’on ait un agenda ignorant l’agriculture», a expliqué Nicolas Sarkozy. Au cours du débat entre les dirigeants européens, la Grande Bretagne a fait part de son opposition à l’ajout de ce domaine à UE 2020, selon des sources diplomatiques françaises. Mais cela n'a pas suffit à enlever ce point des conclusions. La proposition franco-espagnole soutenue notamment par l’Irlande, la Pologne, la Grèce et la Roumanie, figure finalement dans les conclusions du sommet.
Réticences allemandes
En revanche, le paragraphe déplorant qu’une attention suffisante n’a pas été accordée «aux divergences en matière de compétitivité au sein des économies de l’UE et à l’extérieur» ont disparu des conclusions définitives, alors qu'il y figurait dans une version précédente du texte, que s'est procuré EurActiv.fr. «La nécessité d’une action politique se fait sentir de manière particulièrement pressante dans les Etats membres présentant de manière persistante d’importants déficits de la balance courante et de fortes pertes de compétitivité», pouvait-on également y lire.
L’Allemagne, très réticente à fixer des objectifs chiffrés en matière d’enseignement et de réduction de la pauvreté voit ses craintes éloignées… jusqu’en juin. C’est en effet lors du prochain sommet, après l'élection dans le plus grand land d'Allemagne, la Rhénanie Nord-Westphalie, que les dirigeants européens ont prévu de fixer la valeur chiffrée des objectifs dans le domaine de l’éducation. Pour la pauvreté, le texte est encore plus vague. Les conclusions mentionnent tout juste que le Conseil reviendra sur la question en juin. Mais il reste encore à trouver les «indicateurs appropriés», c’est-à-dire ceux qui conviendront à tous.
Paris et Berlin devraient faire une proposition dans ce domaine «dans les semaines qui viennent», selon l’Elysée. Une autre proposition commune devrait être faite prochainement sur le volet répressif du pacte de stabilité. Nicolas Sarkozy a jugé que le fait d’imposer des sanctions financières à des Etats en grande difficulté n’était pas une solution «adaptée». En théorie, une telle modification du pacte de stabilité pourrait engager une modification du traité.
Les 27 sont également revenus sur les suites de la réunion de Copenhague. Mais là encore, le texte adopte une approche «étape par étape» et ne contient aucune date précise, notamment concernant la mise en œuvre du document final de Copenhague.
En outre, les conclusions précisent que l’UE présentera un «état des lieux préliminaire» de ses engagements lors de la réunion de Bonn, en mai et juin 2010. L’Union s’est notamment engagée à fournir 2,4 milliards d’euros par an au cours de la période 2010-2012 pour la mise en œuvre rapide du processus. Mais trois mois après le début de l’année, pas un euro n’a été versé par l’Union européenne. Une situation dont s’est récemment agacé le secrétaire exécutif de la Convention de l’Onu sur les changements climatiques, Yvo de Boer.
Sarkozy évoque un projet européen sur la taxe carbone
Quelques jours après l’annonce du report sine die de la taxe carbone par la France, le président Nicolas Sarkozy a indiqué que la Commission européenne présenterait au mois de juin une proposition de mécanisme d'ajustement aux frontières, censé éviter que les objectifs environnementaux de l'UE ne pénalisent la compétitivité des entreprises européennes. «Aucun pays ne s’est opposé à cette initiative», a précisé le chef de l’Etat, qui s’est dit convaincu qu’une «immense majorité de pays» se prononcera pour «la fin de la naïveté de l’Europe».
Porté par le président français depuis son élection, cette proposition est pourtant loin de faire l'unanimité en Europe. La Grande Bretagne étant par exemple opposée à toute forme de protectionnisme. Par ce biais, l'UE compte essayer de faire pression sur des pays comme la Chine, où les Etats-Unis, dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Ce serait une manière de les obliger à s'engager à réduire leurs émissions de CO2.
La proposition pourrait coincider avec la publication du rapport de Bruxelles sur le système européen du marché du carbone. Le texte évaluera la situation au regard des négociations internationales.





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